Les voyages de Danae au Sahara, en Asie et ailleurs

Bienvenue sur mon blog

Sur une île de pêcheurs aux Maldives

Classé dans : MALDIVES AVENTURES — 16 janvier, 2008 @ 9:39

Arrivée à Hurra

Un archipel de deux mille îles,  c’est bien difficile de décider sur laquelle aller, surtout quand on n’a en poche que 30 dollars pour passer onze jours ! 

Je commence donc par découvrir Malé, ses ruelles rectilignes, recouvertes de sable blanc balayé chaque jour, ce sable qui étouffe le bruit des pas et donne à l’atmosphère une allure feutrée. Les rues sont bordées de murs et maisons d’un blanc éblouissant sous le soleil qui fait éclater le bleu du ciel, le vert des arbres et les jardins fleuris. Mosquée du Vendredi, Palais du Président. Boutiques exposant une multitude de tissus aux coloris chatoyants, tee-shirts aux poissons multicolores, coquillages, carapaces de tortues. Tout est propre et coquet. Marché aux poissons, port de pêche où la population vit sur les bateaux.

En 2006 la capitale aura perdu de son charme, les rues seront goudronnées et les maisons en corail blanc auront disparu mais bonne nouvelle, on ne vend plus de carapaces de tortues

Grâce à la complicité d’un marchand, j’apprends qu’un pêcheur retournant sur son île veut bien m’emmener , destination Big Hurra, deux dollars par jour pour manger riz et poisson et boire de l’eau, six dollars pour le voyage aller et retour en bateau..

J’embarque donc le lendemain sur le dhoni, petit voilier du cru, six mètres de long, une grande voile blanche rafistolée. La voile serrée, attachée par des feuilles de palmiers qui se déchirent pour se déployer, est hissée au mât. L’alizé souffle à contre sens et nous mettrons six heures pour aller alors que le retour se fera en deux heures.

Chaque fois que nous approchons d’une île, l’eau devient turquoise. Les manœuvres sur ce petit bateau exigu nécessitent une grande adresse de la part de mes pêcheurs pieds nus, rôdés à cette activité. Un contact s’établit entre nous, ne serait-ce que par des sourires et les quelques cigarettes offertes.

Une ligne émeraude bombée sur l’horizon apparaît au loin. Plus nous approchons, plus la crête est chevelue. L’embarcadère s’avance sur la mer. Nous y voilà, nous y voici. Une nuée d’enfants court vers nous, les bras s’agitent, la voile est ramenée. Une main se tend et je mets pied à terre.

Des hippies et des temples

Classé dans : NEPAL — 14 janvier, 2008 @ 4:34

enfants entourant une divinité Temple    Nyatapola          

  Jour après jour le chant du coq me réveille et je me balade dans et autour de Katmandou. J’évite les hippies qui ne pensent qu’à se procurer de l’argent pour acheter de la drogue. Elle n’est pourtant pas chère ici et l’on vous en propose de toutes les sortes à chaque coin de rue. Quand on ne sniffe pas de la coke, on fume du hash dans toutes les tea shops le soir, sous les lampes tamisées dans une ambiance fraternelle. Les joints circulent, les jeunes semblent hébétés et je tousse ! La musique bat son plein dans les oreilles plus réceptives. Il y a des dessins psychédéliques sur les murs et les regards s’y noient.. Je verrai, un matin, quelques jours plus tard un pauvre garçon arriver tout tremblant, grelottant, pâle comme un mort, sous sa couverture. Je croyais qu’il allait y passer et personne ne s’occupait de lui. 

A environ trois kilomètres de Katmandou, le temple de Swayambunath, bâti sur une colline, veille sur la cité. Un escalier de trois cents marches mène sur une grande terrasse où se dresse un stupa à la coupole blanche, aux toits dorés parés de drapeaux de prières qui flottent au vent. Mais ce qui frappe, ce sont les yeux énigmatiques du Bouddha qui voit tout, inscrits sur chaque face. Les singes malicieux et chapardeurs vous accompagnent dans la montée .

Tout en décrivant des circonvolutions dans le sens des aiguilles d’une montre, les népalais font tourner les moulins à prière. A l’intérieur de ces derniers, on trouve la prière des tibétains « Om mani padme hum » qui signifie « le joyau est dans le lotus », répétée plusieurs fois. Chaque tour de roue équivaut à dire plusieurs fois cette prière. C’est facile et quand le moulin a pris des proportions gigantesques et qu’il est installé dans le courant d’un torrent, il tourne seul, nuit et jour. On est alors presque sûr d’avoir au moins sa renaissance dans la meilleure partie de la roue de la vie. 

En bus, je visite Patan et Bhaktapur, les deux anciennes cités royales au charme médiéval avec un nombre incalculable de temples. Pour Patan, je citerai le Mahabouddha couvert de 9000 statues de Bouddha, une sur chaque brique de la construction, et pour Bhaktapur, je parlerai du Nyatapola aux cinq toits superposés, le plus haut du Népal, avec des statues le long de l’escalier, représentant en bas deux lutteurs, puis deux éléphants, deux lions, deux griffons et enfin deux déesses, chacun étant dix fois plus fort que ceux de l’étage inférieur.

 

Promenade dans Katmandou

Classé dans : NEPAL — 14 janvier, 2008 @ 4:23

      namaste    

    Il y a un nombre incalculable de petits restaurants pas chers. C’est dans la rue des cochons que je vais le plus souvent. Cette rue est bien nommée car terreuse et boueuse à souhait. Les cochons s’y complaisent d’autant plus qu’on y égorge les buffles. Ils circulent librement autour d’un stupa, tout au bout sur une place juste avant la rivière. On se croirait à Angkor car les vieilles pierres sont interpénétrées par les racines d’un arbre banyan.

 Chaque restaurant est comme un grand couloir où les places sont exiguës et la musique si tonitruante qu’on l’entend de la rue. On y est servi par des garçonnets diligents, souriants et moqueurs, qui travaillent de 7 h du matin jusque  2 h dans la nuit, sans un jour de repos. Ils ont neuf ou dix ans et savent qu’au moindre manquement ils seront remplacés. Dans la cuisine obscure, tout se confectionne au niveau du sol, sur un ciment noir de crasse et de fumée. Il y a un grand choix dans le menu, mais on peut s’y arrêter pour juste un thé, une citronnade chaude, un yaourt banane, une crêpe ou même un « french toast ».

Freak street est la rue des hippies. Elle est pleine de boutiques qui vendent des souvenirs, des habits brodés ou tissés, des tapis fabriqués par les tibétains réfugiés, des statuettes, des bagues en argent avec des pierres précieuses , des marionnettes et aussi des thankas, peintures religieuses sur tissus.

Le soir, je n’ose me risquer à sortir seule. Vers 16 h je rentre à l’hôtel pour me reposer un peu. Dans le hall, le hasard me fait rencontrer un australien qui voyage, lui aussi seul, et l’affaire est vite conclue : nous irons dîner ensemble ! A l’heure du rendez-vous, je l’attends dans un coin du vestibule et lui dans un autre coin. Mieux vêtus, nous ne nous reconnaissons pas et trouvons cela très drôle. Le dîner à l’hôtel Crystal fût bon et cher, mais quel délicieux poulet tandori accompagné de sauce curry. Je paye ma part ne voulant rien devoir à mon nouveau compagnon qui se prénomme Barry, son nom me faisant penser au chien loup des romans de mon enfance .

 

En route pour le Népal

Classé dans : NEPAL — 14 janvier, 2008 @ 4:10

     Temple de Kala Bhairava    la chaîne himalayenne

 Le vol sur la capitale du Népal est un enchantement. J’ai un siège sur la gauche de l’appareil. Mon regard s’attarde sur la chaîne himalayenne aux nombreux pics enneigés. Le ciel est clair et l’air semble d’une extraordinaire pureté.

L’arrivée à Katmandou est impressionnante. La ville, qui est pourtant à 1400 mètres d’altitude, se trouve dans une cuvette entourée de collines vertes que nous frôlons dangereusement. Le soleil est de plomb. Dès la sortie de l’aéroport, je suis submergée par la foule de gamins rabatteurs pour les taxis et hébétée par les cris, les coups de klaxon et les moteurs pétaradants.  

Je pars explorer Durbar Square, jette un coup d’œil attendri sur Shiva et Parvati à leur fenêtre de bois finement sculpté et aperçois des poulets qui se promènent au milieu des temples.

J’expérimente le « rickshaw » petite calèche attelée à une bicyclette et j’ai de la peine pour le pauvre diable qui pédale. Ces carrioles sont décorées, enrubannées et rafistolées de bric et de broc. Elles sont très solides, il faut voir les charges transportées, quelquefois un bœuf entier découpé en quartiers, encore dégoulinants de sang avec les mouches dessus !

La ville est sympathique. Les népalais sont heureux de vivre, les enfants sont joyeux et aimés. Les clochettes tintinnabulent à l’entrée des temples. Les femmes portent de lourdes jarres en cuivre rutilant pour aller chercher de l’eau aux fontaines. Les rues sont hautes en couleurs mais aussi en odeurs. Les eaux usées s’écoulent en flaques au pied des maisons. Une senteur fade se dégage des nombreuses divinités placées dans les rues, à l’entrée des temples et  qui sont recouvertes de poudres colorées, de pétales de fleurs, d’offrandes de toutes sortes telles que des grains de riz ou des giclées de lait.

 

Quelques photos du sahara

Classé dans : LIBYE FEZZAN — 11 janvier, 2008 @ 2:14
Un avant-goût du sahara
Album : Un avant-goût du sahara
Toutes ces photos ont été prises dans le désert de Libye
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Carnet de voyages au Sahara

Classé dans : a PRESENTATION — 11 janvier, 2008 @ 2:10

marche sur la crête de la dune

 

Les voyages au Sahara font partie de mes plus beaux souvenirs. J’avais un ami qui organisait des expéditions dans les contrées les plus reculées du désert. Il s’appelait Gabriel Osmont et s’était occupé de la mise en place du premier rallye Alger Le Cap en 1950. Il était très connu et estimé dans les villages où il passait car il laissait toujours à son départ toutes sortes d’objets utiles en cadeau, couteaux, casseroles ou même sa chemise. C’est ainsi qu’à Agadez, nous avons été conviés par le Préfet, à une réception en notre honneur, avec les notables de la ville.

Voici quelques uns des itinéraires que j’ai parcourus grâce à lui :

La piste du Tanezrouft pour une traversée de l’Algérie jusqu’au Tchad.

La piste du Ténéré empruntée au cours d’une liaison Tripoli en Libye à Cotonou au Bénin, un projet ambitieux qui reliait la mer méditerranée à l’océan Atlantique, qui se réalisa malgré les prédictions pessimistes de certains. On nous disait que c’était une folie dont nous ne reviendrions pas.

Au Tibesti, au nord du Tchad, nous avons été les derniers touristes, obligés de partir et de tout abandonner, c’était juste avant que Madame Claustre ne soit prise en otage !

Dans le sud algérien, j’ai aimé l’oasis de Djanet et ses peintures rupestres ainsi que Tamanrasset avec son paysage fabuleux du plateau de l’Assekrem où a vécu en ermite Charles de Foucauld.

Enfin en Libye, il y a peu, j’ai retrouvé toute l’ambiance saharienne autour des feux de camp, le soir avec les touareg. Les flammes dansaient et nous réchauffaient pendant que nous étaient offerts les petits verres de thé traditionnels et des morceaux de taguella (galette) cuite dans le sable sous les braises. Puis chacun se chercha un petit coin tranquille pour aller dormir, les yeux dans les étoiles, en écoutant chanter la dune et le vent !

C’est vraiment féerique lorsque vient l’aube et que la lumière s’approprie chaque courbe de dune dont la crête ourlée se pare de la dentelle de nos pas. C’est une jouissance sensuelle que de dévaler la pente, pieds nus, emportant avec soi, des coulées de sable d’or !

Sur les parois rocheuses, c’est comme un livre ouvert qui nous permet de dire que le sahara a été une mer (on trouve des coquillages fossiles, on voit des crocodiles, des barques en peintures), qu’il a été une jungle avec toutes sortes d’animaux sauvages (éléphants, girafes, autruches, rhinocéros), qu’il a été peuplé par des tailleurs de pierres (on retrouve encore des pointes de flêches, des haches, des meules pour broyer le grain), ainsi que par des familles d’agriculteurs ou de pasteurs dont on voit les traces dans les peintures rupestres aux scènes intimistes.

Et que vous dire, s’il pleut (c’est rare mais ça arrive) quand le désert reverdit en deux jours et qu’une minuscule graine, enfouie dans le sol depuis des années peut-être, germe pour permettre à une toute petite fleur d’éclore, que Théodore Monod aurait bien aimé venir ausculter !

Voyage à l’île de Sein (7) et fin

Classé dans : BRETAGNE — 5 janvier, 2008 @ 10:04

Sitôt débarqués, ils se trouvent devant l’abri du marin. Il faudrait raconter l’histoire de ces abris du marin mais c’est un autre sujet.

Abri du marin à Sein

les quais de Sein

Ils longent les quais, respirant l’air iodé qui les ranime un peu. L’île est calme, pas de voitures, pas de vélos, les chiens et les chats sont en liberté. Tonton Lom semble aux anges quand  tout à coup, il s’écrie : « Regarde Gaïd, cette rue, c’est pour nous » 
et Tante Gaïd d’ajouter:
 »Oh oui alors ! C’est la rue  »Monte au ciel  » ! C’est toi le bolchevick qui dit çà ! Je crois que le Bon Dieu est gentil avec nous. Allons jusqu’à l’église. Je voudrais faire une petite prière pour tous ces îliens qui se sont réfugiés dans l’église lors des raz de marée qui ont submergé l’île à plusieurs reprises.  La dernière fois c’était en 1924. Et Tonton Lom accompagne Tante Gaïd dans l’église. Respectons leur silence.
 

l'église de l'île

    ******

Le déjeuner est servi au restaurant  »chez Brigitte ». Un ragoût de homard  »marplij » (s’il vous plaît) ! Et c’est Tonton Lom qui reçoit, comme pour un retour de noces. Jeanne-Yvonne se régale, surtout qu’elle fait partie des invités d’honneur. Le budget du tailleur de pierres va en prendre un coup, mais  »au diable l’avarice » pour une fois. Après le café, en route pour la promenade dans une remorque tirée par un tracteur agricole un peu récalcitrant et cahotant sur les chemins de l’île. 

le phare au loin

chapelle st Corentin

Le chapelle Saint Corentin. On raconte que, parfois, lorsque le Saint ne répondait pas favorablement à une demande, on le mettait au  »piquet », en retournant contre le mur sa statue qui se trouve à l’intérieur de la chapelle. Mais, il ne faut pas croire tout ce que l’on raconte !

rocher du Sphinx

            Le rocher du Sphinx                                 et le monument de la France libre.

monument France libre

    Il faudrait un ouvrage complet pour parler de l’île de Sein. De nombreux auteurs s’y sont consacrés. Ne les plagions pas. Disons cependant que, en d’autres temps, l’île de Sein fut appelée le quart de la France et que la coiffe des îliennes  »la Jibilinenn » est portée depuis l’épidémie de choléra de 1886, que la vie dans une île ne se compare pas à la vie sur le continent, et tant d’autres choses comme la peste de Plogoff, à la fin du XVIème siècle. (Les survivants de cette épidémie furent nombreux à émigrer à l’île)…

Une visite de l’île, entre deux liaisons de bateau, ne permet qu’un tour d’horizon très rapide, d’autant que l’heure du retour approche. Il ne faut pas rater le départ car on serait condamné à attendre le lendemain. Embarquement donc ! La mer s’est un peu calmée. On peut donc rester sur le pont pour profiter des paysages tout en regardant les dauphins qui batifolent autour du bateau. Que de poésie dans ce voyage.

Il faut rappeler que tout cela a été décrit, on devrait dire chanté par des écrivains de talent dont Anatole Le Bras, l’auteur de l’histoire d’un meurtre dans un phare, peut-être à Tévennec à l’époque où l’îlot était gardé par des hommes : un couple et un célibataire. Part du rêve, part de la réalité, à chacun son point de vue. Et le retour se déroule tranquillement, les paysages défilant en sens inverse du voyage aller.. Une petite heure de trajet et Sainte Edwette est bientôt en vue

 Enez Sunen mer  

C’est en apercevant des gens sur le sentier côtier que Jeanne-Yvonne se mit à fredonner :

Les chemins bretons sont des fantaisistes

 Qui vont de travers au lieu d’aller droit ….

Qu’importe ils s’en vont vers de gais lointains

N’est-ce pas ainsi qu’est la vie humaine ?  

(poème de Jos Parker)

Les organisateurs ont prévu le petit car pour le transport des anciens. Ils ne vont pas rejoindre directement le foyer logement car une petite collation est prévue dans un hôtel à la Baie des Trépassés. Et Tante Gaïd de rappeler que, il y a bien longtemps, elle avait fait une saison à l’hôtel de la Ville d’Ys dont le nom n’existe plus.

Le soleil allait bientôt se coucher. C’est alors que Jeanne-Yvonne, avec peut-être un peu de vague à l’âme, fit entendre un des classiques bretons de son répertoire :

An héol a zo kuzet, setu échu an dé …

Kousk, Kousk Breiz Izel…..

Le soleil s’est couché, déjà le jour n’est plus…

Dors, dors Bretagne… 

baie des trépassés

Voilà, c’est la fin de cette histoire que Danaé et Spartacus ont eu beaucoup de  »plijadur » à vous raconter. Kénavo et à bientôt pour d’autres konchennous, des histoires de chez nous, du Cap-Sizun au bout du monde,  là où s’arrête la terre et où commence la mer.

Voyage à l’île de Sein (6)

Classé dans : BRETAGNE — 4 janvier, 2008 @ 12:28

 Mais regardez, nous sommes presque à la Pointe du Raz. Je connais bien tous ces coins là puisque j’ai fait le guide pour les touristes (il l’avait déjà dit et alors ?). On faisait parfois de bonnes journées, les gens étaient souvent généreux en pourboires car on les aidait dans les passages difficiles et même dangereux. Il vaut mieux connaître avant de prendre des risques. En bas, c’est le vide. Là, c’est la pointe de Coumoudoc, et plus loin  »Ar Pladen », disons un endroit plat. Pas grand, mais suffisant pour un pêcheur à pied. Les gens qui connaissent descendent là avec leurs cannes à pêche. C’est agréable mais en bateau c’est mieux.   

Pointe du Raz
Et maintenant, l’extrémité de la pointe ! L’enfer de Plogoff bien sûr ! C’est une espèce de tunnel sous la pointe. Puis le  »Toul Bihen » (petit trou), la passe de Trouzyar (bruit de la poule) et les Gorleik (roches): Gorlegreiz (roche du milieu), Gorlebella (la plus éloignée), j’en passe, et le phare de la Vieille dans lequel j’ai exercé mon métier de gardien.
  

 Phare de la Vieille

photo Patrice Guichaoua

Le phare de la vieille

 

J’aimais ce métier. On embarquait à Bestrée et en arrivant au pied du phare on envoyait les provisions à la relève descendante par un jeu de cordes et poulies. Puis la relève montante utilisait cette espèce de va et vient pour rejoindre son poste. Ce n’est qu’après le passage des consignes que les autres descendaient. Ces relèves étaient dangereuses mais on était lestes. En principe on restait deux semaines mais une fois je suis resté un mois à cause de la tempête. La tour du phare tremblait tellement qu’on a cru que c’était fini pour nous. Dans ces cas là, on mangeait les vivres de réserve, surtout des conserves. Ce qu’il fallait,  c’est que la lampe reste allumée. Parfois on ne voyait même pas la terre. Enfin, on était jeunes et puis on n’est pas mort. Le plus dur c’était pour les familles quand elles n’avaient pas de nouvelles. Nous n’avions même pas la télé à cette époque, juste la radio pour les informations.

Allez, regardez  »La Plate ». C’est tellement dangereux qu’il faut des feux partout, sinon les bateaux n’auraient aucune chance. Déjà que parfois….Il n’y a pas longtemps, près de Tévennec, encore un petit jeune qui pêchait le bar. Perdu corps et biens. Tévennec c’est l’îlot là-bas. Les îliens y vont pour les  »pouces-pieds ». Les professionnels pêcheurs de bars sont souvent ici. A la télé, Thalassa les a appelés

 » les Seigneurs de la mer  ».

Il faut les voir, parfois à sept ou huit, les uns près des autres, dans les courants. Dès que ça mord, ils débrayent le moteur pour se laisser aller dans le courant et remonter les poissons. Souvent il y a plusieurs bars très gros sur la même levée car ils pêchent avec dix ou douze hameçons, des  »lostars » comme ils disent. Ils ne pourraient pas remonter leur ligne contre le courant tellement celui-ci est puissant. Mais avec cent kilos de bars au cours d’une partie de pêche, le marin fait une belle journée. C’est pour remplacer les mauvaises journées car parfois c’est nul. Dans tous les cas c’est dangereux.

Ah, l’île de Sein est en vue. Le débarquement a lieu au pied du phare de Menbrial. 

Phare de Men Brial

 

                                                                                                             à suivre …

Voyage à l’île de Sein (5)

Classé dans : BRETAGNE — 3 janvier, 2008 @ 9:57

On n’allait pas tarder à voir Pors Loubous, un petit port chargé d’histoire puisque c’est là que débarqua, pendant la dernière guerre, d’Estiennes d’Orves un grand résistant, fusillé par les Allemands au Mont Valérien. Il était transporté par François Follic, un îlien, sur le bateau  »Marie-Louise ». On a mis une plaque pour commémorer cet évènement. Le port est assez joli. Parfois j’y mettais mon bateau, mais on était toujours en alerte car on ne pouvait pas rester là en cas de tempête.

 Pors Loubous 

 Les cabanons de Pors Loubous

 stèle consacrée au réseau nemrod  

Justement la mer commence à s’agiter. Tante Gaïd se sent un peu patraque. Tonton Lom est là heureusement. Il lui tient la main, et c’est tout ce qu’il peut faire car on n’a pas encore trouvé le vrai remède. Mais Jeanne-Yvonne garde son sang-froid et commence la distribution de petits morceaux de sucre imprégnés d’eau de fleurs d’oranger, ça va mieux. Tiens, regardez bien ! Vous voyez cette espèce de grand hangar. C’est l’ancienne bergerie construite à l’époque du projet de centrale. Vous vous rendez compte : une centrale nucléaire ici ! Enfin, c’est fini tout ça heureusement. Maintenant c’est un centre équestre mais que de souvenirs ! C’est notre histoire ! Aujourd’hui peu de gens osent dire qu’ils étaient pour la centrale. Ils préfèrent dire qu’ils manquaient d’informations, mais tiens ! Et Tonton Jean-Clet leva le bras droit sur lequel vint frapper le bras gauche. On ne connaît pas encore l’expression bretonne pour dire un bras d’honneur mais le geste est connu….(eur vrec’h enor peut-être!) Ah, Feunteun Aod, la fontaine de la grève. Ce joli petit port est agréable par beau temps, mais moi je préférais Bestrée.

.Feunteun Aod 

 Bestrée

A Bestrée on dispose d’un petit treuil pour monter le poisson sur une plateforme. C’est plus facile. La digue protège bien aussi, mais par tempête il faut partir. Le gros avantage, c’est qu’on est tout près des lieux de pêche.        à suivre …

Voyage à l’île de Sein (4)

Classé dans : BRETAGNE — 2 janvier, 2008 @ 10:07

 Ici, c’est le Lennac’h. Juste une petite grève. Tous les ans, ceux d’Esquibien reconstituent le travail du goémon au cours d’une fête. c’est à voir.  Le rocher isolé que vous voyez à droite c’est  »la Louve ». Attention à marée haute car il est recouvert. Certains marins s’amusent à passer entre ce rocher et la côte. Moi je ne l’ai jamais fait puisque cela ne sert à rien, sauf à prendre des risques. On va bientôt voir la plage du Treiz que l’on appelle aussi Saint-Tugen, mais avant regardez la pointe de Pen an Enez. (Pointe de l’île). Autrefois il y avait un corps de garde là dessus pour surveiller les anglais . A terre il reste encore un vieux canon que personne n’a encore volé car il est trop lourd à transporter. tenez, j’ai une vieille photo

Rocher de la louve

   Pointe de Pen an Enez

    Plage du Treiz 

canon

 Là je dois vous dire que j’ai vu Tante Gaïd toucher discrètement son chapelet car on voit le clocher de Saint Tugen, et Saint Tugen chez nous, enfin….vous savez bien quoi…Elle avait bien le droit de faire une petite dévotion tout de même hein ! Souvent les hommes font la même chose mais sans le montrer. C’est là que Monsieur Queffelec se trompe. Même le Capiste peut avoir peur, dans certains cas, je vous le garantis !!! Ici c’est l’ancien vivier de Pors Tarz. Je l’ai connu en activité, mais aujourd’hui il n’est plus utilisé pour conserver les crustacés. Tout se passe à Audierne. A côté c’est le  »Poul la Nièvre ». C’est le nom d’un pétrolier de la marine nationale qui a fait naufrage en 1937. La première marée noire pour nous. Vous voyez aussi la petite digue qui constitue un petit port utilisé en été par des riverains.

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On va bientôt voir la plage du Loch, juste après la pointe du Castel. C’est une jolie plage avec sa digue et des petits bateaux derrière. L’inconvénient c’est que les bateaux sont au sec à marée basse .

Plage du Loch

Et juste après, sur la crête la jolie chapelle de notre Dame de Bon Voyage.Elle a été construite en 1702-1703, par le seigneur de Kerazan à Cleden.Il avait fait le voeu de construire cette chapelle après avoir failli se noyer. C’est un beau pardon, tous les ans le 2ème dimanche de juillet.

Chapelle ND du Bon Voyage

Tante Gaïd que l’on n’avait pas encore entendu, fit remarquer qu’elle connaissait bien cette chapelle puisqu’elle avait assisté au pardon plusieurs fois, qu’elle connaissait bien le cantique etc….En s’exprimant ainsi, elle tenait sa main droite dans sa poche. Personne n’avait rien dit, mais tout le monde savait que son chapelet ne la quittait jamais. Jeanne-Yvonne se contenta de sourire, sans parler.                à suivre …                                                

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