Les voyages de Danae au Sahara, en Asie et ailleurs

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Promenades et jours heureux

Classé dans : SRI LANKA — 2 février, 2008 @ 9:30

Bouddha serein 

   Puis ma famille organise une petite sortie collective pour visiter un temple bouddhiste sur une île, en remontant une rivière sur un catamaran (c’est moi qui paye naturellement, mais ils sont si contents). Nous arrivons à l’île, colline couverte d’une végétation luxuriante, chauves souris, oiseaux chanteurs dans les arbres, iguane. Nous nous inclinons presque jusqu’à terre devant un moine. Il nous fait pénétrer à sa suite dans le temple. Le tabernacle est fermé par une énorme clé qui sonne comme une horloge quand on ouvre la porte. Galerie de personnages de la vie de Bouddha dignes du Musée Grévin. Ma famille est toute en joie de jouer au touriste. Nous achetons des ananas pour le retour. 

Au moment des couchers de soleil, je vais voir les pêcheurs sur échasses qui se tiennent des heures durant sur des piquets plantés à quelques mètres du rivage (comme un oiseau sur sa branche) pour pêcher à la ligne de minuscules poissons.

Le mari me raconte qu’il a déjà marché quatre fois sur le feu sans jamais se brûler, en pensant qu’il marchait sur de l’eau fraîche. Il prie et croit fermement que les dieux lui ont donné ce pouvoir. Sa femme ne semble pas aussi enthousiaste pour l’imiter. J’appris par la suite qu’un touriste s’y étant risqué, s’était retrouvé à l’hôpital !

Et puis le jour est venu où j’ai dû les quitter. Ils m’ont sauté au cou (même le chien qui m’a fait la fête) et accompagnée jusqu’au bus en me remettant un petit paquet de bananes pour la route.

Je me demande à ce jour ce qu’ils sont devenus et s’ils ont été touchés par le tsunami ?

Adoptée par la famille

Classé dans : SRI LANKA — 31 janvier, 2008 @ 5:30

jeux sur la plage

  J’ai passé une soirée délicieuse, entourée par les enfants des alentours. On a chanté Frère Jacques, on a fait un concours de châteaux de sable (transposé pour eux en dagobas de sable) et ils y ont mis toute leur ardeur. J’ai ramassé sur la plage des opercules de coquillages nommés ici yeux de Shiva. J’ai offert ma bouteille d’alcool d’arak et ils ont tout bu (les parents). Je dois photographier toute la famille. J’ai acheté un chapeau de paille que tressait une petite voisine. Je dors en paix. Le matin, les pêcheurs ramènent les filets jusque devant ma fenêtre. Un voisin a attrapé une tortue.

Quand je vais me baigner, la jeune femme me rince à l’eau douce cherchée au puits avec une cruche qu’elle me balance sur la tête. Puis on va laver mon linge au puits en le battant. Je prends le bus avec elle pour aller voir sa famille et boire plein de tasses de thé. 

 Au petit-déjeuner, j’ai deux œufs, toasts et confiture et le soir tortue, riz et choux, sauce noix de coco, bananes. Par économie,  je ne mange plus qu’une fois par jour. Elle fait la cuisine dans une petite case, accroupie par terre, devant le foyer entre trois pierres. J’assiste à la confection de strug hoppers. Recette : mélanger farine avec eau bouillante et sel. Passer au travers d’un tamis pressoir à trous très fins. Résultat de longs spaghettis qu’on pose sur des paniers tressés superposés et mis à cuire à la vapeur au-dessus d’une casserole d’eau..

Sur une plage au Sri Lanka

Classé dans : SRI LANKA — 30 janvier, 2008 @ 5:12

pêcheurs remontant les filets

Je débarque du bus à Hikkaduwa, village balnéaire sur la côte ouest de Sri Lanka, pour l’heure du déjeuner. La rue est longue, mon sac lourd, le soleil chaud.

Deux fillettes viennent à ma rencontre et me proposent de me mener à leur grand-mère qui pourrait me louer une maison. Je les suis jusqu’à l’intérieur du village très éloigné, par des rues à l’ombre heureusement. La maison est un peu trop grande pour moi seule mais ce n’est pas cher . Je paye d’avance deux nuits et pénètre un peu plus profondément dans l’intérieur sombre.

 Mes yeux s’habituent à l’obscurité et je découvre des crottes de rats partout sur le sol. Je vois aussi de gentilles petites bêtes courir sur le matelas. Je vais jusqu’aux toilettes, enjambant la végétation du jardin broussailleux et recule devant une énorme araignée qui y trône sans compter les innocents lézards sur les murs. Bref, pourquoi me plaindre, moi qui suis seule, d’avoir tant de compagnie   Je pose mon sac et libre de tous bagages, je pars explorer la plage en essayant de ne pas penser à la jolie nuit qui m’attend parce que j’ai toujours eu très peur des rats, il paraît qu’ils peuvent vous manger le bout du nez tout en vous anesthésiant et qu’on ne sente rien ! 

Je m’assieds sur le joli sable d’or pour me reposer et une jeune femme, qui exécute une fine dentelle au crochet, m’invite à venir boire du thé dans sa maison. Elle a un mari, un petit garçon de cinq ans, un chien et un bébé chat. La fenêtre de la maisonnette ouvre devant la plage sur trois cocotiers. La mer est à vingt mètres. Il y a un joli lit bien propre avec une moustiquaire, des petits coins creusés dans le sable dans une hutte à côté, une paillote pour s’abriter du soleil, la baignade à deux pas, enfin le paradis où je choisis de rester pour trois francs par nuit !

Dans l’enfer de la jungle cinghalaise

Classé dans : SRI LANKA — 29 janvier, 2008 @ 9:22

Depuis notre départ, nous marcherons onze heures sans rien manger, dans une atmosphère moite, avec la peur au ventre. Il faut pourtant continuer d’avancer, presser le pas malgré notre fatigue, trouver absolument un village avant la nuit. J’imagine avoir une sangsue entre chaque doigt de pieds, je sens des fourmillements, mais je n’ai plus le temps de m’arrêter. J’espère bien ne pas passer la nuit là. Même pas un seul bois sec pour allumer un feu pour se réchauffer et éloigner les bêtes sauvages, mais au fait avons-nous seulement une allumette ? Les collines succèdent aux collines. L’espoir d’une vallée apparaît très lointaine.

Nous rencontrons enfin âme qui vive en la personne de terrassiers qui creusent la rivière pour y trouver des pierres précieuses mais ne pouvons échanger de paroles et leur présence finalement est plus inquiétante que rassurante. Nous stoppons à une maisonnette où nous demandons à manger à un petit Mowgli vêtu d’un pagne, qui nous apporte seulement de l’eau. Son père, rencontré plus loin, est bûcheron.

Nous arrivons épuisés sur une piste pour apprendre que Ratnapura est encore à 15 kilomètres. Une jeep qui passe nous prend en pitié. Nous logeons chez le chef de gare de Ratnapura, dans une maison cossue. Je me réveille au milieu de la nuit par un contact doucereux, poilu, velu sous ma main et je fais un bond d’au moins un mètre croyant toucher une énorme araignée. Lumière allumée, il s’agit d’un innocent bébé chat.

Nous venons de traverser à pied une réserve d’animaux sauvages, et  les rares touristes qui empruntent ce parcours ont souvent été attaqués par des brigands  ! 

L’ascension du Pic d’Adam

Classé dans : SRI LANKA — 27 janvier, 2008 @ 10:43

Pic d'Adam 

  Au sommet de ce pic, le plus haut de Ceylan, à 2450 mètres d’altitude, se trouve une roche dans laquelle est gravée une empreinte de pied mystérieuse. Bouddhistes, hindouistes et chrétiens s’en disputent l’appartenance, les premiers considèrent qu’il s’agit du « sri pada » du Bouddha, les seconds sont partagés entre les traces de Vishnou ou celles de Shiva et les troisièmes y voient le pied d’Adam chassé du paradis terrestre.

Les pèlerins de toutes croyances se réunissent au pied du pic pour en gravir l’énorme escalier qui conduit à son sommet.  

Au petit jour, avec mon vieil ami à nouveau rencontré, nous gravissons la rude pente de 800 mètres dans le froid et le brouillard. Le vent souffle fort là haut. Dans une minuscule baraque nous buvons un thé chaud. Nous décidons qu’il serait plus intéressant de descendre du sommet par l’autre versant jusqu’à Ratnapura, la ville des pierres précieuses.

Et nous voilà partis imprudemment. Nous ne pouvons nous tromper, il n’y a qu’à suivre une ancienne ligne électrique, le chemin n’existant plus depuis belle lurette, envahi par une végétation exubérante et des roches rendues glissantes par la pluie qui tombe à certains moments.

L’endroit est bien sauvage. Des singes se balancent d’arbre en arbre. Je m’attends à rencontrer un éléphant barrissant, un jaguar, un python de trois mètres ou un cobra ! En marchant dans ces hautes herbes sans voir où l’on met les pieds, je me demande si celles-ci ne cachent pas des serpents. Je fais beaucoup de bruit pour les écarter. Je ne vois que des papillons, des fleurs sauvages et avec beaucoup d’effroi trois sangsues qui ont l’audace de s’accrocher à mes chevilles .

 

Un voleur entre par la fenêtre

Classé dans : MALDIVES AVENTURES — 23 janvier, 2008 @ 10:09

dhoni   pêcheurs   le kalifon et sa femme   jolie fillette 

le départ   

 Dernière journée. Ce matin promenade jusqu’à la plage nord et repos à l’ombre. Cet après-midi bain de soleil et tour du village avec nostalgie. W est avec moi et comme c’est l’heure du thé, on a la délicatesse de nous apporter deux tasses et une assiette avec du pain grillé (considéré là bas comme du gâteau). Les gens veulent nous marier. Le kalifon est désolé que je parte et qu’il reste !

Le soir c’est encore la fête. Tout le village est réuni auprès des enfants. C’est au tour des filles de danser, de chanter avec pour tam tam des bâtons cognant avec ensemble sur des marmites en fer blanc. L’ensemble est réussi et je suis tirée de mon extase par mon propriétaire qui vient , tout désolé, m’apprendre qu’un voleur a arraché les barreaux de ma fenêtre, a pénétré dans ma chambre, puis s’est enfui. Heureusement il n’a pas eu le temps de voler quoi que ce soit. Mon appareil photo est toujours là et mon argent (le peu qui me reste) toujours caché dans la toiture ! Je ne veux plus dormir dans une chambre où l’on peut pénétrer si facilement par la fenêtre. Je déménage une fois de plus et m’installe, devinez où, dans la chambre même de mon hôte qui a pu ainsi veiller sur moi la nuit entière ! Pour moi, enfin une nuit sans tourments. Pour lui, peut-être pas ? 

C’est le matin du départ. Je suis triste de quitter cette île. Y reviendrai-je un jour ? La famille est attentionnée pour moi et m’offre deux fois du thé avec des gâteaux, parce que la première fois je n’avais rien pu avaler tant j’avais la gorge serrée de devoir partir. Ils participent à ma peine de les quitter. Ils sont même allés chercher des coquillages au fond de leur réserve pour me les offrir.

Le dhoni de Nassim est prêt à appareiller. Tout le monde est venu au débarcadère pour me faire ses adieux, même le kalifon. La voile est dressée, les mains s’agitent, l’île s’estompe.

Je vogue vers Malé. Mes yeux se posent sur les pêcheurs. Nassim me demande mon masque et tuba. Je les lui offre, pour lui c’est important de pouvoir regarder sous l’eau pour ramasser des coquillages. Il en est très heureux et me donne un petit sac de prunes qu’il emmenait au marché pour les vendre.

Je pleure de quitter ces lieux magiques. 

(Je dois vous signaler que ces aventures se sont déroulées en 1977 et que depuis l’Inde a interdit aux touristes de résider sur les îles de pêcheurs. Des îles hôtels ont vu le jour pour un tourisme de luxe loin des populations. Les îles sont malheureusement peu hautes sur l’eau et avec le réchauffement climatique, risquent de disparaître un jour. C’est pourquoi, près de la capitale, les maldiviens ont construit une île artificielle haute de deux mètres au-dessus du niveau de la mer.) 

C’est la circoncision des enfants

Classé dans : MALDIVES AVENTURES — 21 janvier, 2008 @ 9:54

j'évente les petits circoncis     les enfants jouent avec les ballons

   Ce matin, grande animation dans le village. Les femmes ont mis leurs plus belles robes et coiffé leurs cheveux mieux que d’habitude. C’est vendredi et jour de grande fête. Nous sommes en pays musulman, c’est la circoncision pour cinq jeunes garçons de cinq ans et tout le village est en grands préparatifs.

La terrasse couverte d’une maison est aménagée avec des guirlandes et des ballons de toutes couleurs. Cinq lits sont préparés, soigneusement rembourrés par de multiples coussins. Un tissu pendu par une ficelle est destiné à recouvrir la plaie sans la toucher. Les jeunes garçons ont le visage enduit de cendres et les mains et pieds passés au henné. Les parents sont attentifs et un peu émotionnés. Les enfants jouent avec les ballons sans savoir ce qui les attend. Les hommes groupés à l’intérieur de la maison avec un mouchoir sur la tête, psalmodient des textes religieux dans les fumées d’encens. 

Le docteur préposé à l’opération se tient dans un jardin arrière sous une petite tente et on lui amène les garçons. Seuls les hommes ont le droit d’assister et W prend des photos. On leur cache la tête au moment crucial mais ça ne les empêche pas de crier et pleurer. Le kalifon aimant plaisanter, me dit qu’on va faire aussi la circoncision à W !

Pendant ce temps, grande activité dans la cuisine en plein air où se préparent des gâteaux à la noix de coco râpée. Les femmes fument pendant la pause. On m’offre thé et gâteaux. Puis on amène les petits suppliciés sur leur lit avec beaucoup de précautions. Tout le village et les parents les entourent, les amusent, les dorlotent et les éventent car il fait très chaud. On restera près d’eux trois jours durant et trois nuits. J’agite l’éventail moi aussi. Nous sommes vraiment adoptés par les gens du village et nous pouvons aller partout. Le kalifon est très paternel avec moi. Nous mettons au point mon départ pour Malé dans deux jours.

Le soir, c’est le début de la fête, avec les hommes groupés en cercle qui chantent accompagnés des tambourins et les plus jeunes dansent à un rythme de plus en plus effréné. Les enfants dans leurs couches sont les spectateurs de ces tourbillons dans la poussière qui vole et oublient quelques instants leur misère. Les ébats dureront toute la nuit, mais j’irai me coucher avant l’aube.

Baignades, plongées, le paradis

Classé dans : MALDIVES AVENTURES — 20 janvier, 2008 @ 10:17

  

 chez le coiffeur    un nuage de poissons 

L’après-midi se passe à palmer jusqu’à une île voisine qui se trouve à deux trois kilomètres. Le bras de mer est long à parcourir, ballottée par les vagues et le retour assez sportif avec le courant. Un serpent d’eau très venimeux a frôlé mon ventre ! Intéressante visite sous-marine avec massifs coralliens peuplés de poissons perroquets, chirurgiens, empereurs, bénitiers etc. …

Le soir, promenade au clair de lune sous la voûte du ciel étoilé et sous la voûte des palmes. Le village papote et les femmes prononcent le nom de W devant moi en riant et en nous montrant tous deux du doigt. Coucher dans ma nouvelle chambre parfumée à l’encens par mon hôte, qui semble m’aimer un peu trop, s’assoit longuement à côté de moi jusqu’à ce que je lui dise que je veux dormir, et qui au milieu de la nuit amène sa grande silhouette dans l’encadrement de la porte et reste sans bouger à me contempler pendant que je fais semblant de dormir !..

Lever tôt. Départ en dhoni pour l’île déserte de Girifushi. Une grande bande de sable s’avance jusque dans la mer. Le récif est proche et de fortes vagues nous y propulsent. Nous découvrons le tombant, le bleu de l’eau profonde d’où peuvent surgir à tout instant requins, barracudas ou raies géantes. On voit des raies d’un mètre faire des sauts fabuleux hors de l’eau. En plongée, j’admire  un poisson très curieux, vingt centimètres de long, argenté avec du jaune vers la queue, des raies roses vers la tête, des points noirs sur le dos et des branchies couleurs du drapeau français. Serait-ce un poisson picasso ? ça existe oui oui ! Les poissons chirurgiens sont les plus nombreux avec un bistouri au bout de la queue. Ils sont mauves avec une grande ligne jaune sur le dos, museau et queue noirs. Des colonies se suivent comme les élèves d’une même classe, foncent sur moi et s’écartent juste à la fin. Clapot de l’eau, bruit des vagues, bleu du ciel, tous les bleus de la mer, et le soleil qui nous baigne d’une lumière dorée.

 Sieste, thé, jeux avec les enfants sur la place publique. De jeunes garçons font de jolies maquettes de bateaux. .Les femmes ici sont très pudiques et ont de longues robes. Je mets un pagne pour me promener dans l’île, c ‘est plus à leur goût. 

Ah j’oublie, ma coupe de cheveux ce matin, assise sur la plage, à la merci d’un pêcheur maldivien. Résultat entr’aperçu dans le reflet d’une petite glace. Je ne sais plus où mettre ma tête. Tout le village s’esclaffe, surtout les femmes qui ne coupent jamais leurs cheveux. J’ai une ligne blanche (pas bronzée) d’une hauteur de deux centimètres au-dessus de chaque oreille. Le kalifon me trouve very very nice avec mes cheveux courts.

 

Oulala un visiteur nocturne !

Classé dans : MALDIVES AVENTURES — 18 janvier, 2008 @ 9:51

ma case

Ma jolie maison est un peu solitaire, tout près du bois de cocotiers. Ma porte s’accroche sur un clou. Des volailles en liberté tournent autour et chaque matin je suis réveillée par le chant du coq.

Quatre heures du matin, il fait encore nuit, la lune éclaire faiblement. On cogne de petits coups à ma porte. Je me lève, ne vois rien dehors et en conclus me recouchant, qu’un poulet est venu frotter son bec sur le bois de la porte. Puis quelques instants plus tard, j’entends « hello hello » susurré d’une voix faible. Je vais de nouveau à la porte et ne vois toujours rien. Cette fois, ce n’est pourtant pas le chant d’un oiseau !

 Je n’ai pas le temps de me poser la question, quand je vois déboucher du bois

 un pur indigène du cru, vêtu seulement d’un pagne, qui se précipite sur moi (virilité dressée) pour me couvrir de baisers passionnés.

Et moi qui le repousse en disant « non non » et lui qui me serre en répétant « non non ». J’ai quand même le temps de voir que ce n’est pas le play boy de l’île. Il semblerait même qu’il s’agit de l’ affreux et horrible vendeur de coquillages entrevu l’après-midi et j’en frémis. Le bruit de la lutte, mes cris l’effrayent et il s’enfuit. C’est qu’il y a une police sur une île voisine et si un touriste viole une femme du pays, il va en prison. Alors le contraire est sûrement vrai aussi. En attendant, je n’ai pas d’arme et il va peut-être revenir. C’est alors que j’ai peur et je me recouche le cœur battant après avoir attaché ma porte avec des ficelles.

Ce matin, je me suis promenée dans tout le village, un gros gourdin en guise de canne. J’avertis le kalifon de ma mésaventure de la nuit et on m’offre une autre maison en corail blanc cette fois. C’est moins pittoresque, mais on me fait un lit douillet avec oreiller. Le propriétaire de ma nouvelle maison assiste à mon installation, s’assure de la solidité des barreaux à la fenêtre, m’offre des fruits et un bracelet en écaille.

Première journée sur l’île de Hurra

Classé dans : MALDIVES AVENTURES — 17 janvier, 2008 @ 10:13

mon repas     Mon pêcheur et sa famille

 

 

 

 

 

   Ce qui frappe le plus en arrivant, c’est la fraîcheur des teintes de l’eau, qui de bleu foncé au loin se transforment en pastel turquoise près du bord, d’une transparence incroyable, avec quelquefois des reflets argentés de poissons qui s’enhardissent à venir jusque dans vingt centimètres d’eau.

Mon île a deux kilomètres de long sur huit cents mètres de large environ. Elle a une voisine, toute petite, little Hurra, qu’on peut atteindre soit à la nage, soit par canot, soit à pied à marée basse par des bancs de sable. Les pirogues dont la proue et le gouvernail ont des courbes harmonieuses, s’étagent sur le sable blanc, autour du débarcadère. C’est là que le soleil se couche dans un déploiement de couleurs orangées chaque soir différent, incendiant la mer.

Hurra est habitée par des pêcheurs dont les enfants représentent la moitié de la population. Quand on vient d’Inde, quel contraste de voir ces enfants bien nourris de poissons et de noix de coco, aux bonnes joues bien remplies, qui font plaisir à voir.

J’ai une jolie case au toit en feuille de palmiers, avec le sol en sable blanc balayé plusieurs fois par jour et un lit de cordes tressées recouvert d’une natte. Une petite barrière entoure mon jardin et j’y installe une caisse qui me servira de banc. Dès que je m’y assois pour essayer d’écrire quelques notes, c’est un défilé ininterrompu du voisinage. Des enfants m’apportent des cadeaux en signe de bienvenue, des prunes un peu bizarres, un peu dures et amères, des coquillages, ou bien si on n’a rien à m’offrir, on me sourit. Les femmes aussi sont curieuses et n’ont pas souvent de distractions à part fumer le water pipe (narguilé). Il faut bien répondre à ces gestes amicaux et toute ma provision de bonbons y passe. Seul le chef de l’île qu’on appelle ici le « kalifon » parle anglais.

Il faut que j’organise l’emploi du temps de mes journées.

Bain de soleil, baignade, tour de l’île à pied, exploration sous-marine, ramassage des coquillages et coraux (maintenant c’est interdit), lecture, sieste, visite des îliens qui veulent tous m’inviter chez eux.!

Une jolie fillette de la famille de mon pêcheur vient, lorsque arrive l’heure du repas, me chercher et me prend par la main pour me mener vers mon repas qui m’attend sous une cloche à l’abri des mouches : riz curry, trois chapatis aux noix de coco et thé dans une jolie tasse en porcelaine de chine, poisson grillé et papaye. J’avais apporté un pot de confiture qu’on me sortait sur le plateau à chaque repas et lorsqu’il fut fini, jugez de la délicatesse de ces gens qui m’ont apporté du miel à la place. Au five o clock tea je suis le point de mire des femmes. Les jeunes sont extrêmement belles, les vieilles toutes édentées, mais toutes ne savent qu’inventer pour me faire plaisir. Si l’une râpe de la noix de coco, elle m’en offre.

Je me couche tôt, car demain grand programme : le matin jusqu’au reef en dhoni pour mettre le nez sous l’eau de l’autre côté de la barrière de corail et l’après-midi snorkeling jusqu’à une île sauvage voisine avec un touriste allemand rencontré ce matin.

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