Les voyages de Danae au Sahara, en Asie et ailleurs

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Aventures africaines – du Niger au Tchad (22/43)

Classé dans : CAMEROUN — 26 octobre, 2015 @ 8:20

 

Une lettre attendrissante

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photo du net 

Amadou T , élève à l’école principale de Mokolo – nord Camerounais  

« J’ai l’honneur de vous faire part de mes nouvelles les meilleurs de Mokolo.

Après c’est pour que vous me mettiez au courant de la France. J’aime beaucoup me correspondre avec vous peut-être vous aussi vous aller accepter de vous correspondre avec moi.

Je suis un écolier africain. Mon père est un cultivateur ma mère est une ménagère j’ai une grande sœur il est au Lycée de Garoua mais moi je suis à l’école primaire de Mokolo centre. Je suis un matakam. Pendant les vacances je garde les troupeaux de vache. Je suis âgé de 13 ans. Si des fois je n’ai rien à faire je part aider mon père aux champs. Mon père cultive le mil et ma mère cultive des arachides. J’ai un petit champ de riz. Ma mère élève les poules et les coqs.

Maintenant c’est la saison des pluies au Nord. C’est la moment de cultiver, seul les paresseux restent au village. Tous les bons cultivateurs s’envons aux champs. Notre rentrée c’est le 1er juillet. Cet année si je passe au cours moyen deux j’aimerai bien que je part rester en France avec vous pour être élève un jour.

Je vous prierai de me répondre de plus en plus sans sesse. Nous sommes quatre dans notre famille. Moi je m’appelle Amadou,ma grande sœur qui s’appelle Fatimatou, elle est plus belle que la lune et très brune. L’autre Boubakari et une autre fille qui vient d’être né Maïrama. Mon père a quatre femmes. Je vous prie de m’envoyez l’argent de timbre. Tien à vous dire de plus ni de moins. Réponse urgente. »

 

Aventures africaines – du Niger au Tchad (21/43)

Classé dans : CAMEROUN — 23 octobre, 2015 @ 9:03

Les boucarous

 

Plantés au milieu du décor les coquets boucarous fleuris de bougainvillées nous accueillent juste avant le coucher du soleil.

Je signale toutefois que cet endroit idyllique a servi de décor il n’y a pas si longtemps à la prise en otage de toute une famille par les islamistes, heureusement relâchée quelques temps plus tard !

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Dès que nous nous éloignons du campement pour explorer les environs, plusieurs enfants se précipitent pour nous servir de guide. Ils sont emplis de prévenances qui nous étonnent mais le but n’est pas tout à fait désintéressé. Nous leur promettons des chaussures et des crayons à bille. L’un d’eux m’offre un lourd bracelet de cuivre. Et le plus incroyable est que les colis envoyés dès mon retour en France m’ont été retournés. Ils ne sont jamais allés les chercher à la poste.

 

Par contre aux cartes postales envoyées, nous avons reçu beaucoup de réponses. En voici quelques extraits :

« Depuis mon entrée à l’école, j’aimais me correspondre avec un français ou une française. Pourquoi ? Parce que tous mes grands parents me parlent des français comment ils aimaient les peaux rouges plus que les peaux noires. »

 

« J’aime aller en France chez vous pour rester comme vos enfants pour apprendre des choses intéressantes, alors il faudra m’envoyer les billets d’avion. Si je ne pars pas en France je risque de me tuer. Je suis à 52 kms de la poste mais je viendrais à la poste chercher la réponse de cette lettre. »

Aventures africaines – du Niger au Tchad (20/43)

Classé dans : CAMEROUN — 20 octobre, 2015 @ 7:52

Les Kapsikis

 

En route pour les Kapsikis, ces monts dont nous rêvons depuis de nombreux mois. « L’un des plus nobles paysages du monde » a écrit André Gide. Un petit Hoggar avec de la verdure nous dit Gabriel. Qui le premier va découvrir le « bonheur des dames » ?!

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 photo du net

Un paysage irréel qu’on imaginerait lunaire s’étend à perte de vue. Le site de Rhumsiki est saisissant. De grands monolithes de plus de cent mètres de haut s’élancent tout d’une pièce vers le ciel. Ce sont les cheminées d’anciens volcans dont les cratères ont été érodés.

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Tout au long de la piste, les gamins font le poirier, coutume locale amusante et inédite pour obtenir quelques sous.

 

Aventures africaines – du Niger au Tchad (19/43)

Classé dans : CAMEROUN — 15 octobre, 2015 @ 8:44

Ils sont beaux tout nus

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Les populations Matakam accourent sur notre passage dans l’espoir d’un cadeau. Femmes souriantes aux seins nus, à la tête rasée, le front et le haut des bras ornés de bandeaux de perles multicolores. Fillettes nues, un simple rang de perles au bas ventre, jouant d’une sorte de harpe à cinq cordes.

Il faut pourtant s’arracher à ces créatures aimables et poursuivre la route.

Dans ce pays où le rocher domine, chaque parcelle de terrain est cultivée et sur toutes les collines qui en offrent la possibilité des petits murs de pierres sèches retiennent la terre. 

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Au détour du chemin, une apparition qui nous coupe le souffle : une femme de chef entièrement nue, le corps huilé, coloré à l’argile rouge, parée de bijoux, fumant tranquillement la pipe, un bébé accroché dans le dos par une peau de cabri, accompagnée d’une servante sans aucun ornement et au ventre rebondi, et d’un vieux du village aux genoux cagneux, non moins fier de ses attributs de virilité. « Regardez ma mère, elle est jolie, faut payer pour la photographier « nous dit un gosse intéressé..

 

Rien n’est plus amusant que ces attroupements autour des voitures. De plantureuses femmes ont une petite lanière qui leur balaye les cuisses. Les jeunes filles Mofou ont la lèvre traversée d’un piquant de porc-épic, et de charmants tabliers de perles qui leur servent de cache-sexe. A Mokolo c’est la récréation devant le jardin d’enfants. Au marché, réclame pour les cigarettes Bastos et symphonie de couleurs des fils de nylon. De quoi faire des milliers de scoubidous. Près d’une mission, les femmes s’habillent et ont perdu tout de leur charme.

Aventures africaines – du Niger au Tchad (18/43)

Classé dans : CAMEROUN — 13 octobre, 2015 @ 8:21

Le marché

 

Un court arrêt à un marché camerounais nous transporte d’enthousiasme.

Spectacle insolite, d’un côté les vieilles femmes assises par terre devant des petits tas bizarres qui doivent être les délices de la région, et de l’autre côté les vautours faisant office de balayeurs.

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Beaucoup d’admiration de la part des mâles de notre groupe pour de jolies filles au torse nu qu’ils poursuivent caméra au poing.

Nous traversons Mora, sa place du marché et ses constructions sous forme d’arcades. Les montagnes s’esquissent au bout de l’allée. Faisons halte aux jolis boucarous de Mora

. Nous rencontrons un célèbre guide de chasse et son charmant petit chat sauvage que j’ai plaisir à prendre dans les bras !

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Les Kirdis

 

La route un peu sportive dite « centre massif » nous met en contact avec les Kirdis. Enfin nous allons toucher au but de notre voyage et voir ces peuples qui ont conservé l’un des derniers aspects de l’Afrique noire antique et secrète : absence de vêtements, scarifications, danses et musiques originales.

Kirdi est un mot arabe qui veut dire païen, appellation impropre donnée aux animistes par les islamisés. Les Kirdis étaient les premiers habitants du Cameroun que les Foulbés auraient refoulés dans les montagnes. Ces collines parsemées de blocs gréseux ressemblent étrangement aux Trois Pignons près de Fontainebleau avec en plus des cases rondes aux toits dorés et pointus.

 

Aventures africaines – du Niger au Tchad (17/43)

Classé dans : CAMEROUN — 10 octobre, 2015 @ 7:04

JOUR 15/ FRONTIERE CAMEROUN – RHUMSIKI 

Le vent de sable 

Vers les quatre heures du matin une tempête nous éveille. Le vent de sable souffle envahissant tout, manquant emporter nos tentes et suffoquant ceux qui bivouaquaient. Certains se réfugient dans les voitures tandis que nous enfouissons nos visages dans des linges et nous nous cramponnons au duvet qui veut s’envoler. Nous mâchons du sable et nous avons les narines desséchées.

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 photo du net

Trois heures plus tard, le vent s’est calmé et nous pouvons sortir de nos abris, tout en découvrant avec horreur deux scorpions sous une tente.

Les africains ramassent dans l’herbe les restes du couscous qu’on n’a pas osé leur offrir ayant cuit avec de la viande de porc défendue dans la religion musulmane.

 

Aventures africaines – du Niger au Tchad (16/43)

Classé dans : CAMEROUN — 7 octobre, 2015 @ 8:15

Au Cameroun

 

Par une piste connue de Gabriel, nous échappons à la police du poste de sortie du Nigeria. Nous pénétrons au Cameroun. La vue des jolis monts nous ramène la joie au cœur. Nous nous exclamons à chaque instant. Des termitières pointues et grises hérissent la savane. Nous nous arrêtons pour la nuit auprès d’un lac creusé artificiellement et qui sert d’abreuvoir pour les troupeaux. 

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photo du net

L’un part avec une hache couper un arbre qu’une voiture traînera jusqu’au lieu du foyer. Une autre s’affole pour un mille-pattes sur sa tente.

Nous prenons contact avec les habitants du village proche et le fils du sultan nous apporte à la nuit tombée en cadeau un bidon de deux cents litres d’eau tiré par des zébus, une pleine calebasse d’arachides et deux papayes. Je ne me souviens plus mais nous avons des cadeaux pour eux également

. Après un dîner confortable, nous nous endormons en regardant un arbre rougeoyant qui se consume sous les étoiles.

 

Aventures africaines – du Niger au Tchad (15/43)

Classé dans : NIGERIA — 4 octobre, 2015 @ 7:43

JOUR 14/ POTISKUM – FRONTIERE CAMEROUN

 

C’est dur

 

Une entreprise refait la route en défrichement pour le moment. Quelle poussière ! Nous roulons tranquillement et puis vers midi nous nous arrêtons pour attendre une voiture qui n’arrive pas. Hélas nos inquiétudes sont fondées. Nos amis ont voulu doubler et un gravillon a cassé le pare-brise. Consternation, où en trouver un de rechange ? Nous déjeunons sans entrain.

 

A Maiduguri bonne nouvelle. On peut nous en délivrer un neuf moyennant 55.000 anciens francs.

Nous n’avons jamais eu aussi chaud. Nous achetons dix pamplemousses. Le égoïstes se précipitent chacun sur un fruit entier et les autres n’ont plus qu’à se partager ceux qui restent. Plus d’argent dans la monnaie du pays pour acheter à boire.

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Le moral des troupes est en baisse. Les membres de l’expédition sont nerveux, se disputent pour des riens ou se font des reproches. Deux semaines de vie commune, quelques petits ennuis et les meilleurs deviennent méchants ! Je n’ose imaginer ce qu’il adviendrait si nous étions perdus dans le désert face à nos dernières réserves.

Assis sur des troncs d’arbres nous écoutons la lecture apaisante du Coran récitée sur un ton monocorde. L’homme installé à même le sol ne s’occupe pas de nous et inscrit avec application des signes bizarres sur une plaquette de bois. Dommage mon magnétophone est parti avec la voiture en réparation.

Une aimable personne nous propose de l’eau à la post-office et nous nous aspergeons copieusement sous l’œil amusé des employés.

 

Aventures africaines – du Niger au Tchad (14/43)

Classé dans : NIGERIA — 1 octobre, 2015 @ 8:09

Départ de Kano

 

Dans la cour nous retrouvons Gabriel trafiquant ses voitures au milieu des vautours. Les margouillats abondent sur les arbres et j’en aperçois un beau vert à la queue orange qui mesure au moins vingt centimètres.

Les vendeurs nous harcèlent comme des mouches pour nous offrir contre le plus d’argent possible des peaux de serpents.

Impossible de téléphoner en France, ce qui rend furieux l’un de nos covoyageur. Ses désirs contrariés le rendent de très méchante humeur et nous n’osons plus nous moquer. Déjeuner, sieste courte et départ.

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Nous abandonnons à Kano une voiture et nous nous entassons à plusieurs dans les autres. Nous traversons des forêts de baobabs. Des camions font le ramassage du coton accumulé entre de hauts murs, on croirait de la neige. Des sacs de jute contenant des arachides sont disposés curieusement en véritables pyramides.

 

A part cela, la route est monotone, le pays plat. La lassitude nous gagne et nous avons hâte d’arriver au Cameroun. Dans chaque voiture l’ambiance est différente. Celle de F égale à son moral du moment, et il est bien bas car en plus de ses malheurs téléphoniques, il est couvert de piqures de moustiques qui prennent chez lui des proportions inquiétantes. Celle de D est réglée comme du papier à musique, thé, telle heure, pipi, telle heure et aucune dérogation n’est permise. C’est aussi la voiture lambinante car ils s’arrêtent dès qu’il y a quelque chose à voir, nous obligeant à les attendre à un endroit où justement il n’y a rien à voir !

 

Coucher en brousse peu après Potiskum. Avant le départ pour l’Afrique j’imaginais que nous serions obligés chaque soir d’allumer un feu pour éloigner les bêtes sauvages, ou de mettre des petites boîtes à cirage contenant du pétrole sous les quatre pieds de notre lit de camp pour empêcher les fourmis d’y monter ! Nous n’avons jamais eu à frémir seulement d’un cri de chacal.

 

Aventures africaines – du Niger au Tchad (13/43)

Classé dans : NIGERIA — 28 septembre, 2015 @ 7:59

JOUR 13/ KANO – POTISKUM

 

Toujours à Kano

 

On nous a oubliés à la poste de Kano où nous sommes partis acheter des timbres aussi décidons-nous de revenir à pied mais la ville est immensément grande et nous serions perdus si une âme du pays compatissante ne nous avait ramenés en voiture aimablement.

 

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photo du net

Nous ne pouvons partir de Kano sans voir la mosquée. Il fait trop chaud pour marcher, pourquoi n’essayerions-nous pas à nouveau l’auto-stop. Je me précipite sur un beau garçon en short et chaussettes montantes blanches prêt à rentrer dans sa voiture : « please sir, where is the mosk ? ». Il m’explique tant bien que mal le chemin et finalement m’invite à m’y accompagner, et c’est là que mes compagnons surgissent !!! Gentiment il nous laisse au pied de la mosquée et nous le remercions vivement.

Dans l’escalier en spirale nous manquons écraser des petits vautours faisant leurs premiers pas et sortant de leurs nids. Du haut la vue est très belle sur les toits haoussas des quartiers indigènes. A la sortie le gardien n’a pas l’air de trouver suffisants les deux schillings mais je connais le tarif.

 

Au retour nous ne pouvons éviter la traversée de la ville indigène et des quartiers de teintures indigo qui sentent si mauvais. J’ai l’audace de taper au carreau d’une voiture en stationnement pour demander la direction de notre hôtel et aussitôt le blanc cette fois interpellé se fait un plaisir de nous y amener jusque sur ses pelouses. Cool !

 

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