Les voyages de Danae au Sahara, en Asie et ailleurs

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Archive pour la catégorie 'TCHAD TIBESTI'

Au Tibesti (9) des gravures vieilles de huit mille ans

Posté : 14 mai, 2008 @ 6:48 dans TCHAD TIBESTI | 2 commentaires »

marche vers Gonoa   l'homme de Gonoa

 

But de la journée : le site rupestre de Gonoa, à quinze kilomètres environ de Bardaï. Nous nous y rendrons à pied ce qui permettra de juger de nos capacités sportives, une voiture nous rejoignant à l’heure du déjeuner, apportant le pique-nique et remportant les éclopés s’il y a. 

Nous partons sur le coup de neuf heures et il fait déjà bien chaud. Après la traversée de la palmeraie, la piste est monotone, désertique, inhumaine, des pierrailles à perte de vue. Nous avançons à vive allure si bien que le guide Lamaye à qui a été confié le groupe, et qui prend cette responsabilité très au sérieux, court de l’avant à l’arrière jusqu’à en perdre le souffle. Il nous dit que nous marchons « comme un Toubou » ce qui ne peut être plus beau compliment. Trois heures plus tard, rouges comme des coquelicots, nous nous affalons au pied d’un épineux, avant de longer la base des parois de l’enneri où se trouvent les gravures. 

Gonoa est incontestablement le haut lieu néolithique du Tibesti. Ce site a été découvert en 1950 par le Capitaine Huard. Il est inscrit sur la carte Michelin en de telles grosses lettres qu’on pourrait croire y trouver au moins un hôtel.  Fi !!! 

On y trouve « l’homme de Gonoa » remarquable figuration d’un chasseur masqué courant, gravé sur la falaise vive et pouvant dater de huit mille ans. 

On est surpris d’y observer une faune sauvage aujourd’hui disparue qui révèle un énorme changement de climat. Eléphants et rhinocéros sont les plus nombreux, témoins d’une longue période vécue dans cette zone sans doute sahélienne mais pourquoi pas verdoyante ? Le groupe de seize élégantes girafes tachetées remonte sans doute à six mille ans et les bœufs qui leur sont superposés à quatre ou cinq mille ans. La série de gravures représentant des antilopes ou des bœufs aux cornes en lyre semble être l’œuvre de pasteurs. Le thème favori est l’animal quelquefois décoré ou auréolé, ce qui semble confirmer l’association du bétail aux cultes. 

Blottis dons de petites criques sablonneuses, nous attendons la voiture ravitaillement. Petit temps de repos nécessaire après cette active recherche s’étageant sur plusieurs kilomètres et plusieurs étages de parois, dans la fournaise de midi. A trois heures de l’après-midi, à l’ombre du seul arbre, nous dégustons avec appétit poissons séchés, saucisson et pâté. Lamaye se contente de ses dattes pilées. 

Nous recommençons une visite plus approfondie des gravures en compagnie du savant archéologue norvégien, hôte de la mission des géographes. 

A Bardaï depuis six mois, il se plait dans cette solitude qu’il met à profit pour faire des recherches sur la préhistoire du Tibesti. Il ne se doute pas encore qu’il recevra quelques jours plus tard un télégramme le rappelant dans son pays, télégramme qui le bouleversera. Le gouvernement tchadien l’accuse d’avoir sorti des os des tombeaux et prélevé des pièces archéologiques, alors que consciencieux au plus haut point, il prenait des notes sans toucher aux ossements. Au début même de son séjour, des inspecteurs sont venus perquisitionner la mission, espérant découvrir une chambre secrète dans laquelle ses membres se seraient livrés à … la recherche de l’uranium. 

Assez tardivement nous reprenons la route du retour. La nuit tombe rapidement. La lune éclaire notre chemin. Dans l’ombre obscure de la palmeraie, tout est silence et nous apprécierions la poésie de cette promenade nocturne si nous ne trébuchions à chaque pas sur de fichus cailloux. 

Au Tibesti (8) sur les traces des anciens

Posté : 11 mai, 2008 @ 7:59 dans TCHAD TIBESTI | 4 commentaires »

Char des garamantes

 

Aux alentours de Bardaï, les outils préhistoriques abondent : pointes de flèches, haches à gorge, massues tronconiques comme celles représentées sur les gravures, coquilles d’œuf d’autruche, broyeurs, polissoirs. Les Toubous utilisent encore de nos jours les mêmes mortiers et pilons mais ont connaissance du fer depuis déjà longtemps. 

Dans ces étendues désertiques, on est frappé de trouver partout des traces de vie humaine : sur un plateau, des tombes, sur une paroi verticale, des gravures, sur un sommet, une murette, sur le reg, des pointes de flèches ou débris de poteries. 

A moins de quinze cents mètres de l’oasis, sur la base de trois gros rochers circulaires, nous remarquons successivement, avec un étonnement toujours renouvelé, de nombreux bovidés, un guépard, une frise de diablotins, de minuscules personnages armés d’une sorte de boomerang et le plus stupéfiant, une chasse à l’arc à l’autruche signée d’un humoriste néolithique ! 

Le Toubou avait la réputation d’être un pillard de classe. Le qualificatif de rebelle était flatteur et celui qui avait tué était considéré avec crainte et respect. Cette réputation est ancienne car Hérodote parlait des expéditions dirigées contre eux en ces termes : 

« Les Garamantes font la chasse aux Ethiopiens troglodytes sur des chars à quatre chevaux, car ces Ethiopiens sont les plus rapides à la course à pied de tous les hommes dont nous avons entendu parler . Ils se nourrissent de serpents, de lézards et d’autres reptiles. Ils parlent une langue qui ne ressemble à aucune autre, mais au cri des chauve-souris ». 

Un groupe rocheux proche de Bardaï a servi d’habitat préhistorique et a joué le rôle d’un château fortifié par la suite. Les Toubous, sachant tirer parti du caractère montagneux de leur habitat,avaient aménagé de nombreux pitons et rebords de falaises en châteaux forts. A la moindre alerte tout le monde s’y réfugiait. Nous y découvrons une grotte, des éclats taillés d’obsidienne, une grande terrasse aux rochers curieusement découpés, des pierres levées pour d’anciens sacrifices et au sommet une digne réserve de projectiles sous forme de pierres amenées là par la main de l’homme, le tout dominant les sables d’où émergent des rocs dressés comme des proues de navires. 

 

Au Tibesti (7) hospitalité toubou

Posté : 8 mai, 2008 @ 7:10 dans TCHAD TIBESTI | 5 commentaires »

        fillette avec tresses                 joli profil

 

Nous allons jusqu’aux villages éloignés, prenant contact avec la population aimable et pourtant combien miséreuse, qui ignore qu’elle a le plus bas pouvoir d’achat du monde. 

A la recherche de l’eau dans l’enneri, nous faisons le geste de boire devant une femme qui, aussitôt, nous invite à entrer dans son enclos et nous offre de l’eau de sa guerba dans un pot d’aluminium qu’elle nettoie devant nous avec ses mains.

 

Face à une seconde femme, nous nous plaignons de la chaleur. Elle nous fait pénétrer par une succession de cours à l’intérieur de sa case séparée en deux par un rideau tendu et nous propose une natte pour nous reposer. Nous restons stupéfaits de la propreté des lieux, jusqu’au sable du sol qui est balayé. 

Deux pauvres voyageuses, pieds nus, venant de Zoui à dix kilomètres de Bardaï, s’arrêtent en nous voyant, posent par terre les lourdes charges qu’elles ont sur la tête et dénouant un foulard, offrent des dattes à l’étranger, une partie de ces dattes qu’elles apportent pour vendre au marché. 

Une femme, qui se dit Madame la Présidente, nous invite à venir prendre le thé chez elle. Fiers d’être reçus par une sommité, nous prenons renseignements, il ne s’agit que de la Présidente du … Parti Progressiste ! Munis de quelques cadeaux, nous nous rendons à son invitation. On nous a recommandé de boire en faisant beaucoup de bruit, signe de politesse auquel nous n’osons croire mais qui nous donne le fou rire. Notre richissime hôtesse nous reçoit sur des coussins dans une pièce obscure aux murs tendus de tapis, apporte un brasero, met la théière à chauffer, nous offre quelques dattes puis les trois verres de thé traditionnels. 

A notre étonnement de voir ses dents si blanches, elle nous montre comment elle se sert de la tige des feuilles de palmiers en tant que brosse à dents. Elle veut que nous revenions et me propose de me coiffer comme elle avec une multitude de petites nattes ! La coiffure des femmes mariées comporte deux nattes principales qui partent en cimier sur le dessus de la tête, attachées entre elles par des bijoux d’argent ou des épingles à nourrice, coiffure renouvelée chaque mois et empoissée de beurre. La peau des Toubous, pour éviter les crevasses par la sécheresse, a besoin d’être graissée, aussi le Toubou, dès qu’il vient de manger, s’essuie-t-il les doigts d’abord sur les talons, puis entre les orteils et en dernier lieu sur le crâne ! 

Nous traversons l’oasis et les gosses s’enhardissent jusqu’à tâter nos poches pour y trouver des bonbons. De gros corbeaux picorant le dos des chameaux au repos font office de « pique bœufs ». La lumière du soleil couchant baigne les rues du village, faisant ressortir les pailles dorées des cases et des jardins.

 

Au Tibesti (6) à la découverte de l’oasis

Posté : 5 mai, 2008 @ 7:09 dans TCHAD TIBESTI | 3 commentaires »

fillette dans la rue mosquée de Bardaï confection de paniers

 

Nous partons visiter l’oasis qui s’étire en longueur sur plusieurs kilomètres, vaste étendue sablonneuse piquée de palmiers, encastrée entre des falaises ruiniformes. Si on la compare à Djanet au Tassili, on n’y trouve pas une végétation aussi luxuriante, mais c’est surtout le spectacle de l’eau qui manque, l’enneri est à sec. 

Bardaï a l’allure d’un grand village africain. Les Toubous habitent pour la plupart des zéribas, mais les bâtiments administratifs et la mosquée sont des constructions de couleur ocre rouge faites de briques de terre séchées au soleil. Les rochers tabulaires se découpent au travers de pittoresques abris à palabres. Des greniers hauts d’un mètre servent à mettre à l’abri les dattes. 

Sur l’aire du marché, le boucher découpe à la hache des quartiers de chameau. Douce perspective de manger un bifteck à midi. 

Nous assistons au travail du forgeron qui fabrique des bijoux (croix du sud, bracelets, bagues) sur commande à condition de lui fournir des pièces d’argent, et aussi des couteaux, sabres, sagaies, des outils, houes, haches et des caveçons pour les chameaux. Le cordonnier confectionne, à l’ombre de son jardin, sacs de cuir, nu-pieds et fourreaux pour les armes. Le tailleur, assis sur une caisse, attablé à sa vieille Singer, s’est tout simplement installé dans la rue.

 

Les femmes, elles, assemblent patiemment des roseaux pour la construction des zéribas, ornent les calebasses ou décorent paniers en vannerie de précieux cauris ou coquillages cousus un à un. A l’aide de pierres, elles broient les dattes avec les noyaux, ce qui constituera l’essentiel de leur nourriture. Aux périodes de disette, elles ramassent les noix des palmiers doums qui, écrasées, sont comestibles quoique peu nutritives. 

Qu’il fait bon se reposer dans la fraîcheur de la palmeraie et jouer à cache cache avec le soleil dans les allées d’arbres majestueux ! A Bardaï il y a environ cinquante six mille palmiers productifs. Février est l’époque idéale pour la fécondation des palmiers. L’homme dépose des fleurs blanches mâles au milieu des fleurs jaunes femelles. De cette opération dépendra la richesse de la récolte des dattes. 

Au Tibesti (5) S.O.S. docteur

Posté : 2 mai, 2008 @ 2:07 dans TCHAD TIBESTI | 2 commentaires »

 

 On voit des cicatrices sur la poitrine de la jeune femme

Lamaye nous demande conseil pour guérir le kyste qu’il a au coin de l’œil et qui en grossissant risque de le rendre aveugle. Il n’a pas d’argent (le jardin qu’il cultive ne lui appartient pas) et c’est un problème que de trouver une voiture qui, en huit jours de piste, le mènerait à l’hôpital de Faya-Largeau. 

A Bardaï, il y a bien une magnifique infirmerie mais pas un docteur. Moyenne d’âge des gens du pays : quarante ans. A cet âge, un homme est un vieillard. Ils n’ont rien pour se couvrir pendant les nuits glaciales. Les remèdes sont antiques, décoctions de plantes ou cautérisations qui laissent des cicatrices indélébiles. Beaucoup nous demandent de soulager leurs maux mais nous n’avons que des cachets d’aspirine à distribuer qui cependant font beaucoup d’effet chez eux car ils ne sont pas habitués aux médications. Un chirurgien de notre groupe sauve une jeune fille en l’opérant, à vif, avec une lame de rasoir, d’un abcès dans le dos. 

Au Tibesti (4) camping « toubou style »

Posté : 28 avril, 2008 @ 7:50 dans TCHAD TIBESTI | 9 commentaires »

dans notre camp      fillette pilant le mil

Là nous pénétrons dans l’enceinte du campement entourée d’une haie de palmes et restons émerveillés par la paix qui s’en dégage

Des zéribas ou huttes en roseaux alternent avec les tentes igloo bleues, tout autour d’un jardin potager formé d’une mosaïque de minuscules carrés de terre d’où surgissent quelques pousses vertes. Près de l’entrée, un puits à balancier et un grouillement coloré de femmes et d’enfants peu effarouchés et bavards. Quelques palmiers, des mimosas sauvages étendent leurs ombres sur le réfectoire et la cuisine, tentes allongées construites à la mode Toubou d’un entrelacs de branchages soutenant des nattes. Il y a même une salle de douches à toit ouvert et des arbres couchés qui peuvent servir de bancs. Les cases de la famille d’Edeye le cuisinier et de Barkaï le gardien sont encloses dans le camp. 

 

L’arrivée de l’avion est un évènement. Les femmes du village, dont certaines d’une grande beauté, anneaux dans l’aile du nez, chevillières et bracelets d’argent, arborent leurs plus jolies toilettes, paradant sous des parapluies multicolores passés à l’usage d’ombrelles. Une petite fille porte sur un bras un bébé et en équilibre sur la tête un bol rempli de cailloux. Nous voulons la photographier mais en une seconde le bol se renverse sur la tête de l’enfant qui se met à hurler ! Les fillettes ont des poupées extraordinaires, le corps en bois recouvert de chiffons, la tête en datte et les nattes en ficelle noire. A la nuit tombante les élégantes dansent à petits pas une ronde lente jusqu’à accomplir un cercle presque parfait, levant un bras au rythme du tam-tam du forgeron. 

 

Il est inutile de chercher une porte aux zéribas, il n’y en a pas. Aussi choisissons-nous en vue du froid nocturne une tente plus confortable, de prime abord, mais qui nous jouera le tour de se dégonfler. Un adorable gamin de quatre ans, flottant dans son boubou décolleté, porteur d’une crotte embrasée qui doit servir à allumer un feu, nous réveille dès six heures du matin pour réclamer un bonbon. Il a gelé pendant la nuit, la glace a pris dans la cuvette. Nous attendons la venue du soleil. Barkaï s’allonge face contre terre pour la prière. 

 

L’avion passe en rase-mottes à quinze mètres au-dessus du camp, battant de l’aile pour un dernier adieu auquel nous répondons en agitant nos bras. Désormais nous restons seuls, loin de tout. Paris est à cinq mille kilomètres ! 

Nous apprenons à dire bonjour : « cala a », ça  va bien : « boudi gali », ça va très très très bien : « boudi boudi boudi gali ». Les salutations en langage Toubou ressemblent à des litanies : « ça va ta mère, ton mari, ton oncle, ta cousine, ça va toute ta famille, et ta sœur ? » Rien que par plaisir nous les répétons à « toubou d’champ ». 

 

Une mère débarbouille le visage de son jeune enfant avec l’eau d’une calebasse et termine sa toilette sommaire en lui mouchant le nez entre ses doigts mouillés. Juste derrière le camp s’ouvre le jardin de Lamaye, notre guide Toubou. Il passe une partie de sa journée à puiser l’eau, un dur labeur, pour arroser le blé et les tomates auxquelles il nous fera goûter précieusement. J’ai vu des norias fonctionner au Maroc activées par des chameaux ou des ânes, à Djanet par des zébus mais ici c’est l’homme qui remplace la bête. Sa fille pile consciencieusement le mil et en tamise la farine. L’intermède du thé est de rigueur. 

Un message d’un habitant de là-bas :
« Vous les occidentaux. Faut nous aider vous savez Que nous sommes souffrants faite en quelque sorte de dire aux ONG pour nous aide,dans l’éducation,santé,et de l’eau »

 

 

Au Tibesti (3) perdus dans le ciel d’Afrique

Posté : 25 avril, 2008 @ 8:14 dans TCHAD TIBESTI | 2 commentaires »

  

avion pour le tibesti

 

Le DC 3 affrété spécialement pour notre groupe, après une escale à Sebha en territoire libyen, se dirige sur Bardaï au nord du Tchad. 

 La monotonie des immensités sablonneuses et l’atmosphère surchauffée nous rendent un peu somnolents jusqu’au moment où nous sommes tirés de notre assoupissement par la voix des pilotes appelant à l’aide notre chef d’expédition. L’avion survole alors une zone montagneuse au relief tourmenté. De tous ces pics, quel est donc le Toussidé, l’unique point de repère pour situer l’oasis ? Suspense éprouvant. Nos pilotes le font durer vingt bonnes minutes, envisageant même d’atterrir dans un oued le temps de réfléchir … Ce qui mit du piquant à notre voyage mais nous empêcha de survoler le trou au natron, faute de carburant. 

Enfin avec bonheur, nous apercevons la coulée verte de l’oasis de Bardaï, baissons d’altitude, frôlons de l’aile une montagne et atterrissons dans l’insoutenable luminosité du Tibesti, à l’heure où le soleil à l’aplomb darde ses rayons les plus chauds. 

 L’avion cadenassé est abandonné à sa solitude. Entassés jusque sur les ailes et le capot de la Land Rover et dans le camion de la mission de géographes allemands venus nous chercher, nous étrennons cahots et poussière blanche jusqu’à l’entrée de l’oasis. 

 

Au Tibesti (2) non pas vivre mais survivre

Posté : 22 avril, 2008 @ 2:54 dans TCHAD TIBESTI | 3 commentaires »

   une vieille femme de Bardaï                Toubou de Bardaï            

Depuis des siècles, l’existence du Toubou est une lutte incessante pour la vie, un combat contre la faim, pour se maintenir dans son habitat ancestral. D’une résistance incroyable, le Toubou ne craint ni la mort, ni la souffrance, ni la faim, ni la soif, ni la fatigue, ni le froid, ni le vent, ni le soleil. 

Les Toubous musulmans conservent des pratiques païennes qu’ils manifestent lors des grands évènements. Les sadagas ou repas sacrés ne sont qu’anciens sacrifices orientés de nos jours vers Allah. Malgré des convictions religieuses faibles, ils écoutent cette parole de Mahomet : « le déshonneur entre dans la maison avec la charrue ». 

La seule occupation noble est le nomadisme. Les jeunes montrent leur valeur par des randonnées qui les éloignent pendant des mois de leur village. Les Toubous sont fiers de vivre dans ces montagnes et d’être seuls capables d’y vivre. Ils méprisent les sédentaires.  Dans l’oasis, les Kamadjas se livrent à l’agriculture, les Azzas à l’artisanat et les Tiyénis, descendants d’esclaves, aux travaux domestiques, toutes ces tâches étant considérées comme indignes 

La récolte des dattes, celle médiocre du blé et du mil, le lait des troupeaux et la cueillette des plantes sauvages sont les seules ressources du pays Un important trafic caravanier découle du fait que les économies du nomade, de l’oasien et du sédentaire du sud sont complémentaires. Les différentes denrées subissent des écarts de valeur souvent considérables entre les centres de production et les centres de consommation. Ainsi une charge de cent vingt kilos de sel s’acquiert aux salines pour vingt kilos de mil et se revend au Bornou pour quatre cent quatre- vingt kilos de mil. 

Les Toubous utilisent le troc. Une chèvre vaut un sac de cuir ou une couverture ou cinquante kilos de mil ou cent kilos de dattes ou un kilo de thé ou quatre kilos de sucre. Un âne vaut quatre chèvres, un chameau adulte de douze à quatorze chèvres. Une famille de cinq personnes aurait besoin de vingt quatre chèvres par an pour ses achats divers, total qu’elle n’atteint pas le plus souvent. 

Ces statistiques sont tirées du livre : « nomades noirs du Sahara » du Commandant Chapelle. 

Tchad – au Tibesti chez les Toubous en 1968 (1/18)

Posté : 19 avril, 2008 @ 9:38 dans TCHAD TIBESTI | 7 commentaires »

L'oasis de Bardaï

L’oasis de Bardaï
photo Thomas J.Abercrombie

 

Présentation du pays 

Le Tibesti est le plus vaste ensemble montagneux du Sahara dont le volcan l’Emi Koussi avec ses 3415 mètres domine de presque cinq cents mètres les plus hauts sommets du Hoggar. Situé sous le Tropique du Cancer, au nord du Tchad, ce bastion rocheux couvre une superficie de 100.000 kilomètres carrés. 

Sa structure est nette : socle schisto-cristallin recouvert par une masse sédimentaire sur laquelle repose l’énorme appareil volcanique. La couverture de grès épaisse de plus de mille mètres est disposée en plateaux que l’érosion transforme. 

Nachtigal, le premier étranger, a pénétré au Tibesti en 1869. Il faut attendre l’année 1914 pour voir une colonne française entrer à Bardaï. Pendant la deuxième guerre mondiale, des Toubous enrôlés dans les troupes de Leclerc participeront à la libération du Fezzan. 

Pour accéder au Tibesti, il faut emprunter soir un avion militaire atterrissant à Zouar, soit un avion privé, soit l’une des trois pistes extrêmement difficiles qui partent du Fezzan, du Tassili ou de Largeau. 

Les populations du désert ont appelé les habitants du Tibesti « Toubous » (de « tou » montagne et « bou » habitant) qui se nomment eux-mêmes « tédas » dans les montagnes et « dazas » dans les vallées. Ils représentent la fraction la plus pure du groupe qui compte environ treize mille individus. 

Ce qui frappe dans cette race, c’est l’alliance d’une peau noire avec des traits nettement europoïdes, aucune analogie avec les touareg, les noirs ou les arabes

Présentation du voyage

  Il s’agit d’une première visite « touristique » du Tibesti en 1968 (quelques années avant que Madame Claustre n’y soit prise en otage) une véritable expédition organisée par Gabriel Osmont guide saharien, malheureusement aujourd’hui disparu.

 Nous arriverons à Bardaï avec un avion loué, se perdant un peu dans le ciel d’Afrique, nous visiterons l’oasis et les villages alentour allant jusqu’à découvrir le site rupestre de Gonoa, le trou au natron une des curiosités volcaniques du Tibesti , nous irons jusqu’à la frontière libyenne à Aozou le foyer de révolte des toubous contre le gouvernement, pour finir par une marche à  pied de cent quarante kilomètres pour aller humer les senteurs soufrées des sources chaudes de Soborum. 

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