Les voyages de Danae au Sahara, en Asie et ailleurs

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Archive pour la catégorie 'ALGERIE TASSILI'

Tassili n’Ajjer (4) un mariage à Azellouaz

Posté : 29 février, 2008 @ 8:42 dans ALGERIE TASSILI | 2 commentaires »

la mosquée

 Nous avons ouï dire qu’un mariage est en train de se célébrer dans ce dernier village. Le bruit de la fête parvient jusqu’à nous, assez rythmé. Avec notre magnétophone nous l’enregistrons et ne tardons pas à avoir un attroupement d’enfants autour de nous qui écoutent avec béatitude ce que nous retransmettons. Voila le premier contact établi sans trop de peine. 

Une vieille vient retirer de notre présence sa petite fille qui pleure et ne part qu’à regret. Une autre, aux yeux tranchants comme l’acier, vient pousser un youyou strident avant de m’entraîner dans un corridor. Je pénètre dans le lieu de la fête, une cour recouverte de peaux tendues cousues  ensemble sous lesquelles sont assises une quarantaine de femmes dans leurs plus beaux atours, tapant des mains, jouant du tambourin, chantant, criant et s’agitant trois jours durant. Quant à la mariée,  je ne l’ai pas vue ! Le marié, lui, est dans une salle spécialement décorée, au milieu des hommes. Il a apporté à la famille de sa future épouse bijoux, chameaux et chèvres.

Nous retrouvons au dehors les enfants qui nous accompagnent jusqu’au minaret pointu qui domine leur village. Nous en cherchons l’entrée, prenons la fenêtre pour la porte et manquons passer au travers du toit de terre battue ! Un arbre mort reflète sa silhouette décharnée sur le mur blanc. Le soleil règle la vie journalière ponctuée par les heures de la prière que clame le muezzin cinq fois par jour. Chaque village a son cimetière, rangées de pierres acérées au flanc de la falaise rose, surmontées  d’une sorte d’épouvantail en chiffon qui flotte au vent pour chasser les mauvais esprits.

Nous partageons les deux oranges  qui nous restent avec les enfants pendant qu’un petit vient timidement glisser sa main dans la mienne. 

Tassili n’Ajjer (3) passeport pour le ciel : une touffe de cheveux

Posté : 27 février, 2008 @ 7:08 dans ALGERIE TASSILI | 2 commentaires »

Djanet   enfants de Djanet

Chaque matin, les enfants touareg se rendent à l’école coranique et animent de leurs cris joyeux la grande place. Les garçons disputent une partie de ballon et shootent dans la poussière blanche de la rue. D’autres choisissent de s’asseoir face à face à l’ombre d’un tronc de palmier et disputent d’interminables parties de dames sur le sable avec des pierres pour les pions blancs et des crottes de chameaux pour les pions noirs. De beaux enfants malgré les mouches agglutinées au coin des yeux , assaut qu’ils subissent passivement, spectacle banal sous le ciel d’Afrique. La misère est là mais la joie de vivre se lit dans les yeux noirs malicieux.

Parées de haillons des fillettes jouent à la poupée avec de vrais bébés. Un simple bout de tissu grâce à la noblesse de l’attitude transforme une pauvresse en princesse. Image biblique, une petite fille promène un poulet vivant le tenant par les ailes. Nous rencontrons des bébés intimidés cachés dans les replis de la robe de leur mère et des petits étonnés qui rient de toutes leurs dents blanches Etonnés nous le sommes également par leur différents types de coiffures, cheveux brillants d’huile, nattés ou rasés avec art . La coutume veut qu’on laisse une touffe de cheveux au sommet du crâne des garçons pour qu’Allah puisse les emmener au ciel.

Deux mille deux cents habitants environ se groupent en trois villages autonomes : Adjahil possède la meilleure école coranique, El-Mihan juche sur une colline son ramassis de petites maisons cubiques aux murs de pisé blanc écrasés de soleil, Azellouaz est arabe et surtout senoussiste. C’est la moins francisée des trois agglomérations indigènes et le berceau de l’assassin du Père de Foucauld.

Tassili n’Ajjer (2) ici règne le matriarcat

Posté : 26 février, 2008 @ 9:04 dans ALGERIE TASSILI | 4 commentaires »

     fillettes de Djanet   l'âne devant la zeriba 

A l’approche des villages, nous ouvrons nos yeux le plus grand possible malgré le sable et le vent, pour découvrir ces horizons nouveaux. De hauts palmiers bruissant du chant des grillons entourent les zéribas dorées, ces huttes en roseaux prêtes à nous accueillir. Paris nous semble bien loin, à quelques trois mille kilomètres d’ici !

 Quel confort, un lit, une table, des clous pour suspendre la serviette de toilette ou la glace et de jolies tentures tissées rouges et vertes. Mais aussi quel dommage de penser que nos zéribas brûleront quelques mois plus tard à la suite d’un court-circuit dans l’installation électrique provoqué, oh ironie, par les inondations –il ne pleut pourtant ici que deux ou trois jours par an ! -

Les habitants des Ajjers se divisent en deux groupes : les sédentaires dont la vie se déroule à l’abri naturel des oasis et les nomades dont les caravanes parcourent sans cesse le Tassili et vivent de produits d’échange et de l’élevage des bêtes.

Ce fier targui au regard mystérieux portant autour du cou nombre d’amulettes, a-t-il oublié les rezzou pour n’être plus qu’un  paisible pasteur de chameaux ?

 Un vieil homme marche aux côtés d’un petit âne de velours gris, cachant sa  barbiche blanche dans les replis de son chèche.  Ici, le tailleur confectionne sarrouels et gandouras. Là, le forgeron fabrique des poinçons pour percer la narine du chameau mais  aussi des bijoux et veut nous vendre serpents et scorpions en cuivre ciselé à défaut des vrais qui pullulent paraît-il en été .

La religion musulmane interdit aux femmes de se faire photographier. Dès qu’elles nous aperçoivent, elle se cachent le visage , relèvent un pan de leur voile ou fuient à notre approche, même une petite fille espiègle court se cacher derrière un palmier. Les jeunes sont très jolies, semblables dans leurs robes fleuries à des papillons multicolores.

Outre les occupations domestiques les soins aux enfants et aux jardins, les touarègues exécutent des travaux de vannerie ou de couture. Elles transportent avec beaucoup d’allure des fagots dans leur panier d’osier, des seaux d’eau en équilibre sur la tête et des bébés complètement nus sur les bras, vêtus seulement d’un petit tricorne en guise de chapeau.

Au Sahara règne le matriarcat, c’est-à-dire que les femmes donnent leur nom aux enfants et exercent une autorité prépondérante dans la famille.

Tassili n’Ajjer (1/16) voyage à Djanet en 1966

Posté : 24 février, 2008 @ 10:54 dans ALGERIE TASSILI | 4 commentaires »

l'arabe et sa théière      touareg à l'arrivée de l'avion

Le Tassili n’Ajjer est un massif montagneux situé dans l’extrême sud algérien, non loin de la Libye, en plein cœur du Sahara et habité par les touareg Ajjer. Le nom « Ajjer » a son origine dans l’antiquité et désignait alors une horde de brigands.

Après de nombreux combats, la première pénétration a lieu le 19 janvier 1905 : cent cinquante méharistes français entrent à Djanet mais les notables sont volontairement absents. En 1933, le lieutenant Brenans y découvre des sites préhistoriques d’un grand intérêt. En 1956, Henri Lhote en entreprend le relevé. 

Un coup d’œil à ma montre, trois heures déjà que le nez collé au hublot, nous scrutons ce grand corps exsangue abandonné à la morsure d’un soleil implacable qui, depuis longtemps, a aspiré jusqu’à la dernière goutte de sang de ses artères.

Quand le désert s’offre à nous sans repères, nous avons l’impression de flotter immobiles, suspendus entre terre et ciel, dans l’atmosphère surchauffée, s’il n’y avait le vrombissement rassurant du vieux DC 4, le robuste taxi poussiéreux du Sahara.

Nous avons hâte de voir battre le cœur du Tassili, ce cœur pudiquement blotti à l’abri de hautes murailles, à l’ombre de mille palmiers, dans la fraîcheur des jardins. Retrouver la vie autour du point d’eau et faire ressurgir du passé les scènes qu’ont si bien représentées les artistes de la préhistoire.

Nos yeux s’accrochent, enivrés de lumière, à l’ombre minuscule d’un avion qui effleure le tapis fauve, obstinément tendu vers un but qui nous remplit d’espoir : l’oasis de Djanet.

Puis les courbes molles des dunes roses de l’erg d’Admer s’estompent tandis que nous longeons la barrière tassilienne de grès qui tombe de sept cents mètres à pic sur les sables dorés. Tout à coup, nous découvrons la tache verte d’une immense palmeraie et un à un les trois villages de Djanet plantés au milieu des rochers qui nous font crier d’enthousiasme.

A mille quatre-vingt-quatorze mètres d’altitude, sertie au creux des montagnes qui l’entourent, l’oasis avec ses trente mille palmiers et ses deux cents points d’eau est sans conteste le joyau du Tassili. Son nom signifie « jardin » par excellence  le « paradis ». On l’appelle aussi Djanet la généreuse. C’est la plus belle oasis du monde.

Nous atterrissons dans un éblouissement de lumière et de joie, dévorant du regard nos premiers touareg. Ils sont six, parés de grandes robes aux couleurs harmonieuses et font une haie d’honneur à notre arrivée Nous les trouvons fort beaux et pourtant que voyons-nous de leurs visages ? Un arabe fait l’objet de notre étonnement, il débarque avec pour unique bagage et bien le plus précieux, sa théière à la main.

Secoués, éventés, tassés debout dans la Land-Rover, accrochés aux sacs et colis qui manquent verser à chaque tournant, nous roulons très sportivement sur la piste qui va de l’aérodrome à Djanet, en soulevant des nuages de poussière ocre.

 

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