Les voyages de Danae au Sahara, en Asie et ailleurs

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Archive pour la catégorie 'ALGERIE TASSILI'

Algérie – Tassili n’Ajjer (14) mirages à l’erg d’Admer

Posté : 1 avril, 2008 @ 8:09 dans ALGERIE TASSILI | 3 commentaires »

erg d'admer   touffe de drinn  

Quarante kilomètres de piste nous conduisent à l’erg d’Admer, au sud de Djanet, dans un lieu-dit les chandeliers, face aux collines de dunes roses, courbes du désert modelées par le vent. 

Les mirages étendent leurs lacs hallucinants avec tant de vraisemblance que les petits monts s’y reflètent. Un oiseau noir et blanc du nom de moula moula vient picorer quelques miettes.  Comme le remarque J. Diéterlen dans sa préface à « l’appel du Hoggar », » il ne fait pas de doute que ces étendues infinies où le rêve et l’aventure se confondent en poésie sont attirantes et inspiratrices au même degré que certaines solitudes de la montagne ». 

Proust a qualifié « d’instants d’éternité » ces moments où l’homme parvient à « fixer le temps que rien ne fixe ». Hâtons-nous à l’ère où d’une décennie à l’autre le Sahara passe du signe du chameau et des grands nomades à celui de l’avion et du pétrole, de retrouver l’image d’une terre d’ancienne civilisation où le temps et l’espace gardent leur profonde unité. 

Algérie – Tassili n’Ajjer (13) la sébiba

Posté : 29 mars, 2008 @ 8:15 dans ALGERIE TASSILI | 5 commentaires »

la sebiba danseur brandissant la takouba

La Sebiba est une fête touarègue qui a lieu en début de chaque année à Djanet, selon le compte lunaire des saisons. Elle prend ses racines dans une page d’histoire très ancienne qui avait permis à deux tribus  de sceller un pacte de paix.

 

Féerie de musiques, de couleurs, beauté des costumes et bijoux dont les femmes se parent , la Sebiba est un moment inoubliable qui dure plusieurs jours et réunit l’ensemble des habitants du Tassili n’Ajjer. 

Les hommes se jaugent et se provoquent, brandissant leur épée, comme dans un vrai combat. Les femmes chantent aux rythmes des tambourins, chants entrecoupés de youyous, comme pour galvaniser leurs guerriers dont les pas soulèvent des nuages de sable.

 

Algérie – Tassili n’Ajjer (12) des cyprès venant de si loin

Posté : 26 mars, 2008 @ 8:01 dans ALGERIE TASSILI | 3 commentaires »

abri sanctuaire de Tan Zoumaitak touareg près des zéribas

Le dernier jour est consacré à une promenade dans l’oued Tamrit parmi les oliviers sauvages, de vertes plantes grasses et les fameux cyprès de trente ou quarante mètres de hauteur où il faut cinq hommes pour en faire le tour. Il y a environ cent cinquante cyprès disséminés dans les oueds du Tassili, restes d’une vraie forêt dans cette forêt de pierres brûlées, flore résiduelle de l’époque humide datant de quatre ou cinq mille ans, époque où le Sahara était verdoyant et jouissait d’un climat méditerranéen. 

 Nous n’en croyons pas nos yeux en découvrant l’abri sanctuaire de Tan Zoumaitak, un véritable Lascaux miniature saharien avec une multitude de figures et d’animaux étranges : des silhouettes évoquant une danse à moins que ce ne soit du ski nautique, de grands personnages parés de l’époque archaïque avec des superpositions de mouflons peints en blanc d’un autre âge, un hippopotame et même une méduse. 

Nous terminons l’après midi au camp en compagnie de nos guides touareg devenus nos amis. Nous avons pu au cours de ces derniers jours apprécier leurs qualités. Ils sont francs, gais, généreux, aimables et dévoués. Ils sont très jeunes, un peu efféminés et se disent tous les fils de Djébrine !  Plusieurs fois par jour, ils s’écartent de nous de quelques mètres, se tournent vers l’orient et s’allongent face contre le sable pour la prière.

 

Algérie – Tassili n’Ajjer (11) à dos de chameau dans le désert

Posté : 23 mars, 2008 @ 9:09 dans ALGERIE TASSILI | 3 commentaires »

nos guides avec les chameaux

  

 Je choisis le méhari blanc du chef. Il porte sur son flanc droit la manassa, plat en cuivre ciselé. C’est lui qui a le plus d’allure avec son air dédaigneux, ses trois verrues sur le nez et son beau tapis rouge sur le dos. Le plus difficile est de se maintenir en selle quand il se relève. Je me cramponne ferme à la rahla et aux poils touffus de la bosse, essayant de garder en vain le contact de mes pieds nus avec l’encolure. Le rythme berceur ne m’empêche pas de regarder avec inquiétude le sol hérissé de cailloux deux mètres plus bas. Quelquefois le chemin est escarpé, les larges soles élastiques hésitent à se poser . 

Le chameau de par sa constitution peut résister à la soif pendant plusieurs jour, mais après une période d’abstinence peut absorber jusqu’à plus de cent litres d’eau à la fois. Il n’est pas rare pour une caravane de sacrifier cet animal pour boire l’eau contenue dans sa panse quand les réserves sont épuisées et, détail horrible, quand on prévoit ce cas, on lui coupe la langue pour empêcher que la nourriture qu’il pourrait absorber ne souille cette eau  

Nous partons à la guelta faire un brin de toilette avec précautions car il ne faut pas polluer l’eau . Au retour nous vivons un moment de panique, car à dix minutes seulement du camp, nous ne retrouvons plus le chemin, tous les rochers se ressemblant avec la nuit qui tombe en moins d’un quart d’heure. 

Ce soir les touareg nous invitent autour de leur feu et nous distribuent par trois fois de minuscules verres emplis de thé à la menthe de plus en plus fort, de plus en plus sucré avec tout le sérieux des pratiques rituelles à cette cérémonie. 

Nous assistons à la préparation de la kessera, cette galette de blé ou de mil cuite à même le sable sous des cendres chaudes qui, accompagnée de sauce pimentée, sert de nourriture. Elle a environ vingt-cinq centimètres de diamètre, c’est pour neuf personnes Pas étonnant que leurs corps bruns et musclés n’aient pas un gramme de graisse. Ils nous l’offrent si gentiment que nous ne pouvons refuser. L’un de nous prend un grand couteau et fait semblant, pour plaisanter, de leur couper la gorge. Ils rient comme des enfants. Il y a cinquante ans, il n’aurait pas fallu se permettre pareille fantaisie ! 

 Un targui vit trois jours avec une datte, dit-on : le premier il la contemple, le second il mange la chair et le troisième il suce le noyau ! 

Nous vivons notre dernière nuit sur le plateau. Les découpes noires et familières des rochers sur le ciel orange ne sont déjà plus qu’un souvenir. Dernier lever de soleil.  

Continuant notre marche nous arrivons devant une faille profonde, le grand canyon du Tamrit, la plus grande cataracte du Sahara, six cents mètres de chute verticale. Nous prenons un malin plaisir à précipiter de gros blocs de rocher pour effrayer Djébrine. 

Nous chargeons une dernière fois les petits ânes et trouvons fort longue la descente des akbas et détestables les pierres qui roulent sous nos pas. 

 

Tassili n’Ajjer (10) les romains à la poursuite des garamantes auraient atteint le niger il y a deux mille ans

Posté : 20 mars, 2008 @ 8:57 dans ALGERIE TASSILI | 5 commentaires »

splendeur de l'arche  Djébrine

Le matin, nous reprenons notre vie de nomades. A Tin Tazarift, la féerie de la nature dépasse en richesse toute l’architecture humaine. Le vent soulevant des grains de quartz creuse la roche. Les différences de température entre le jour et la nuit, parfois de trente-cinq degrés, la font éclater. Partout des pierres dressées implorant le ciel de leurs bras déchiquetés et d’étranges clairières tapissées de sable blond. 

 Mais voici qu’une porte s’ouvre vers le soleil. Splendeur de l’arche née du vent, arcs de triomphe créés par la nature, décor colossal et fantastique que nous ne nous lassons d’admirer. Nous nous exclamons à chaque pas, devant chaque nouvelle peinture, sur la pureté des lignes et la richesse du mouvement Outre les bovidiens, nous voyons un cheval tracé dans de justes perspectives, une main négative et appartenant à la période dite des têtes rondes évoluées, un archer et un … nageur 

Le cheval existait au Sahara avant l’ère du chameau. On a même trouvé des peintures représentant des chars tirés par des chevaux « au galop volant » tout au long d’une voie antique allant de la méditerranée au Niger et l’on a supposé d’après de vieux textes d’Hérodote, que les romains à  la poursuite des garamantes avaient atteint le Niger il y a deux mille ans. 

Au loin s’étend à l’infini le désert de Libye. La ville de Ghat n’est qu’à deux jours de marche. Le soleil fait des tâches d’or et notre vieux Djébrine ressemble à l’ermite des sables. Des cercles de pierres sur le sol représentent des tombes préislamiques 

Vers Tin Abotéka, le paysage devient d’une sauvage beauté. Les dunes montent à l’assaut du plateau gréseux. Le décor semble taillé dans l’or patiné d’un temple d’Angkor embrasé. Djébrine trouve des asperges dans le sable. Nous faisons un peu d’escalade par pur plaisir sur les rochers alentour, avant de nous livrer à un sport encore plus divertissant, celui de monter sur le dos d’un chameau. 

Tassili n’Ajjer (9) un martien sur les murs de Séfar

Posté : 17 mars, 2008 @ 8:58 dans ALGERIE TASSILI | 4 commentaires »

coucher de soleil sur séfar     grand dieu aux orantes

Nous arrivons à Séfar pour le déjeuner. Les chameaux s’éparpillent à la recherche d’une maigre pâture. Un targui casse du bois comme aux temps anciens avec une grosse pierre. Djébrine, assis dans une posture de vieux patriarche examine attentivement le livre de Lhote qu’une voyageuse a apporté. Il est extrêmement fier de s’y voir en photo et, entouré de touareg agenouillés près de lui, il discute ferme les endroits des nombreux sites représentés. 

Comme nous retirons une épine du pied d’un des nôtres et que l’opération délicate dure, nos guides viennent prendre leur tour pour se faire soigner soit un orteil infecté, soit une piqûre enflammée et jamais distribution de mercurochrome sur des jambes brunes n’a produit autant de sourires épanouis.

Séfar est un tel chaos de rochers qu’on croirait voir une véritable ville avec ses labyrinthes de rues et ses monuments. Sur les murs aux étranges déchirures de ciel bleu de nombreuses scènes d’une grande diversité sont représentées : pasteurs conduisant leurs bœufs pour l’éternité, minuscules archers en position de tir, rare chien domestiqué, négresse masquée et petites femmes aux multiples scarifications, barque semblable à certaines barques d’Egypte prouvant assurément l’existence de l’eau autrefois, antilope blanche et personnages luttant de style archaïque, diablotins incompréhensibles sortis d’on ne sait quelle antre, caricature aux rouflaquettes en minijupe et cheveux longs d’une provenance bien mystérieuse, sans parler du french cancan d’autrefois et surtout du « martien » ! En effet, un surplomb abrite la fresque dite du « grand Dieu aux orantes » figure haute de six mètres ressemblant à un être vêtu d’un scaphandre d’espace. C’est en se basant sur des représentations de ce genre que des esprits imaginatifs tendent à supposer le passage sur terre, à une certaine époque, d’astronautes venus d’autres planètes et qui auraient été considérés comme des dieux.. 

De lumineux bouquets émaillent d’une touche jaune les creux de rochers. Une mosquée targui des plus sobres est dessinée sur le sol, simple quadrilatère de cailloux. Nous étanchons notre soif à la guelta de Séfar malgré des moues réprobatrices à tort de certains. L’eau est verte, immobile, prisonnière d’une vasque rocheuse cernée de lauriers roses. Nous choisissons ce lieu pour y bivouaquer ce soir dans l’espoir secret d’y rencontrer quelque animal venant s’y désaltérer , mais rien ne viendra troubler notre sommeil. 

Réunis autour du feu, nous prenons conscience à la lumière orangée des flammes que nous en sommes à la période décadente des nez rouges ! Nous écoutons la simple histoire de ces hommes inséparables de leurs chameaux qui marchent une vie entière dans le désert transportant inlassablement des charges de sel qu’ils troquent contre du mil et des dattes. Nous méditons longuement puis chacun s’éloigne où bon gré lui semble, creusant son trou dans le sable, avant de s’endormir dans la paix d’une nuit saharienne. 

Tassili n’Ajjer (8) de prodigieuses peintures rupestres

Posté : 14 mars, 2008 @ 9:03 dans ALGERIE TASSILI | 4 commentaires »

ruelles de Sefar  peintures rupestres

silex et pointes de flêches

Au petit matin frissonnant nous découvrons avec joie les chameaux arrivés près de notre camp grâce à un long détour par un col plus facile que celui de Tafelalet. Ils vont transporter tout notre matériel pour deux jours. En effet, nous partons pour Séfar, un haut lieu de la préhistoire Parmi les rocs éboulés, les abris, sous les roches en surplomb, ce ne sont que grottes à peintures, vestiges d’une ancienne civilisation et nous nous apprêtons religieusement à déchiffrer les messages du passé. A leur pied nous découvrons tout un artisanat préhistorique, broyeurs, percuteurs, nucléus, pointes de flèches et même une meule qui pèse au moins cinquante kilos.

  Notre caravane bruissante s’étire derrière Djébrine qui ne permet pas qu’on le dépasse et menace de son bâton ceux qui oseraient commettre un tel sacrilège. 

Nous longeons le fond d’un canyon encore dans l’ombre, défilé inquiétant évoquant le terrible coupe-gorge où furent massacrés les membres de la mission Flatters. De hautes colonne de quatre-vingts à cent mètres de haut font penser aux ruines d’une cité médiévale avec ses donjons, ses flèches d’églises, ses porches de cathédrales. Le soleil surgit au-dessus de l’horizon et dessine sur le sable des ombres d’un bleu transparent. Le vent chante dans les cannelures d’étranges orgues de pierre et agite les touffes vert tendre du drinn. Nous flânons merveilleusement contournant de gros bouquets d’herbes piquantes aux délicates fleurs violettes au nom savant d’artémisia judaïca et que je nomme l’herbe à chameaux, suçant un brin de fenouil sauvage ou humant certaines plantes odoriférantes. Il suffirait d’un peu de pluie pour que des milliers de fleurs surgissent en l’espace de quelques heures, miracle de la vie dans le désert. 

 

A In Itina, nous découvrons les premières peintures, des chameaux peints en ocre rouge et des tifinaghs, peintures de facture presque récente, puisque le chameau a été introduit par les arabes au début de l’assèchement du Sahara. Sans parler d’une époque très lointaine où le Sahara était peut-être recouvert par les eaux de la mer, le désert ne fut pas toujours tel que nous le connaissons. Il fut un temps où des arbres de belle venue étendaient leurs ombres sur un pays peuplé de races diverses et hanté par des animaux de grande taille. Le sol saharien se prête mal à la conservation des fossiles et nous ignorerions à peu près tout de ces populations et de cette faune aujourd’hui disparues sans les peintures et gravures rupestres.

  

Tassili n’Ajjer (7) un col où les chameaux trépassent

Posté : 11 mars, 2008 @ 9:37 dans ALGERIE TASSILI | 6 commentaires »

Djébrine  au pied de l'akba

                 Le vieux Djébrine                                                            Au pied de l’akba

Nous changeons de décor et partons à l’aube pour une randonnée de plusieurs jours à travers le désert de pierres du Tassili. Une piste difficile nous mène jusqu’au pied de la première akba. Nous manquons nous ensabler de nombreuses fois et devons pousser le véhicule lourdement chargé lorsque la côte est trop dure. A partir de cet endroit, il faut monter à pied car se dresse devant nous une barrière de sept cents mètres de hauteur qu’il va nous falloir franchir. 

Le col de Tafelalet est réputé comme le plus dur raidillon du Tassili à tel point que les chameaux crèvent en route et la preuve en est que nous y avons rencontré quelques ossements  Deux jeunes touareg arriment solidement les bagages sur le dos de petits ânes qui attendent entravés le départ. Nous les précédons sur le sentier rocailleux qui grimpe allègrement vers les rochers dolomitiques. N’est-ce point là-haut le domaine des djénouns, ces esprits malins qui hantent les lieux désolés ? Entre la deuxième et la troisième akba, nous marchons vers un mur impressionnant dans une ombre violette, alors que les cimes teintes en rouge au pinceau du soleil éclatent de luminosité.

   Le passage devient plus escarpé, plus resserré, plus vertigineux et le groupe insolite que nous formons offre un spectacle pittoresque car si certains sont décontractés, d’autres le sont beaucoup moins fermant les yeux pour ne pas voir le vide. 

Nous atteignons enfin le haut du plateau et parcourons une interminable étendue plate recouverte de cailloux noirs, le reg, avant de découvrir au loin une forêt de colonnes et de petites tentes blanches auprès, oh surprise, d’un cyprès millénaire.

 

Au camp de Tamrit, à mille sept cents mètres d’altitude, le vieux Djébrine âgé de près de quatre-vingts ans nous salue amicalement en inclinant son corps de deux mètres de haut et touchant le bout de nos doigts en disant « labès ». Il a la peau blanche, le poil roux, l’œil d’un vieux renard, la réputation d’avoir été dans son jeune temps le plus grand coureur de jupons du Tassili. C’est un marcheur infatigable connaissant par cœur tous les recoins de son pays ayant servi de guide à toutes les expéditions. 

Sur des centaines de kilomètres carrés le plateau de Tamrit n’est qu’un vaste chaos d’aiguilles qui plantent leurs pointes au vif de la chair du ciel. Un monde minéral est là, sculpté par on ne sait quelle main délirante. Tapie dans l’ombre des grands rochers fauves, une guelta reflète le ciel bleu et l’ocre des pierres. La roche patinée par des siècles de soleil prend la couleur de l’or à cette heure crépusculaire. 

Une pauvre chèvre broutait un matin derrière notre zériba, elle fut décapitée un soir, liée par les pattes sur le dos de l’âne, boucanée trois jours durant par le soleil et enfin dégustée dans une chorba bien relevée. 

Nous terminons les soirées serrés frileusement autour d’un feu de camp sous la voûte céleste. Le bois de cyprès pétille en s’enflammant. L’heure embaume. C’est l’heure des poésies dans l’envoûtement mystique du désert. 

Tassili n’Ajjer (6) du blé grâce à l’eau tombée sous Charlemagne

Posté : 8 mars, 2008 @ 3:46 dans ALGERIE TASSILI | 5 commentaires »

noria

Les cris des ânes et des chèvres se mêlent à la plainte des norias . Par ce système archaïque, l’eau est tirée du puits à l’aide de zébus actionnant une poulie en bois . Il faut environ douze cents ans pour que la nappe d’eau se renouvelle et l’eau bue de nos jours viendrait donc des pluies tombées sous Charlemagne ! Elle irrigue les jardins et grâce à elle, petits pois, tomates, radis, épis de blé poussent miraculeusement dans le sable du désert Ces cultures exigent un gros travail de la part des jardiniers, le soleil incite à la paresse et ce dernier limitera sa production à ses besoins les plus modestes sans chercher à l’augmenter.  

L’oued Edjériou coule généreusement au milieu de la palmeraie, s’étale en petits lacs recouverts de verdure et de roseaux dignes des tableaux de Gauguin ou du Douanier Rousseau, où se mirent palmiers, murs blancs, rochers, falaises, gandouras bleues jaunes ou violettes dans le coassement incessant des grenouilles. 

« EAU, tu n’as ni goût, ni couleur, ni arôme. 

On ne peut pas te définir. On te goûte sans te connaître. 

Tu n’es pas nécessaire à la vie. 

Tu es la VIE. »    a dit  Saint Exupery. 

« Cette eau, le Petit Prince la boit les yeux fermés. C’était doux comme une fête, cette eau. C’était bien autre chose qu’un aliment. Elle était bonne pour le cœur. » 

Notre restaurant auprès de Fort Charlet est construit sur la hauteur et nous dominons la palmeraie et nos zéribas de près de cinquante mètres. Nous allons devoir marcher longuement sur le plateau tassilien et la montée du raide escalier pour se rendre au restaurant trois fois par jour va nous servir de sérieux entraînement !

Tassili n’Ajjer (5) le palmier roi des jardins

Posté : 6 mars, 2008 @ 2:37 dans ALGERIE TASSILI | 1 commentaire »

la palmeraie

     paysage serein

 La pyramide hiératique, imposante du Tin Beur domine la palmeraie, immuable et changeante beauté, immuable  dans ses formes et changeante par le jeu de la lumière.

C’est ahurissant le nombre d’utilisations du palmier, cet arbre qui fournit des dattes dont on écrase les noyaux pour les animaux, sa sève breuvage enivrant, sa bourre qui devient corde, ses palmes coupées qui servent de combustible, de toitures, de haies ou pour nous de chasse-mouches. Le tronc est utilisé en tant que bois, ses épines comme épingles et ses feuilles pour la confection de pièces de vannerie

La chaleur est accablante et nous nous jetons à l’ombre fraîche d’un arbre. Des guerbas, outres en peau de bouc, y sont suspendues et contiennent l’eau récoltée dans une guelta, de la délicieuse eau aux crottes de chameaux, aux poils de chèvre, au sable, aux herbes, aux larves de coléoptères et autres bestioles diverses. Mais quand la soif vous tenaille on passe au-dessus tous ces petits inconvénients auxquels il faut ajouter un fort goût de chèvre et de beurre rance !

. Un groupe de trois femmes avancent majestueusement une corbeille sur la tête dans l’or du soleil couchant. Elles rient de nous découvrir cachés derrière une haie de palmes sèches

 

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