Les voyages de Danae au Sahara, en Asie et ailleurs

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Archive pour la catégorie 'SRI LANKA'

Bain de foule au temple de Kelaneliya

Posté : 30 juin, 2008 @ 7:02 dans SRI LANKA | 6 commentaires »

danseurs de Kandy       éléphant caparaçonné

 

La fête du Perehara a lieu cette nuit au temple de Kelaneliya, à huit kilomètres de Colombo, pour la pleine lune du mois de janvier. Je me joins à deux jeunes gens qui s’y rendent également.

 La foule est dense, peut-être cent mille personnes. Nous nous installons, assis par terre, dans les tout premiers rangs, face au couloir où doit passer le défilé. Les gens s’agglutinent et l’emplacement où je suis assise (le passeport sur mon ventre, me coinçant l’estomac) se rétrécit au point de devenir un petit carré de quarante centimètres de côté. Plus loin derrière, les gens sont debout. Il fait très chaud. Des infirmiers distribuent de l’eau ou emmènent sur des brancards des personnes se trouvant mal.. Le défilé tarde. Je regrette d’être venue. Je voudrais partir, c’est impossible. Des policiers font une barrière serrée à l’avant et grâce à eux j’arrive au premier rang, où je peux enfin étendre mes jambes, à deux mètres des éléphants qui passent avec leurs grosses pattes enchaînées certes, mais …

Ah, c’est splendide et fantastique ! Le plus bel éléphant aux longues défenses d’ivoire recouvertes d’argent, le nez et les oreilles illuminés par des petites ampoules éclairées (le groupe électrogène suivant derrière sur une brouette) portant la chasse contenant la relique du Bouddha, s’avance sur un tapis que l’on déroule devant ses pas. Soixante quinze éléphants caparaçonnés portant d’illustres personnages, les fouets qui claquent , les danseurs de Kandy aux coiffures de cuivre ou masqués, au son des tambourins, les jongleurs de feu, les torches qui flambent, dont je reçois les étincelles. Tout cela est hallucinant et irréel. Les gens qui poussent pour mieux voir sont maintenus avec peine par les policiers qui ont sorti leurs ceinturons et frappent sans discernement pour essayer de contenir ceux qui, dans leur folie mystique et délirante, vous piétineraient si par malheur vous tombiez à terre.

Je crève de chaud, j’ai soif, j’ai peur, j’ai sommeil. Je n’en peux plus, il est trois heures du matin.

La foule se disloque enfin et je suis perdue sans pouvoir trouver une sortie. Toutes les issues sont bloquées par des milliers de gens. J’arrive enfin à un parking d’où quelques voitures ont l’air de démarrer. J’avise des français que je supplie (en anglais) de bien vouloir m’emmener d’un air si affolé qu’ils ont enfin pitié. Après une heure, bloqués dans la voiture fermée où l’on étouffe (dès que la vitre est ouverte, des dizaines de bras s’y enfilent) poussés, tirés, chahutés, nous arrivons à nous échapper sans écraser personne, ce qui fut un véritable exploit.

Promenades et jours heureux

Posté : 2 février, 2008 @ 9:30 dans SRI LANKA | 5 commentaires »

Bouddha serein 

   Puis ma famille organise une petite sortie collective pour visiter un temple bouddhiste sur une île, en remontant une rivière sur un catamaran (c’est moi qui paye naturellement, mais ils sont si contents). Nous arrivons à l’île, colline couverte d’une végétation luxuriante, chauves souris, oiseaux chanteurs dans les arbres, iguane. Nous nous inclinons presque jusqu’à terre devant un moine. Il nous fait pénétrer à sa suite dans le temple. Le tabernacle est fermé par une énorme clé qui sonne comme une horloge quand on ouvre la porte. Galerie de personnages de la vie de Bouddha dignes du Musée Grévin. Ma famille est toute en joie de jouer au touriste. Nous achetons des ananas pour le retour. 

Au moment des couchers de soleil, je vais voir les pêcheurs sur échasses qui se tiennent des heures durant sur des piquets plantés à quelques mètres du rivage (comme un oiseau sur sa branche) pour pêcher à la ligne de minuscules poissons.

Le mari me raconte qu’il a déjà marché quatre fois sur le feu sans jamais se brûler, en pensant qu’il marchait sur de l’eau fraîche. Il prie et croit fermement que les dieux lui ont donné ce pouvoir. Sa femme ne semble pas aussi enthousiaste pour l’imiter. J’appris par la suite qu’un touriste s’y étant risqué, s’était retrouvé à l’hôpital !

Et puis le jour est venu où j’ai dû les quitter. Ils m’ont sauté au cou (même le chien qui m’a fait la fête) et accompagnée jusqu’au bus en me remettant un petit paquet de bananes pour la route.

Je me demande à ce jour ce qu’ils sont devenus et s’ils ont été touchés par le tsunami ?

Adoptée par la famille

Posté : 31 janvier, 2008 @ 5:30 dans SRI LANKA | 1 commentaire »

jeux sur la plage

  J’ai passé une soirée délicieuse, entourée par les enfants des alentours. On a chanté Frère Jacques, on a fait un concours de châteaux de sable (transposé pour eux en dagobas de sable) et ils y ont mis toute leur ardeur. J’ai ramassé sur la plage des opercules de coquillages nommés ici yeux de Shiva. J’ai offert ma bouteille d’alcool d’arak et ils ont tout bu (les parents). Je dois photographier toute la famille. J’ai acheté un chapeau de paille que tressait une petite voisine. Je dors en paix. Le matin, les pêcheurs ramènent les filets jusque devant ma fenêtre. Un voisin a attrapé une tortue.

Quand je vais me baigner, la jeune femme me rince à l’eau douce cherchée au puits avec une cruche qu’elle me balance sur la tête. Puis on va laver mon linge au puits en le battant. Je prends le bus avec elle pour aller voir sa famille et boire plein de tasses de thé. 

 Au petit-déjeuner, j’ai deux œufs, toasts et confiture et le soir tortue, riz et choux, sauce noix de coco, bananes. Par économie,  je ne mange plus qu’une fois par jour. Elle fait la cuisine dans une petite case, accroupie par terre, devant le foyer entre trois pierres. J’assiste à la confection de strug hoppers. Recette : mélanger farine avec eau bouillante et sel. Passer au travers d’un tamis pressoir à trous très fins. Résultat de longs spaghettis qu’on pose sur des paniers tressés superposés et mis à cuire à la vapeur au-dessus d’une casserole d’eau..

Sur une plage au Sri Lanka

Posté : 30 janvier, 2008 @ 5:12 dans SRI LANKA | 1 commentaire »

pêcheurs remontant les filets

Je débarque du bus à Hikkaduwa, village balnéaire sur la côte ouest de Sri Lanka, pour l’heure du déjeuner. La rue est longue, mon sac lourd, le soleil chaud.

Deux fillettes viennent à ma rencontre et me proposent de me mener à leur grand-mère qui pourrait me louer une maison. Je les suis jusqu’à l’intérieur du village très éloigné, par des rues à l’ombre heureusement. La maison est un peu trop grande pour moi seule mais ce n’est pas cher . Je paye d’avance deux nuits et pénètre un peu plus profondément dans l’intérieur sombre.

 Mes yeux s’habituent à l’obscurité et je découvre des crottes de rats partout sur le sol. Je vois aussi de gentilles petites bêtes courir sur le matelas. Je vais jusqu’aux toilettes, enjambant la végétation du jardin broussailleux et recule devant une énorme araignée qui y trône sans compter les innocents lézards sur les murs. Bref, pourquoi me plaindre, moi qui suis seule, d’avoir tant de compagnie   Je pose mon sac et libre de tous bagages, je pars explorer la plage en essayant de ne pas penser à la jolie nuit qui m’attend parce que j’ai toujours eu très peur des rats, il paraît qu’ils peuvent vous manger le bout du nez tout en vous anesthésiant et qu’on ne sente rien ! 

Je m’assieds sur le joli sable d’or pour me reposer et une jeune femme, qui exécute une fine dentelle au crochet, m’invite à venir boire du thé dans sa maison. Elle a un mari, un petit garçon de cinq ans, un chien et un bébé chat. La fenêtre de la maisonnette ouvre devant la plage sur trois cocotiers. La mer est à vingt mètres. Il y a un joli lit bien propre avec une moustiquaire, des petits coins creusés dans le sable dans une hutte à côté, une paillote pour s’abriter du soleil, la baignade à deux pas, enfin le paradis où je choisis de rester pour trois francs par nuit !

Dans l’enfer de la jungle cinghalaise

Posté : 29 janvier, 2008 @ 9:22 dans SRI LANKA | 3 commentaires »

Depuis notre départ, nous marcherons onze heures sans rien manger, dans une atmosphère moite, avec la peur au ventre. Il faut pourtant continuer d’avancer, presser le pas malgré notre fatigue, trouver absolument un village avant la nuit. J’imagine avoir une sangsue entre chaque doigt de pieds, je sens des fourmillements, mais je n’ai plus le temps de m’arrêter. J’espère bien ne pas passer la nuit là. Même pas un seul bois sec pour allumer un feu pour se réchauffer et éloigner les bêtes sauvages, mais au fait avons-nous seulement une allumette ? Les collines succèdent aux collines. L’espoir d’une vallée apparaît très lointaine.

Nous rencontrons enfin âme qui vive en la personne de terrassiers qui creusent la rivière pour y trouver des pierres précieuses mais ne pouvons échanger de paroles et leur présence finalement est plus inquiétante que rassurante. Nous stoppons à une maisonnette où nous demandons à manger à un petit Mowgli vêtu d’un pagne, qui nous apporte seulement de l’eau. Son père, rencontré plus loin, est bûcheron.

Nous arrivons épuisés sur une piste pour apprendre que Ratnapura est encore à 15 kilomètres. Une jeep qui passe nous prend en pitié. Nous logeons chez le chef de gare de Ratnapura, dans une maison cossue. Je me réveille au milieu de la nuit par un contact doucereux, poilu, velu sous ma main et je fais un bond d’au moins un mètre croyant toucher une énorme araignée. Lumière allumée, il s’agit d’un innocent bébé chat.

Nous venons de traverser à pied une réserve d’animaux sauvages, et  les rares touristes qui empruntent ce parcours ont souvent été attaqués par des brigands  ! 

L’ascension du Pic d’Adam

Posté : 27 janvier, 2008 @ 10:43 dans SRI LANKA | 6 commentaires »

Pic d'Adam 

  Au sommet de ce pic, le plus haut de Ceylan, à 2450 mètres d’altitude, se trouve une roche dans laquelle est gravée une empreinte de pied mystérieuse. Bouddhistes, hindouistes et chrétiens s’en disputent l’appartenance, les premiers considèrent qu’il s’agit du « sri pada » du Bouddha, les seconds sont partagés entre les traces de Vishnou ou celles de Shiva et les troisièmes y voient le pied d’Adam chassé du paradis terrestre.

Les pèlerins de toutes croyances se réunissent au pied du pic pour en gravir l’énorme escalier qui conduit à son sommet.  

Au petit jour, avec mon vieil ami à nouveau rencontré, nous gravissons la rude pente de 800 mètres dans le froid et le brouillard. Le vent souffle fort là haut. Dans une minuscule baraque nous buvons un thé chaud. Nous décidons qu’il serait plus intéressant de descendre du sommet par l’autre versant jusqu’à Ratnapura, la ville des pierres précieuses.

Et nous voilà partis imprudemment. Nous ne pouvons nous tromper, il n’y a qu’à suivre une ancienne ligne électrique, le chemin n’existant plus depuis belle lurette, envahi par une végétation exubérante et des roches rendues glissantes par la pluie qui tombe à certains moments.

L’endroit est bien sauvage. Des singes se balancent d’arbre en arbre. Je m’attends à rencontrer un éléphant barrissant, un jaguar, un python de trois mètres ou un cobra ! En marchant dans ces hautes herbes sans voir où l’on met les pieds, je me demande si celles-ci ne cachent pas des serpents. Je fais beaucoup de bruit pour les écarter. Je ne vois que des papillons, des fleurs sauvages et avec beaucoup d’effroi trois sangsues qui ont l’audace de s’accrocher à mes chevilles .

 

 

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