Les voyages de Danae au Sahara, en Asie et ailleurs

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Archive pour la catégorie 'JAPON'

Japon (10/17) Fushimi Inari Schrine et le festival du feu à Kamura

Posté : 9 avril, 2009 @ 7:13 dans JAPON | 4 commentaires »

toris rouges

Avec des amies, nous allons au Fushimi Inari Schrine ou Sanctuaire du Renard (immortalisé par Malraux) où un sentier jalonné de toris rouges parcourt toute la montagne sur quatre kilomètres. Très curieuses ces statues de renards à tous les autels, quelquefois habillés de bavoirs et aussi d’un imperméable (nettement plus utile) et l’attitude des pèlerins qui frappent des mains pour attirer leur bénédiction.

Bien au calme ce matin, j’aide Madame Tani à laver des tasses à thé et elle m’offre une place pour le festival Kyoto Jidai Matsuri de demain. Après-midi dans les jardins zen du Daisen In, avec des rocs, des monticules de sable et du gros sable blanc ratissé. Les lattes du plancher font le son du rossignol.

petites torches portées par les enfants


Nous sommes trois personnes du guest house à nous rendre à Kamura pour la fête de nuit, le festival du feu . Nous nous faufilons dans la foule pour gagner les premiers rangs. Le défilé commence par de jeunes enfants, bandeau autour du front, qui portent fièrement de petites torches enflammées. Il fait très froid et nous gelons sur place. Puis le défilé grandit en nombre et en grosseur de torches si lourdes qu’il faut quatre hommes bien bâtis pour les soulever. La lueur des flammes habille leurs corps d’athlètes presque nus. Les torches flambent et crépitent envoyant des gerbes d’étincelles. La frénésie gagne la foule. Les torches toutes dressées en haut d’un escalier semblent embraser le ciel et la montagne comme un immense incendie. Ca réchauffe autant les cœurs que les corps (les pompiers sont là et veillent). Un temple porté par des hommes descend les marches sous les cris de piété. Il est temps de rentrer par train et bus.

festival du feu à Kamura

Japon (9/17) Kyoto ses temples et ses jardins

Posté : 6 avril, 2009 @ 7:15 dans JAPON | 6 commentaires »

 

statues de Kannon dans le temple Sanjusan Gendo

Visite des temples : Sanjusan Gendo avec les 1001 statues de Kannon (je ne les ai pas comptées), superbe. Kiyomizu bâti sur des poutres au-dessus d’un ravin, Daitokiyi auprès de Tani Guest House , Pavillon d’or magnifique avec son reflet dans la mare et ses îlots couverts de pins, le fameux Ryoanji, jardin de rocs et de mousses entourés de sable ratissé chaque matin au peigne fin et pour finir Nijo Castle et les beaux jardins pour la méditation au Manshinn Temple, Pavillon d’argent et chemin de la philosophie , tout un programme.

Japon où le meilleur et le pire se côtoient, pays où selon l’antique philosophie « WA », l’homme réalise sa haute destinée, dans la mesure ou il cumule la connaissance, le courage et l’émotivité; c’est pourquoi le samouraï était le modèle nippon, étant expert dans les techniques militaires et martiales, « Courageux comme un ours », tandis que « les larmes lui montaient aux yeux lorsqu’il passait sous les cerisiers en fleurs » (Prof Joseph BASILE). (citation recueillie par mon ami Alain)

Temple Kiyomizu

Il nous faut faire des économies car la vie est très chère. On a vu qu’on pouvait un peu tricher par exemple pour les visites des temples à Kyoto car il y en a des dizaines (300 yens la visite) en entrant par la sortie ou bien avec un groupe ! Être venues de si loin sans les voir serait impardonnable et j’espère être pardonnée. 
Par contre, là je vous avoue avoir très honte de ce que je vais vous conter. Pour éviter de payer le bus, j’avais sorti un gros billet  mais je n’avais pas prévu que c’était le terminus . Aussi le conducteur a voulu me mener à sa petite cabane pour me rendre la monnaie, c’est alors que je me suis enfuie et que je suis entrée dans la première porte venue. Je me suis trouvée à l’intérieur de la gare, sans billet pour en ressortir ! J’espère vous avoir amusés de mes  horribles forfaitures  …

le pavillon d'or

Dans une petite rue près de l’hôtel, j’achète du poisson frit et je m’assois sur les marches d’une maison pour le déguster. La femme habitant là rentre justement chez elle et quelle n’est pas ma surprise quand elle m’apporte quelques minutes plus tard un plateau avec une tasse de thé. La pluie tombe toujours comme au premier jour.

le Ryoanji

Japon (8/17) au ryokan à Kyoto

Posté : 3 avril, 2009 @ 7:31 dans JAPON | 8 commentaires »

au ryokan

Le 13 octobre 1980, j’arrive à la gare de Kyoto. Je m’installe au Tani Guest House, un ryokan (maison de style japonais) pour 1000 yens, c’est chouette. Au programme, bain chaud, coucher sur tatamis, bouteille thermos de thé à volonté, plein d’étrangers sympa et la patronne très gentille mais triste car souvent abandonnée par son mari qui sort souvent le soir sans elle !

belle japonaise

Les hommes, absents déjà dans la journée pour leur travail, se retrouvent pour la soirée entre eux devant un verre de saké et les pauvres femmes restent à la maison, c’est très courant. Ils ne prennent jamais de vacances ou seulement une semaine par an. Quand ils se promènent, c’est souvent en groupe derrière quelqu’un qui porte un drapeau. Les enfants ont tant de travail à l’école (n’oubliez pas qu’ils doivent ingurgiter entre autre tous les idéogrammes) et on leur demande tant que beaucoup finissent par se suicider. Je ne les envie pas et je comprends que certains retournent à leurs traditions pour essayer de retrouver l’harmonie.

Découverte de Kyoto sous une pluie torrentielle sans répit de toute la journée au point que j’ai dû acheter un parapluie, ces derniers en vente à chaque coin de rue. J’ai le pantalon et les pieds trempés.

le stop

Japon (7/17) îles de Matsushima et Nikko

Posté : 31 mars, 2009 @ 8:14 dans JAPON | 6 commentaires »

îles de Matsushima 

Dans la journée je quitte ma charmante hôtesse pour visiter les îles de Matsushima sous le soleil. Le soir je lui ramène des gâteaux. Un souper extraordinaire m’attend : Sukiyaki (champignons, nouilles, viande, salade, poireaux à tremper une fois revenus dans une sauce soja et un œuf cru battu). Plein de bière, de saké, bonne ambiance très gaie. Le lendemain matin, le petit déjeuner est extraordinaire, œuf, jambon, toasts, tomate, concombre, chou cru, thé noir, café, thé vert. Cela n’en finit plus. Je n’ai plus envie de partir. Je me plais. Nous rions beaucoup surtout que je suis déguisée en japonaise avec un kimono, cadeau de mon hôtesse. Je la quitte à regret. Elle reste étonnée que je l’embrasse.

Je prends le train pour Sendaï, puis celui pour Nikko. Je dors dans le Youth Hostel. La vie y est comme à l’armée. Bain de 17 à 20 h, dîner à 19 h, extinction des lumières à 22 h. réveil en musique militaire à 7 h du matin, 7 h à 7 h 30 toilette, 7 h 30 breakfast et quel breakfast : poisson fumé, algue, sauce soja, œuf cru, bol de soupe et bol de thé.

lanternes de pierre

Je visite les temples superbes en dorures et sculptures dans un environnement de montagne, de lac et de cascades.. C’est un très bel ensemble religieux situé en pleine forêt de sapins, ce qui convient pafaitement pour un site dédié à la religion Shintoïste dont la philosophie se base sur le caractère sacré de la nature. Un rocher, un arbre, un animal, tout peut être dans la nature une divinité.

Retour en stop jusqu’au Youth Hostel et bain à la japonaise (furo) : se laver, s’étriller hors du bain, puis se délasser dans l’eau trop chaude à mon goût. Le bain normalement se prend en commun mais je suis seule … heureusement.

De Nikko à Tokyo en stop. Je trouve un énorme poids lourd qui va à Tokyo. J’ai du mal à atteindre le marchepied et suis très haut perchée assise dans la cabine. Les camions n’ont pas le droit de pénétrer à l’intérieur de la ville et le patron de l’entreprise de transport prête sa voiture particulière pour m’amener jusqu’à une station de métro.

Japon (6/17) une invitation inoubliable

Posté : 28 mars, 2009 @ 8:03 dans JAPON | 8 commentaires »

mon hôtesse

Je prends le bus de nuit pour Sendaï. Dans l’île de Fukura, je rencontre une femme qui m’invite dans son petit chez soi, small house, very small house. Elle ne parle pas un mot d’anglais et moi pas un de japonais (si, cinq mots très exactement, merci, bonjour, excusez-moi de vous déranger, plus une phrase écrite toute faite pour demander d’être logée chez l’habitant) alors il faut des ruses de sioux pour se comprendre. Elle m’emmène en taxi voir un temple.

La pièce de mon hôtesse mesure 2 m 50 sur 1 m 80 environ avec à côté une petite ajouture fermée par des cloisons coulissantes. C’est là que nous dormirons toutes les deux côte à côte sur des tatamis recouverts du futon déroulé au dernier moment. Plantons le décor : une perruche qu’on lâche quelques instants le soir et le matin et qui piaille au moment de réintégrer sa maison très petite aussi. Deux poissons rouges dans un bocal. Un cobra lutte avec une mangouste, tous les deux empaillés. Typique maison japonaise avec le plafond en bois et l’extincteur proche.

Les enfants de la dame lui rendent visite et nous pouvons échanger quelques informations. Elle est coréenne, son mari travaille en Arabie Saoudite. Elle ne sait que faire pour me faire plaisir et mon dîner sera constitué de poisson cru, riz, saucisson, fromage, baguette. Elle veut me prêter une chemise de nuit. Le lendemain elle voudrait laver mon linge. Elle envoie une voisine chercher du pain après s’être informée des petits déjeuners français. Thé, cakes, puis café, deux œufs sur le plat et toasts beurrés.

Japon (5) arts traditionnels : ikebana, calligraphie, cérémonie du thé

Posté : 22 mars, 2009 @ 9:10 dans JAPON | 6 commentaires »

Avec la coopération des sœurs, nous nous initions aux arts traditionnels japonais. nous participons à la leçon d’ikebana (arrangement floral) ainsi qu’à un cours de calligraphie japonaise. Notre tracé signifie « temple de la montagne à l’automne » C’est très romantique.

calligraphie

 Les sœurs ont fait venir une vieille dame, professeur pour la cérémonie du thé. Impression de paix et de quiétude, ne seraient les crampes dans mes jambes agenouillées. Chaque geste est étudié. Le thé ne ressemble pas à du thé mais plutôt à une bouillie d’algues vertes. C’est du thé pilé. Il faut manger un gâteau très sucré avec des pois cassés à l’intérieur. Le plancher est couvert de tatamis, le plafond est en bois. Une peinture sur soie orne un mur ainsi qu’une immense calligraphie. Un bouquet et un petit brasero complètent la sobre décoration de la pièce. C’est un art de vie loin de l’agitation des rues. Durant toute la cérémonie du thé, on ne se précipite pas pour le boire. Ce serait impoli. On doit tourner son bol , l’admirer et prendre son temps pour apprécier le contraste entre le sucré du gâteau et l’amertume du thé. L’hôtesse dit : « je m’excuse, mon thé est très mauvais » et à l’invité de répondre « votre thé est très bon, je n’en ai jamais bu d’aussi délicat »! N’y aurait-il pas un peu d’hypocrisie dans tout cela ?

 

cérémonie du thé

 

Grâce à moi, mes amies ont été bien accueillies par les sœurs. Nous décidons de ne pas continuer le voyage ensemble car nous ne pouvons faire du stop à trois avec nos gros sacs. Pour notre départ, les religieuses nous font encore plein de cadeaux et nous souhaitent bon voyage en accrochant des banderoles et en priant pour nous, ce qui nous fait chaud au coeur !

Nous trouverons cependant un garçon compatissant qui nous mènera, toutes les trois en faisant cent kilomètres rien que pour nous (donc deux cents aller retour) jusqu’au pied du mont Fuji que nous ne verrons pas car perdu dans la brume ! Dommage, ce mont de 3.776 mètres est le point culminant du Japon, un volcan sacré dont les cendres rejetées lors de sa dernière éruption au XVIIIème siècle ont enseveli Tokyo, pourtant éloignée de plus de cent kilomètres.

 

 

Pour notre dernier soir ensemble, nous dînons dans un petit café, laissons nos sacs à la garde du restaurateur sympathique et nous étendons dehors, chacune sur un banc de la gare, pour y passer la nuit , heureusement blotties dans nos duvets car il fait un froid de loup.

Japon (4/17) la vie de ci de là

Posté : 19 mars, 2009 @ 8:12 dans JAPON | 3 commentaires »

 

métro à Tokyo

Dans le métro, sur le quai, un trait marque l’arrêt de la porte. Il y a un monde fou qui s’entasse dans les wagons ou les trains aux heures de pointe, mais il n’y a pas de voleurs pour fouiller dans vos poches. En France, on est tassé, au Japon on est écrabouillé. Un talon aiguille n’a pas manqué mon petit orteil qui a crié aïe malgré les courbettes d’excuses qui ont suivi.

moine quêtant

Demandé où se trouve le jardin Rikugien et aussitôt on m’y amène en voiture. Puis je me rends à pied pour la fête de Togenuki Jizo dans un temple où l’on accroche ses voeux sous forme de petits papiers dans les arbres.

Les rues sont très animées. Un moine bouddhiste coiffé d’un chapeau chinois, bol à la main et clochette, quête sa nourriture. On y trouve mêlés des vendeurs d’encens, d’algues séchées, de poudre de serpent et de serpents morts enroulés, de nouilles, de poisson cru, de poissons grillés, de fleurs, de bonsaïs aux troncs torturés par des fils de fer et d’amulettes dont la fameuse statue du dieu Jizo qui apporte fortune et bonheur, qu’on consacre par le feu.

statuettes du dieu Jizo

Ce soir les religieuses m’emmènent à un concert de musique avec instruments traditionnels, koto sorte de lyre posée sur le sol, shamisen, drums et flûtes. A l’entracte, les gens mangent du poisson cru et riz dans des boîtes en carton appelées bento. Assisté à un acte de Kabuzi Ka, danse d’une japonaise avec différents kimonos, éventails et ombrelles.

joueuse de shamisen

Les sœurs sont passionnées par les joueurs de sumo à la télé !
Ici le riz remplace le pain et les égouttoirs à vaisselle sont chauffants .

J’ai acheté un tee-shirt décoré d’un idéogramme sans en connaître la signification et j’apprends qu’il signifie number one, ce qui me donne le sourire triomphal. Triomphal, oui, car demain est un grand jour, celui de l’arrivée de deux copines connues au Népal. Je vais à Yokohama pour les chercher à l’arrivée du bateau, après leur long voyage de plusieurs jours dans le transsibérien. Arrivée des filles qui ont dû manger le saucisson qu’elles m’apportaient, car les douaniers voulaient le confisquer.

Japon (3/17) des tremblements de terre toutes les nuits

Posté : 16 mars, 2009 @ 10:04 dans JAPON | 8 commentaires »

le grand Bouddha de Kamakura

Sœur Suzuki, qui amuse son monde avec son nom de moto, m’emmène visiter le grand Bouddha de Kamakura et dix édifices religieux dont les plus intéressants sont : Hase Kanon temple avec ses escaliers moussus dans la verdure, Hachimangu Shrine où l’on accède par une promenade qui débute avec la traversée de ponts bombés, puis la montée d’un haut escalier jusqu’au sanctuaire qui est un musée. Le plus beau est le Kenchoji temple constitué de plusieurs monuments au milieu d’arbres très vieux.. Les temples doivent être plus jolis quand les arbres sont en fleurs. Ce n’est pas hélas la saison des cerisiers en fleurs tant mis en valeur sur les estampes japonaises. Il y avait une mare qui avait la forme du caractère chinois mind qui veut dire esprit.

vieille femme se prosternant à l'entre d'un temple

Les soeurs continuent à me combler de cadeaux, des dragées, des oranges, des gâteaux, du chocolat et même de la baguette qu’elles vont acheter exprès pour moi chez un boulanger français. Elles m’offrent, dans un superbe restaurant, de goûter à la tempura, c’est-à-dire une friture de grosses crevettes.

me voici avec les soeurs à une fête d'école

Pour pénétrer dans les maisons japonaises, il faut enlever ses chaussures, par contre pour entrer dans les W.C. il faut mettre des chaussons spéciaux, sur lesquels il est écrit W.C.

Drôle de réveil matin pendant la nuit. La terre fait des siennes et s’agite. Mon lit fait des soubresauts, la suspension se balance. C’est un tremblement de terre force 3 me dit-on, à force 7 tout s’écroule. Quelques secondes où tout cliquette, même les battements de mon cœur et qui semblent une éternité. Que faire, sinon penser qu’on est peu de chose, à la merci des grandes forces de la nature. Aller dehors ? La terre peut s’ouvrir sous vos pas. Rester à l’intérieur ? Se précipiter sous le lit ? Nuit suivante, force 4. Je commence à en prendre l’habitude et me rendors confiante en mon destin. Quelle idée de passer ses vacances sur un volcan ! Tout le Japon est un volcan. Les buildings de Tokyo sont construits pour s’incliner sans casser, mais le gros danger est l’incendie. Résultat immédiat, dans le buffet des bonnes sœurs, les verreries sont cassées.

la tour de Tokyo

La tour de Tokyo, semblable à notre tour Eiffel, est plus haute que celle de Paris mais faite avec un acier plus léger. Elle ne pèse que 4000 tonnes au lieu de 7000 tonnes la nôtre. Elle mesure 330 mètres, est peinte en rouge et blanc et est située au milieu de bâtisses et chantiers qui sont très loin de valoir notre Champ de Mars. Elle est construite sur une base anti-sismique, comme les plus hauts buildings dont on peut voir les derniers étages se balancer sur quelques mètres sans dommage (un ballant jusqu’à six mètres est autorisé !).



Japon (2/17) à Tokyo chez les soeurs

Posté : 13 mars, 2009 @ 8:20 dans JAPON | 11 commentaires »

 

Première nuit, déjà un tremblement de terre. Les étagères et le lustre de ma chambre s’agitent ! Les sœurs me donnent un oreiller à me mettre sur la tête, préconisent de se cacher sous la table ou le long des murs qui sont prévus pour s’écrouler vers l’extérieur. Beaucoup de maisons sont en bois. Elles sont toujours très petites. La densité de population est très importante à Tokyo.

Ginza

Les sœurs m’ont invitée à manger des brochettes à Ginza, les Champs Elysées de Tokyo. A mon arrivée, la supérieure m’a offert un bol avec un couvercle en vraie laque, la religieuse cuisinière une assiette remplie pour mon dîner (en cachette car je ne suis pas censée être nourrie, mais j’inspire pitié semble-t-il) avec un délice de paella au crabe, salade aux raisins parfumés et infusion de bleuets ! C’est vrai que le midi je me contente de picorer les échantillons gratuits offerts dans les grands magasins !

Shinjuku

Shinjuku est le quartier chic de Tokyo avec de grands buildings. Quelques rares japonaises vêtues de magnifiques kimonos de soie s’y promènent (prix des kimonos dans les magasins, souvent 400.000 FF soit 200.000 yens). Tout le monde est aimable et cherche à m’aider avec beaucoup de courtoisie.

japonaises en habit traditionnel

Il n’y a pas de noms aux rues. Les maisons sont groupées par îlots. On ne trouve pas facilement de cartes postales. Tous les restaurants ont une vitrine dans laquelle ils présentent leurs plats en plastique et très colorés. C’est plus facile pour choisir son menu . Pour un simple café, on vous apporte une serviette roulée, mouillée et brûlante qui sert à se laver les mains ou la figure. De même dans les cars de nuit au petit matin. C’est très agréable. La première fois que j’ai vu ce petit paquet enveloppé, j’ai cru que c’était un gâteau qu’on m’offrait et j’ai été un peu déçue. On mange beaucoup de poisson cru et des rouleaux de riz enveloppés d’une feuille d’algue. Se servir des baguettes demande tout un apprentissage !

menu restaurant

Il y a des boutiques de jeux, comme à Las Vegas, appelées pachinko, sous forme de longs couloirs avec des machines à sous où des billes d’acier tombent dans des trous. Les machines sont occupées nuit et jour, des heures durant et ça fait un boucan pas possible. Des couronnes semblables à des couronnes mortuaires de fleurs en plastique les décorent pour indiquer que les machines sont nouvelles, ces dernières devant être changées tous les trois mois tant elles sont usées. Durant une semaine, j’ai joué une petite somme et j’ai tout perdu !

Je veux traverser une rue hors des passages cloutés sans tenir compte du feu rouge et des japonais épouvantés me retiennent par la manche !



Japon (1/17) en route vers le pays du soleil levant

Posté : 10 mars, 2009 @ 8:35 dans JAPON | 10 commentaires »

 

En septembre 1980, j’arrive à Bangkok, première étape, après vingt-quatre heures de vol et d’attentes épuisantes, via Genève, Amman, et Abhu Dhabi, avec stop over d’un jour au Rajah hôtel . Le lendemain, mon avion, frôlant dangereusement les buildings de Hong-Kong, atterrit sur la piste qui se termine sur la mer (maintenant il y a un nouvel aéroport). Il ne peut repartir, une panne s’étant produite (une chance que ce soit au sol) et la compagnie nous loge dans l’un des plus beaux hôtels de la ville, le Miramar. Nous dînons, au dernier étage, sur la terrasse vitrée qui domine la mégalopole éclairée de tous ses néons. Un aquarium est accroché au plafond de la salle à manger avec des milliers de petites ampoules allumées se reflétant dans les glaces. Un orchestre joue de la musique chinoise, sur une scène, dans un décor rupestre avec de la pluie qui tombe en paillettes.

Narita airport terminal

L’aéroport de Narita à Tokyo, enfin atteint sans encombre, vient d’être refait à neuf. Il se trouve à soixante kilomètres de la ville. Je dois me rendre chez des sœurs marianistes qui tiennent une pension dans la banlieue de Tokyo. Je dois loger chez elle pour une somme modique dans une petite chambre d’étudiant. Pour y arriver, ce sera le parcours du combattant.

métro à Tokyo

Je prends d’abord le bus de l’aéroport jusqu’à Keisi Station, puis le train de Keisi à Ueno, puis le métro qui traverse Tokyo, puis le train de banlieue, mais je ne descends pas à la bonne station, d’autant plus qu’il y a des trains directs et des omnibus ! Imaginez demander à chaque instant son chemin quand on ne parle pas la langue du pays. Pour me diriger dans le métro, j’avais emporté un plan avec les noms en idéogrammes et pour suivre ma direction dans les couloirs je mémorisais les deux premiers signes ! Une dernière épreuve m’attendait : téléphoner (ici les téléphones sont rouge vif et se voient de loin) pour demander à converser avec l’unique religieuse espagnole qui parle français. Finalement les sœurs sont venues me chercher en voiture, mais j’étais presque arrivée jusqu’à elles. J’ai eu droit à un bon dîner et à apprendre à me servir du boulier comme règle à calcul.

le boulier japonais

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