Les voyages de Danae au Sahara, en Asie et ailleurs

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Voyage à l’île de Sein (3)

Posté : 1 janvier, 2008 @ 9:40 dans BRETAGNE | 1 commentaire »

 Puis, il y eut la guerre (la seconde guerre mondiale), et la construction de la cité commerciale (ancienne version) autour de 1960. L’hôtel Armen fut reconstruit, au titre des dommages de guerre, mais Tante Jeanne avait vieilli. C’est ainsi qu’elle se mit à la recherche d’une cuisinière et qu’on lui présenta Madame X…. Informées par la rumeur, certaines bonnes âmes crurent devoir informer Tante Jeanne au sujet de la candidate pressentie. Elle était communiste et donc pas fréquentable. Tante Jeanne passa outre, et embaucha Madame X… ce qui permit à son petit fils de donner plus tard sa version des faits :

 »A L’Armen, le soir, quand le service était fini, tout le monde allait se coucher. Dans la chambre 1, on récitait le chapelet, et dans la chambre 2, on lisait l’Humanité  ».

On a presque envie d’ajouter que nos anciens savaient, à leur manière, pratiquer la tolérance. Encore un sujet de méditation !

 Puis, l’hôtel fut vendu. Un restaurant tenu par un neveu de la défunte patronne de l’hôtel  »Armen » détruit par l’occupant, reprit le nom , qui est désormais porté dans la nouvelle cité par les acquéreurs de ce restaurant tranféré ici lors de la réhabilitation de la Pointe du Raz.

Sachez encore que la statue de Notre Dame des Naufragés date de 1904 (inaugurée le 8 avril 1904 par Monseigneur Dubillard).  

   N.D. des Naufragés  

La Pointe du Raz a connu des visiteurs célèbres: Jules Renard (1864-1910), Jules Michelet (1798-1874), José Maria de Heredia (1842-1905) qui a écrit  »Armor » dans  »les Trophées », Gustave Flaubert (1821-1880) :  »Par les champs et par les grèves », sans oublier plus récemment Henri Queffelec qui a porté une appréciation sur les Capistes:

« Le Capiste est un gars qui n’a peur de rien ».

Et encore Sarah Bernhardt, Anatole Le Bras (Le gardien du feu), Georges Perros, Tristan Corbière et Jeanne Nabert, plus ceux qu’on oublie…Mais , il faudra revenir me voir un jour, et je vous expliquerai la Pointe du Raz, comme je la présentais aux touristes quand j’étais plus agile.

 

Chapelle de Sainte Edwette

 

 

 

 

 

 

L'Enez Sun

 Aujourd’hui, je veux seulement vous parler d’un voyage à l’île de Sein, au cours duquel j’avais rencontré Tonton Lom et Tante Gaïd. Nous étions partis de Sainte Edwette pour embarquer à bord de l’Enez Sun .

La mer était un peu agitée, mais pas au point de nous rendre malade. Nous étions à l’intérieur, à cause du vent et des embruns, mais on voyait très bien la côte. On m’avait demandé de parler de ce que l’on voyait à terre. Comme j’avais fait plusieurs fois le trajet avec mon bateau pour livrer des crustacés à Audierne, je connaissais très bien presque tous les cailloux, et je me revoyais faisant le guide à la pointe du Raz. Allez, en route que j’ai dit ! Regardez et écoutez. Parfois ça barde ici !

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Vous voyez le sémaphore de Lervily, juste après l’île aux vaches. Cette pointe est dangereuse par temps de brume. Souvent des plaisanciers s’échouent là dessus. Il y a même des accidents car les pêcheurs vont souvent trop près chercher les bars dans les rouleaux, et une mauvaise lame peut renverser mes meilleurs. 

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Aujourd’hui, le sémaphore est occupé par des particuliers. L’administration a seulement gardé le feu, mais il faut connaître quand même. Avant , les vieux marins avaient un radar dans la tête. Aujourd’hui, tout le monde lit un écran, c’est plus simple.

 Phare de Lervily

                                                                                                   à suivre …

 

                                                                           

                                                                                   

 

Voyage à l’île de Sein (2)

Posté : 30 décembre, 2007 @ 1:01 dans BRETAGNE | 3 commentaires »

 En effet, c’est dans ce restaurant qu’est venu Clemenceau, le  »père la Victoire », déguster le homard à l’armoricaine réputé le meilleur du coin, au cours d’un voyage en Finistère. Quand on pense que la coque Q790, épave du Clemenceau a franchi le Raz dernièrement ! Il faut ajouter que cette anecdote fait l’objet d’un témoignage écrit établi par l’héritier des premiers propriétaires de l’hôtel cité. La rivalité entre hôteliers était souvent assez vive, parfois médisante et le passage de Clemenceau créa des jalousies entre tenanciers. La médisance fit circuler le bruit que certains avaient des relations, du  »piston », des protections, et même des choses pas trop nettes peut-être etc.. Plus tard, avant le grand départ pour l’éternité, la  »médisante en chef » dont nous tairons le nom, exprima le souhait de revoir Tante Jeanne pour solliciter le pardon de tout le mal qu’elle avait pu faire par jalousie et méchanceté .. Tante Jeanne ne refusa pas l’entrevue. Le pardon fut exprimé par un simple baiser, le baiser de la paix. N’est ce pas là un beau cas de charité ? A méditer !

En fait, la seule rivalité admise à l’hôtel  »Armen », venait de la baie des Trépassés où officiait Tante Marie-Jeanne à l’hôtel  »Ville dYS ». Les deux patronnes étaient soeurs. Parfois elles étaient même complémentaires et les crabes servis à  »l’ Armen », provenaient souvent de la  »Ville d’Ys ». Tonton Lan, époux de Marie-Jeanne, avait un petit bateau au Vorlen, et pour la pêche c’était un champion. Comme tout cela se passait à l’époque où il n’y avait ni téléphone ni électricité, les deux soeurs avaient mis au point un code de signaux, à savoir qu’un torchon accroché à une fenêtre de  »l’Armen », signifiait une demande urgente de ravitaillement . Il faut préciser que le torchon était visible de la Baie car les deux hôtels se voyaient sans même utiliser des jumelles. A la vue du torchon, les gamins de la baie se rendaient à pied à Bestrée où se trouvait la réserve de crustacés dans un vivier flottant, et livraient  »l’Armen » le plus vite possible. Tout cela paraît désuet aujourd’hui. Pourtant, en 1959, l’hôtel  »Ville d’Ys », fonctionnait encore sans eau courante,  ni électricité.

 Le  petit port du Vorlen
Voyez, j’ai une photo du Vorlen (ci-dessus). Nous irons voir, un jour peut-être, mais pas aujourd’hui.

Il existe de vieilles cartes postales représentant  »l’Armen » , mais il faudrait l’autorisation pour les afficher ici. On peut y voir des personnages en tenue d’époque, coiffe et tablier blanc pour les femmes, casquette de marin pour les hommes, ainsi que les cars assurant la liaison Quimper-Pointe du Raz, via Audierne, d’où provenait le ravitaillement des hôtels. Pas de 35 heures à l’époque !!!!! D’autre véhicules aux formes désuètes sont en stationnement devant l’hôtel. Hélas, l’identification des personnages est difficile. Pourtant on dirait…..Bon, ne disons rien !                                 à suivre …

                                                                                                 

      

Voyage à l’île de Sein (1)

Posté : 29 décembre, 2007 @ 10:59 dans BRETAGNE | 3 commentaires »

Avant-propos

Remerciements à Spartacus qui a bien voulu me prêter cet article à l’élaboration duquel j’avais participé très modestement ainsi qu’à Patrice Guichaoua pour sa très jolie photo du phare de la Vieille. Droits réservés pour les photos.

Cette histoire fait suite au premier récit de Spartacus que vous trouverez  sur son blog en cliquant sur ce lien : http://konchennou.over-blog.com  et qui a été publié en trois épisodes sous le titre de : Ma Doué, en juillet 2007.

Deux petits vieux du pays breton, Tante Gaïd et Tonton Lom se sont rencontrés au foyer logement de Pont-Croix et sont tombés pudiquement amoureux l’un de l’autre. C’est un sujet touchant sensible et drôle par le fait que Tante Gaïd est très pieuse, toujours son chapelet dans sa poche tandis que Tonton Lom est un peu communiste sur les bords !

Mais partons avec eux à l’île de Sein.

 Tonton Lom et Tante Gaïd dormaient désormais dans la paix, après une vie bien remplie, sous la protection de Saint Tugen. Ils étaient devenus, bien malgré eux, des héros locaux, et certains personnages de leur génération voulurent témoigner encore une fois pour leur rendre hommage. L’hommage des modestes, rendu par des modestes à d’autres modestes, conformément à ce qui se chante souvent, pour dire un dernier au-revoir à ceux qui s’en vont:

Ils sont nombreux les bienheureux, qui n’ont jamais fait parler d’eux….

C’est ainsi qu’un certain Tonton Jean-Clet, originaire de Plogoff, (peut-être de Kerherneau ou de Pennéac’h), voulut rencontrer ceux qui étaient en mesure d’apporter un complément à cette histoire. Il souhaitait participer au sauvetage de cette mémoire qui pourrait disparaître si l’on n’y prenait garde.

C’est ainsi que Danaé et Spartacus se retrouvèrent à la Pointe du Raz au restaurant  »Armen », pour écouter l’ancien marin , ex gardien de phare. Il avait également servi de guide occasionnel pour piloter les touristes dans les circuits de visites, tant à la Pointe du Raz que sur la mer. Voilà pourquoi et comment, il avait fait la connaissance de nos deux anciens, au cours d’un voyage du troisième âge, à l’île de Sein .

Mais il voulait tout d’abord dire deux mots sur l’histoire de la Pointe du Raz.             

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- Savez-vous d’où vient le nom du restaurant  »Armen » où nous sommes, demanda le vieux  »marin-gardien » ?

- Du phare qui porte ce nom répondirent les deux apprentis reporters.

- Evidemment ! mais vous ne savez sans doute pas que c’est la troisième fois que ce nom est utilisé. En effet, avant la guerre (2ème guerre mondiale), on recensait déjà cinq hôtels à la Pointe du Raz. Il y avait, entre autres, l’hôtel restaurant du Raz de Sein, succursale de l’hôtel de France à Audierne, le Grand hôtel moderne appartenant aux propriétaires de l’hôtel du commerce d’Audierne (ex hôtel Batifoulier où fut servi le repas d’inauguration du petit train Audierne-Douarnenez- aujourd’hui magasin de chaussures), et aussi l’hôtel restaurant  »Armen ». Ce dernier avait été créé par un couple de gens entreprenants, par ailleurs commerçants en pâtisserie à Audierne. Le patron oeuvrait à Audierne et la patronne à la Pointe du Raz. Tante Jeanne, c’est ainsi qu’on l’appelait, était originaire de Goulien, aînée d’une famille de neuf enfants, sans beaucoup d’instruction.

Tout cela peut sembler banal, mais il y a une anecdote intéressante à signaler.                                                                                                      à suivre …

La Pointe du Raz

Posté : 24 décembre, 2007 @ 1:37 dans BRETAGNE | 4 commentaires »

Tempête à la Pointe du Raz

Tempête à la Pointe du Raz

Le 9 décembre dernier, les vents étaient de 137 km/h  et les vagues hautes de quinze mètres ! J’ai fait le tour de la Pointe du Raz et de la Pointe du Van en passant à la baie des trépassés où l’écume formait de la neige jusque devant l’hôtel. C’était très difficile de prendre des photos car on ne tenait pas debout et ne pas bouger était impossible. De plus les embruns arrivaient jusqu’à nous comme une véritable pluie. Aller jusqu’à la pointe par le sentier direct était déjà presque un exploit tant il fallait braver le vent de face. Pour le retour c’était beaucoup plus facile, on volait littéralement.
Le spectacle était réellement féérique, je n’avais jamais vu la mer aussi déchaînée, toute blanche avec  le phare de la vieille  qui disparaissait complètement derrière les vagues .

 Ici est mon port d’attache, lieu où après chaque voyage je viens me ressourcer. Retrouver les miens, mes amis, ma maison et le calme, humer à nouveau les senteurs marines d’iode, de sel et de goémon, contempler l’océan si changeant à chaque minute de la journée. Partir pour revenir, c’est aussi un bonheur !

Située à la proue de l’europe, tout au bout du Cap-Sizun, la Pointe du Raz, promontoire rocheux balayé par les vents est un des sites les plus saisissants de la côte atlantique. Un gouffre la traverse de part en part nommé l’enfer de Plogoff. Le bruit de la mer explosant à l’intérieur est si effrayant qu’on avait vite fait autrefois de l’attribuer au diable lui-même !

Spectacle grandiose que de voir les vagues, lorsque la colère des éléments est déclarée, se briser contre les rochers déchiquetés. C’est le bout de la terre avec en face l’île de Sein, séparée de la pointe par le raz réputé très dangereux pour la navigation du fait de la violence des courants en cet endroit.

Le phare de la vieille en garde l’accès, automatisé de nos jours. Auparavant, la relève des gardiens demandait prouesse et acrobatie quand le bateau amenant le nouveau locataire devait s’approcher du phare et installer un téléphérique entre les deux.

Il faut avoir lu le livre d’Anatole Le Braz « le gardien du feu » qui, résumé par Georges Perros dit ceci : « On raconte qu’un des gardiens de ce phare, fou de jalousie, y enferma sa femme et l’amant qu’elle s’était choisi jusqu’à ce que mort s’ensuive pour les trois car il se jeta dans la mer pour y noyer son grand malheur. »  Légende ou réalité ? L’histoire est vraiment horrible car pour prolonger l’agonie des deux malheureux, le mari leur avait réservé comme boisson …un seau d’eau de mer !

Des guides faisaient faire le tour de la pointe à des clients et le détail amusant est, qu’à un certain emplacement vertigineux, ils se tenaient d’une main au rocher tout en maintenant par la taille avec l’autre bras la touriste consentante au-dessus du vide pour une photo saisissante mais risquée.

Ayant échappé à une centrale nucléaire grâce en particulier à l’opposition des habitants de Plogoff, réhabilitée dans le but de rendre ce lieu à la nature et devenue « Grand Site National », la Pointe du Raz attire chaque année plus d’un million de visiteurs. L’aménagement a permis de voir repousser le fragile tapis végétal qui constituait la lande.

Il faut se rendre aussi à la Pointe du Van où s’offre le magnifique panorama de la Baie des  Trépassés. Là se trouve la chapelle Saint They, reflet d’une mystique respectueuse implorant la protection divine sur les marins en danger dans ces parages.

 

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