Les voyages de Danae au Sahara, en Asie et ailleurs

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Archive pour la catégorie 'CAMEROUN'

Aventures africaines – du Niger au Tchad (36/43)

Posté : 15 décembre, 2015 @ 8:28 dans CAMEROUN | 13 commentaires »

JOUR 21/ TCHEDE – FORT LAMY 

Tchede 

Pour partir très tôt et avoir ainsi des chances de rencontrer des animaux, régime jockey, juste un verre de thé pour le petit-déjeuner, ainsi en a décidé notre chef. 

Il est 7h30. Image camarguaise : des zébus se baignent dans un étang d’argent. 

Siki s’accroche à sa mère nourricière en poussant des cris. Il nous amuse ce petit singe. Il dort comme un petit ange ou fait ses crottes sans prévenir, mord unetelle parce qu’il sent qu’elle ne l’aime pas, pousse des oh d’étonnement avec la « bouche en cul de poule » et gigote au bout de sa ficelle pendu la tête en bas quand on le laisse seul dans la voiture.

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En plein milieu de la piste un gros tas brunâtre encore tiède et une pisse toute fraîche nous font battre le cœur. L’œil illuminé, nous partons en file indienne sur les traces de l’éléphant que Gabriel déchiffre sur le sol. Des singes s’enfuient dans le haut des arbres. L’éléphant doit être loin et nous n’avons pas une journée à lui consacrer aussi faisons-nous bien tôt demi tour l’œil éteint !

 

La gazelle est partie pour le paradis des gazelles et nous l’abandonnons tristement au pied d’un arbre. Là j’avoue que j’en ai eu gros sur le coeur. 

 

Aventures africaines – du Niger au Tchad (35/43)

Posté : 4 décembre, 2015 @ 9:56 dans CAMEROUN | 20 commentaires »

Un éléphant en vue

 

Un bon déjeuner cuit dans un trou d’éléphant, quelques chopes de vin remettent nos voyageurs de moins mauvaise humeur. La gazelle a l’air malade. Le lait ne doit pas lui convenir. Petite sieste pour digérer sardines, maquereaux et cannellonis.

Nous partons vers l’autre extrémité de la réserve, envoyant une personne à l’avant pour détecter les marécages. Les hommes s’approchent à pied d’un gros rocher qu’ils ont pris pour un dos d’éléphant. Devant le danger d’une telle promiscuité l’une des femmes les abandonne emmenant la voiture sans prévenir et sans même savoir que je suis debout sur le toit. C’est pour le bon motif : il en restera au moins un pour s’occuper des enfants.

 

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Nous camperons ce soir à l’abri des remparts de Tchédé. De mignons chevreaux, les ânes à l’ombre des murs s’écartent apeurés au passage de nos véhicules. Des troupeaux de milliers de têtes de zébus traversent la plaine conduits par des pasteurs armés de sagaies.

Depuis la terrasse, nous croyons voir un éléphant à cinq cents mètres, puis une cheminée d’usine que nous prenons pour la trompe s’élever quelques instants au-dessus de la cime des arbres. Avons-nous la berlue ? Malgré notre peur des lions, nous nous éloignons vers le sommet d’une termitière pour mieux observer sans aucun succès d’ailleurs. Au retour nous n’échappons aux moqueries. Soirée agrémentée par le spectacle d’un feu de brousse.

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Aventures africaines – du Niger au Tchad (34/43)

Posté : 2 décembre, 2015 @ 8:48 dans CAMEROUN | 14 commentaires »

JOUR 20/ MORA – TCHEDE 

Mora 

En route pour le parc de Waza. Nous bouillons d’impatience. Qu’allons-nous découvrir ? Parsemé entre de gros blocs de rochers les luxueux boucarous attendent les touristes pleins d’argent. Entrée du parc payante, 20 francs par personne pour voir quoi ? On nous prévient que les animaux en cette saison sont dans les yaérés c’est-à-dire les marécages où nous ne pouvons aller et que les autres mares sont asséchées.

 

Nous entreprenons le circuit des mares désertées, seul possible. Nous n’avons jamais vu si peu de vie. Grosse déception. Nous quittons même les voitures le cœur palpitant pour pénétrer pédestrement plus avant dans la brousse. Est-ce vraiment prudent ? Si un lion surgissait.

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Dans les arbres, des affûts sont installés. La terre desséchée est labourée de grosses empreintes d’éléphants.

Nous rencontrons quelques hippotragues ou antilopes chevalines, des outardes, des grues, deux ou trois oiseaux exotiques et puis c’est tout, c’est peu pour des gens qui s’imaginaient voir des milliers d’antilopes, des centaines de girafes, des troupeaux d’éléphants (ce que promet l’alléchante réclame de l’UTA pour ses week-end à Waza contre 200.000 anciens francs !).

L’un des nôtres est aux aguets à plat ventre sur le toit de la voiture mais il n’a pas prévu les branches basses qui lui écorchent le dos, un autre ne cesse de pester contre l’organisation de la réserve

Aventures africaines – du Niger au Tchad (33/43)

Posté : 29 novembre, 2015 @ 9:41 dans CAMEROUN | 13 commentaires »

Au restau de la porte maillot 

 

La confrérie des cordonniers confectionne des nu-pieds avec des morceaux de chambre à air. Celle des barbiers rase leurs clients assis face à face au ras du sol, et les tailleurs font naître de vieilles machines à coudre Singer échouées là, des chefs d’œuvre de la mode pour beautés noires.

Au milieu de tout cela circule une foule chamarrée et bruyante. Que de robes en lamé or, que de portraits de président sur les fesses de ces dames, que de bébés ballotés et heureux, que d’odeurs, que de poussière, que de chaleur. Nous en sommes écœurés. Un vieil homme chante et s’accompagne d’un instrument de musique encore jamais vu : une poignée de vélo en caoutchouc !

 

Déjeunons à un restaurant dénommé de la Porte Maillot ! Décidément. A l’entrée artisans qui exposent dents d’hippo sculptées, masques, éléphants en soi-disant ébène (je m’étonne de leur voir une défense sur deux, c’est parce qu’ils se sont battus me répond-on ), sacs, crocodiles en ivoire, porte couteaux, grands panneaux sculptés. C’est le moment de marchander !

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Après-midi consacré au retour vers les boucarous de Mora. Photographié la prometteuse affiche du Parc de Waza. Délicieuse soirée passée à rêver d’animaux sauvages. Dîner dans la salle décorée de trophées de chasse à la lueur de magnifiques lampes à pétrole. Comme à l’habitude il n’y a pas assez de lits pour coucher tout le monde et certains seraient obligés de dormir par terre si nous n’avions eu l’idée de dédoubler les lits, un matelas, un sommier, en voilà pour deux personnes.

 

Aventures africaines – du Niger au Tchad (32/43)

Posté : 26 novembre, 2015 @ 8:45 dans CAMEROUN | 13 commentaires »

 

JOUR 19/ YAGOUA – MORA 

 

Yagoua au bois de Boulogne 

Découverte d’une enveloppe contenant la recette de plusieurs jours de l’hôtel, dans le journal posé sur notre table de nuit ! Nous remettons cette grosse somme à l’hôtelier qui, en remerciement, nous accuse de lui avoir volé une serviette de toilette.

 

Départ à 8h30. Suivons les rives d’un coquet cours d’eau recouvert de feuilles de nénuphars sur lesquelles des oiseaux à grandes pattes s’aventurent. Hérons, grues, pique-bœufs s’envolent à notre passage. Écarquillons les yeux sur un amusant écriteau indiquant «  Bois de Boulogne ». C’était vraiment pas la peine de venir si loin pour voir ça. Le Pic Mindif, rendu célèbre par Jules Verne dans Cinq semaines en ballon, est caché par la brume.

 

Nous retrouvons Maroua un lundi jour du grand marché qui rassemble les populations les plus diverses de tous les environs. On vient de loin pour l’évènement. Aux abords de la ville, les routes sont animées par des groupes de femmes marchant en file indienne des marchandises emplissant leurs calebasses posées sur leur tête.

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On peut acheter nattes tressées, bicyclettes, poteries, calebasses décorées, colliers, fils de couleur, pièces d’argent trouées, chemises aérées sur les côtés avec la marque de fabrique imprimée comme décoration sur le devant, soutien-gorges, tissus présentés sur la tête des vendeurs, foulards, chapeaux.

 

Comme aliments il n’y a que l’embarras du choix : poisson séché, viande recouverte de mouches, poulets vivants, racines de manioc, grappes de mil, noix de cola, blocs de sel, arachides, farines, tartelettes antidiarrhéiques, tas d’épices, de piments, fruits (petits citrons, mangues, papayes, bananes, oranges, pamplemousses), bouteilles d’huile et boissons diverses.

 

Aventures africaines – du Niger au Tchad (31/43)

Posté : 23 novembre, 2015 @ 8:47 dans CAMEROUN | 14 commentaires »

Les cases

 

Nous visitons les hautes cases d’argile des mousgoum, baptisées cases obus. Cette architecture tend à disparaître chaque saison des pluies détériore en partie ces cases en terre séchée et disons que c’est du boulot pour les reconstruire.

J’ai d’ailleurs, moi-même, failli hâter la destruction de l’une d’elles en voulant grimper par l’extérieur jusqu’au sommet imitant en cela les fillettes du pays, toutes légères, elles !

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Nous longeons la digue le long du Logone en direction de Yagoua. Bain face à une rive noire de grues couronnées. Assisté au tam-tam bâton chez les bananas toupouris ! Le chapeau est indispensable pour éviter l’insolation. Campement des cocotiers à Yagoua. Bière et pernod jusqu’à plus soif. Douche à condition d’avoir de gros bras pour pomper l’eau.

 

Aventures africaines – du Niger au Tchad (30/43)

Posté : 20 novembre, 2015 @ 8:48 dans CAMEROUN | 19 commentaires »

JOUR 18/ BORDS DU LOGONE – YAGOUA 

 

Bords du Logone

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 photo du net

Ce jour débute par le biberon matinal à la gazelle. C’est la fête, nous ne manquons pas d’eau pour nous laver, Siki aura droit à son premier bain tout à l’heure, tendrement bichonné par sa maîtresse. Riche idée du beurre pour le petit déjeuner, moins riche idée, le laisser au soleil !

 

Nous partons pédestrement à la recherche de quelques oiseaux. Hier les grues couronnées se sont envolées sous notre nez, mais aujourd’hui l’absence de vie nous environne. Tout au long de ce voyage, j’ai tenté en vain de photographier un bel oiseau exotique de couleur bleue qui me narguait perché sur une herbe courbée. Mais l’oiseau bleu figurant le bonheur, n’est-ce point chez soi que les sages le trouvent.

 

De retour sur les bords du Logone, nous nous baignons à plusieurs reprises, la traversée du fleuve peut se faire sans perdre pied tant le niveau de l’eau est bas.

Un brave couple de mousgoum auprès de la case desquels nous logeons, nous offre un capitaine, l’énorme poisson du fleuve et nous en achetons un deuxième. Les africains s’occupent de la friture. Les déchets de poisson nous servent d’appâts pour attirer et filmer les éperviers qui volent en rond au-dessus de nos têtes.

 

La bâche qui nous sert de nappe habituellement est transformée en pare-soleil, suspendue entre deux voitures. Un jeune attentionné me vide mon assiette remplie d’arêtes. Nous leur donnons nos restes et un magnifique coutelas qui est pour eux un véritable trésor. Les enfants ramassent le moindre papier, la moindre boîte vide. Une jeune fille a sur chaque joue trois rangées de scarifications encore toutes fraîches et suppurantes.

 

Aventures africaines – du Niger au Tchad (29/43)

Posté : 17 novembre, 2015 @ 1:00 dans CAMEROUN | 15 commentaires »

Le lamido

 

Nous repartons. Gabriel s’amuse à courir auprès de la voiture en faisant semblant de la pousser alors qu’elle avance seule au ralenti et les enfants d’applaudir prenant cela pour sa seule force.

Des grues couronnées passent en un rapide cortège à trois mètres du pare-brise. De nombreux oiseaux suivent malgré la fumée la bordure d’un feu de brousse guettant les insectes sortant de terre qui n’ont aucune chance de survie.

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A Pouss paillotes et palmiers nous enchantent. Le lamido vient de rendre la justice. Sa suite transporte estrade et tapis. Il a le droit de vie et de mort sur ses sujets. Monté sur un petit cheval, sous son ombrelle multicolore, il se hâte de rejoindre au palais ses trente femmes qui l’attendent. Surprise de découvrir des marabouts en grand nombre sur un arbre. Il faut leur lancer des pierres pour qu’ils daignent s’envoler pour ces messieurs les cameramen.

 

Le jour tombe sur les bords du Logone. Pendant la saison sèche les mousgoum quittent leur village et se construisent de petites huttes sur les bancs de sable. Chaque jour ils vont à la pêche dans le fleuve très poissonneux et accrochent leurs prises à des chevalets de bois pour qu’elles sèchent au soleil.

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Six tentes igloo s’installent sur les bancs de sable ignorant la crainte d’une crue subite ou d’un crocodile égaré. L’un de nous préfère dormir au travers dans la voiture, ses pieds dépassant de la portière.

 

Aventures africaines – du Niger au Tchad (28/43)

Posté : 13 novembre, 2015 @ 9:01 dans CAMEROUN | 18 commentaires »

A Maroua

 

Dans Maroua, capitale du Nord-Cameroun, les femmes arborent fièrement la photo de leur Président sur leurs pagnes colorés. Au marché, grand choix de tissus. Visite de la boutique d’artisanat. Déjeuner chez Pauline et son fils Evariste. Zébu frites. Les marchands nous assaillent avec leurs sacs, leurs poufs, leurs œufs d’autruches décorés, leurs nappes, leurs poignards, leurs calottes brodées, leurs plateaux de fruits, au point de nous boucher toutes les entrées d’air dans la voiture !

Partons en direction de Pouss sur les bords du Logone. Sommes arrivés à Pété (c’est le nom d’une ville).profitons d’une traversée de gué pour prendre un bain. Supputons héroïquement les chances aux 404 de ne pas s’enliser dans le passage dans l’eau.

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Au marché de Guirvidig, les bijoux qui font fureur : les économies sur le front et le bouton pression sur le nez ! Les camions chargent, mêlés étroitement, marée humaine et ballots de poissons odorants. Une troupe d’enfants suit mes pérégrinations et applaudit chaque fois que je photographie par surprise un personnage. Une femme a la bouche déformée par un petit plateau dans la lèvre inférieure et je me demande comment elle peut faire un baiser !!! Une autre a un air douloureux. Une vieille veut que je lui serre la main et sourit de toutes les dents qui lui restent teintes en rouge. De jolies filles, exception faite pour la poitrine écrasée sous un tissu, ont la figure décorée de dessins bleus, encadrée par deux nattes brunes serrées au bas par un anneau d’argent.

 

Aventures africaines – du Niger au Tchad (27/43)

Posté : 10 novembre, 2015 @ 9:06 dans CAMEROUN | 21 commentaires »

JOUR 17/ MERI – BORDS DU LOGONE

 

Chez le missionnaire

 

Enfilant mes tennis, je sens un insecte s’agiter entre mes doigts de pied. C’est une grosse mouche inoffensive, mais la leçon a porté, désormais je regarderai l’intérieur de mes chaussures le matin au réveil.

 

Il y a des protestations dans l’air parce que l’on a pris la bonne eau pour se laver et il ne reste que la mauvaise pour faire le thé !

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Visite à un missionnaire, le Père Tabard, ami de Gabriel et vivant là depuis vingt ans. une vie de dévouement qui ne sert pas à grand chose dans ces pays. Gabriel dit qu’il finira assassiné.

 

Nous avons vu cet homme aux cheveux grisonnants, empli de bonté, de courage et d’intelligence, qui essaye d’apprendre aux noirs l’hygiène et la façon de cultiver plutôt que la lecture inutile ou le catéchisme. Il ne se fait aucune illusion et nous dit au sujet de leurs croyances :

« les noirs qui n’ont pas eu d’héritiers pour s’occuper d’eux après leur mort, se sont réincarnés et reviennent sous la peau d’un blanc pour se venger. »

Voilà ce que les sorciers leur inculquent !

 

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