Les voyages de Danae au Sahara, en Asie et ailleurs

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Plaidoyer pour les animaux de Matthieu Ricard

Classé dans : coups de coeur — 28 janvier, 2015 @ 8:11

 Matthieu Ricard, moine bouddhiste et docteur en biologie moléculaire, invite à étendre notre bienveillance à l’ensemble des êtres sensibles dans son ouvrage   » Plaidoyer pour les animaux  ». 

 Nous aimons les animaux, mais nous les tuons et les mangeons aussi. Ainsi, à l’heure où le statut des animaux de compagnie devrait passer de « biens meubles » à « êtres doués de sensibilité », 60 milliards d’animaux terrestres et 1000 milliards d’animaux marins meurent chaque année pour notre consommation. Un véritable « zoocide », néologisme créé par l’auteur.

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Extrait de l’introduction


« Certains naissent avec des tendances naturelles à la compassion. Dès leur plus jeune âge, ils font preuve d’une bienveillance spontanée à l’égard de ceux qui les entourent, y compris les animaux. Tel ne fut pas mon cas. De famille bretonne, je suis allé à la pêche jusqu’à l’âge de 14 ans. Je me souviens aussi, dans mon tout jeune âge, d’avoir, avec des camarades de l’école communale, fait griller des fourmis en concentrant les rayons du soleil à l’aide d’une loupe. Rétrospectivement, j’en ai honte mais, plus encore, je suis déconcerté à l’idée que ce comportement me soit apparu normal. Quand j’avais 5 ans, au Mexique, mon père m’a emmené voir des corridas. C’était la fête, la musique était exaltante… Tout le monde semblait trouver cela très bien. Pourquoi ne suis-je pas parti en pleurant ? Était-ce un manque de compassion, d’éducation, d’imagination ? Il ne m’était pas venu à l’esprit d’essayer de me mettre à la place du poisson, de la fourmi, du taureau. Avais-je simplement le cœur dur ? Ou n’avais-je simplement pas réfléchi, pas ouvert les yeux ?
Il a fallu du temps pour que s’opère en moi une prise de conscience. J’ai vécu plusieurs années avec l’une de mes grands-mères qui avait toutes les qualités qu’on peut attendre d’une grand-mère. Comme beaucoup de gens, par ailleurs bons parents ou bons enfants, elle était férue de pêche à la ligne. Lorsque nous étions en vacances, elle passait souvent ses après-midi à pêcher au bord d’un lac ou sur les quais du Croisic, en compagnie de vieilles Bretonnes qui portaient encore la coiffe en dentelle blanche des Bigoudens. Comment ces braves gens auraient-ils pu vouloir faire du mal à qui que ce soit ? Au bout de l’hameçon, les petits poissons frétillants qui sortaient de l’eau scintillaient dans la lumière. Certes, il y avait ce moment pénible, lorsqu’ils étouffaient dans le panier d’osier et que leurs yeux devenaient vitreux, mais je détournais vite le regard.
Quelques années plus tard, alors que j’avais 14 ans, une amie me fit remarquer à brûle-pourpoint : «Comment ? Tu pêches !» Le ton de sa voix et son regard à la fois étonné et réprobateur étaient suffisamment éloquents.
«Tu pêches ?…» Soudain, la scène m’apparut très différemment : le poisson tiré de son élément vital par un crochet de fer qui lui transperce la bouche, étouffant dans l’air comme nous nous noyons dans l’eau. Pour attirer le poisson vers l’hameçon, n’avais-je pas aussi transpercé un asticot pour en faire un appât vivant, sacrifiant ainsi une vie pour en détruire plus facilement une autre ? Comment avais-je pu si longtemps détourner ma pensée de cette réalité, de ces souffrances ? Le cœur serré, je renonçai immédiatement à la pêche.
Certes, en comparaison des drames qui dévastent la vie de tant d’êtres humains dans le monde, ma préoccupation pour de petits poissons peut sembler dérisoire. Mais ce fut pour moi un premier déclic.
À l’âge de 20 ans, j’eus la grande chance de rencontrer des maîtres spirituels tibétains qui ont, depuis, inspiré chaque instant de mon existence. Leur enseignement était centré sur la voie royale de l’amour et de la compassion universels.
Alors que, longtemps, je n’avais pas su me mettre à la place d’autrui, à l’école de ces maîtres j’ai peu à peu appris l’amour altruiste en ouvrant, du mieux que je le pouvais, mon esprit et mon cœur au sort des autres. Je me suis entraîné à la compassion et j’ai réfléchi à la condition humaine et à celle des animaux. Il me reste certainement un long chemin à parcourir, et je continue à faire de mon mieux pour avancer dans ma compréhension des enseignements que j’ai reçus. »

 

Pour ma part, j’avoue être horrifiée par les mises à mort dans les corridas, l’expérimentation sur les animaux de laboratoire, l’abattage d’animaux dans des conditions cruelles, les sacrifices d’animaux pour des rituels dans certains pays où l’on mange aussi chiens et chats.

Revenue de chez les tibétains, je ne voulais plus tuer un seul animal, à commencer par les moustiques, ensuite je me suis retrouvée pourtant dans une maison neuve avec des cafards derrière le frigo qui se multipliaient et j’ai dû la mort dans l’âme les exterminer ! Et puis il ne faut pas se cacher les yeux, hypocrites que nous sommes, la viande, le poisson, les volailles font partie de nos plats préférés. Cruels aussi nous sommes lorsque nous découpons un homard tout vivant ou que nous jetons les crabes ou les langoustines dans l’eau bouillante pour les cuire ! Ah je préfère n’y point penser !

C’est adopté ! Aujourd’hui l’Assemblée nationale a reconnu aux animaux la qualité d’« êtres vivants doués de sensibilité »
C’est une avancée juridique  qui j’espère permettra de relancer le débat sur la place accordée aux animaux dans notre société. Si elle était prise au sérieux, une telle loi devrait condamner de nombreuses pratiques dont les animaux sont victimes aujourd’hui, notamment en élevages et abattoirs. Nous en sommes encore loin: mobilisons-nous pour que ce vrai changement survienne.

23 commentaires

  1. marinelou dit :

    Quand on pense qu’il a fallu faire une loi pour une notion aussi évidente !!!
    L’homme est grotesque et borné !

  2. elisabeth dit :

    Même quand je dois tuer des fourmis, parce qu’il y en a trop, j’hésite. Alors pour le reste des animaux, c’est comme ma mère, elle a un coeur sensible. Je suis malade quand un animal meurt…. Et pourtant je mange du lapin aux pruneaux et du gigot d’agneau.

  3. Aloysia_Martine dit :

    Oui, cela fait plusieurs fois qu’on me présente ce livre c’est pourquoi je ne réagis plus. C’est très bien, c’est très honorable, mais il n’est pas le premier à en parler et d’autres se sont autrement battus pour la cause des animaux.

  4. Ariaga dit :

    La Nature est une et c’est une grave offense à notre mère à tous que de faire du mal aux animaux. D’ailleurs, quand on voit toutes les catastrophes « naturelles » qui se multiplient on peut penser qu’elles sont provoquées par un manque d’harmonie. Je t’embrasse.

  5. Sonya972 dit :

    on fait des progrès concernant les animaux
    je te souhaite un excellent weekend
    qu’il soit ensoleillé
    et t’apporte beaucoup de joie
    prends bien soin de toi
    gros bisous créoles

  6. monelle69 dit :

    Ils sont si attachants on leur devait bien ça !
    Bon week-end – gros bisous
    Monelle

  7. l'angevine dit :

    eh oui il faut agir

  8. Cordée-Clarisse dit :

    ET non, ma belle Danaé, je n’aide pas Mr Jack…pauvre Jacquot !! Je ne peux pas….sinon, tu le devines, ce serait avec plaisir…sourire !
    Il neige toujours….
    Bonne journée,
    Bisous bisous et amitiés de nous deux.

  9. peintrefiguratif dit :

    beaucoup de défenseur d’animaux sont heureux de cette loi
    bises

  10. Pascale MD dit :

    Il était temps, mais je ne suis pas certaine que cela va changer grand chose pour l’élevage dédié à la consommation…
    Bisous Danae

  11. l'père Cantoche dit :

    Bonjour Danae, c’est gentil d’être venue chez moi demander des nouvelles de ma petite famille… je viens faire de même chez toi en espérant que tout va bien pour vous deux sur votre venteuse et jolie  » Pointe du Raz  » et aujourd’hui ça doit être quelque chose… pour en venir à ton article, je ne suis pas végétarien, alors j’ai besoin que d’autres personnes se chargent de tuer les animaux pour ma consommation personnelle compte tenu que je culpabilise à mort quand j’écrase un insecte par mégarde, une mouche guèpe ou moustique par réflexe d’auto défense, ou pire encore lorsque je détruis une toile d’araignée véritable merveille de la nature… par contre ce que je n’aime pas c’est que ces gens qui tuent les animaux pour moi y prennent du plaisir, je hais les chasseurs et pêcheurs du Dimanche… ce service devrait être assuré par l’Etat.
    Bonne journée, chère Danae

  12. elisa-bonheurs dit :

    Bonjour « Mon Aventurière »
    Là tu me fais « SUPER PLAISIR » car tu sais mon engagement et mon dévouement pour nos animaux.
    Nous ne mangeons plus de viande et nous ne nous en portons pas plus mal. Il est faux de croire que de manger de la viande donne des forces etc …. D’autres aliments permettent de très bien manger et même d’être en meilleure santé.
    Il faudrait que tous nous puissions lire ce Plaidoyer pour les animaux ou encore le Plaidoyer pour l’altruisme (car Mathieu Ricard parle longuement des animaux) Je t’assure qu’en suite tu n’as plus envie d’avoir un bon steak saignant dans ton assiette.
    Bises à toi et bonne journée

  13. Cordée-Clarisse dit :

    C’est une bonne chose que cette loi passe.
    Il faut surtout empêcher les souffrance sanimales inutiles.
    Contente que tu aimes Bonneval…
    J’y vivrais volontiers.
    Bisous et amitiés enneigées.

  14. biker06 dit :

    Hello Danae
    Tu sais, il y a une sorte de phrase comme: Plus tu connais les hommes et plus tu aimes ton chien….
    bizz
    Pat

  15. Kimcat dit :

    Coucou ma Dana
    Me voici…
    Oui ton post me plaît…
    Belle présentation de ce plaidoyer pour les animaux que j’ai bien l’intention de lire.
    Bisous de ton amie
    Béa kimcat

  16. Océanique dit :

    Les animaux sont aussi sensibles à la douleur et nous sommes tous plus ou moins coupables
    Merci Danae de ne bel article
    Bisous

  17. Chris-Tian Vidal dit :

    Coucou Dana.
    Tu es allée au Tibet ?
    Article très intéressant et c’est des questions que je me pose aussi, même si je mange toujours des animaux mais jusqu’à quand ? Pauvres être sensibles. Ce livre doit être très intéressant. Bises.

  18. eva dit :

    … et les huître, qui doivent être mangées vivantes… hein ? Bisous Danae ! :-)

  19. Pascale MD dit :

    Pour toutes ces raisons, nous sommes devenus végétariens, ben oui, le demande provoque l’offre et je ne peux pas faire semblant de ne pas savoir. Impossible pour moi.
    Nous ne mangions que très peu de viande, sachant que nous allions y arriver un jour ou un autre, et ce jour est arrivé depuis un petit moment maintenant. Nous n’en souffrons pas, nous nous portons bien et nous nous trouvons en accord avec ce en quoi nous croyons. Matthieu Ricard parle de schizophrénie et je crois que c’est vraiment ça !
    On s’insurge contre un débile qui éclate un chaton contre un mur, mais des millions d’animaux sont tués chaque jours dans de terribles souffrances, parfois même découpés avant d’être morts, et nous fermons les yeux. Y’a tout de même un truc qui ne va pas dans ce monde.
    Bisous Danae et bonne journée

  20. montcalm dit :

    ça me donne envie d’en lire plus ; M Ricard mange t-il de la viande , du poisson aujourd’hui ?
    en tout cas c’est un sage , un vrai !
    merci pour ton commentaire ; tu es bien flatteuse pour ce chalet ; c’est une modeste mais précieuse cabane de montagne avec 4 bats-flancs pour nuitée froide mais magique !

  21. Yvon dit :

    oui, pas de SDF dans ces pays pour l’instant mais on en reparlera dans 10 ans, il suffit de voir comme la Mongolie a changé en 10 ans (depuis ma visite en 2004);
    on ne peut pas aller contre le progrès et certains restent sur le bord de la route;
    belle journée, Danae

  22. Cordée-Clarisse dit :

    C’est vrai que nous sommes remplis de contradictions !
    L’essentiel, est de ne pas faire souffrir les animaux, et de respecter tout ce qui vit.
    Merci d’avoir aimé te balader à Bonneval, c’est un village *hors du temps*
    Je l’ai découvert il y a une quarantaine d’années…
    mes souvenirs y sont précieux.
    Bisous bisous et amitiés de nous deux.

  23. achillehil dit :

    Ben moi les animaux je les aime bien
    Hormis les moustiques à qui je fous des baffes
    Gros bisous et bon Cremerdi p’tite Fleur

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