Les voyages de Danae au Sahara, en Asie et ailleurs

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Ma traversée du Tanezrouft (3/4) poste Weigand – Bidon v

Classé dans : ALGERIE TANEZROUFT — 15 janvier, 2009 @ 17:26

 

 

Deux heures de préparatifs pour le lever du camp. Les tentes sont trempées, mes tennis aussi oubliés devant l’entrée. Je fais ma toilette avec la rosée. Brume matinale. Petit-déjeuner confortable, au choix thé, café ou chocolat, pain, marmelade de fraises. Vaisselle dans une demie bassine d’eau. Démontage des tentes. Photographie du panneau indicateur des distances .

Reprise de la route avec le grand beau. Gabriel lâche le volant, ici on peut se permettre cette fantaisie. Une petite fleur violette de bougainvillée se dessèche dans le cendrier de la 404, Notre chèche sert à tout, pour le moment de tour de cou, bientôt de serviette de table ou de torchon pour laver les carreaux de la voiture, ! Voici le Tropique du Cancer signalisé par un écriteau et un vieux pneu abandonné. Nous croisons deux camions qui transportent des chèvres. L’un des arabes est vêtu d’une couverture à rayures vives. Ils ont ramassé au poste frontière une gentille gazelle. Il paraît que pour les empêcher de s’enfuir, on leur brise les pattes, cruelle coutume.

La conductrice d’une des voiture fonce dans un gros trou qu’elle ne voit qu’au dernier moment quand il est trop tard. Il faut réparer le tuyau d’échappement avec du fil de fer. Avec tous ces mirages, on se croirait sur une plage immense, avec au loin la mer et une dune qui ressemble au Mont St Michel. Nous aussi avons un archange qui veille sur nous ! Mon plus grand étonnement, voir surgir du désert, venu d’on on ne sait où, un homme aux gestes nobles et sa précieuse monture. Un targui court vers nous sa guerba vide à la main pour que nous la remplissions d’eau. Des troupeaux de chameaux effarouchés s’enfuient et des chèvres traversent à pattes le désert. Pas étonnant qu’on en voit des crevées partout !

On montre toujours le bidon placé en 1926 par René et Georges Estienne qui balisaient la piste encore toute récente Adrar Tessalit. L’emplacement de la cinquième touque est au milieu de l’itinéraire. Le hasard avait créé Bidon V, qui porte aussi le nom de poste Maurice Cortier, le Capitaine Cortier ayant le premier traversé le Tanezrouft en mars 1913 avec trois hommes et huit chameaux. Le phare de 32 mètres installé en 1935 ne fonctionne plus mais il apparaît toujours sur l’horizon à dix kilomètres de distance. Les cinq refuges préfabriqués en tôle ondulée sont hors d’usage, pillés, abandonnés. Bidon V n’est plus qu’une étape dans le souvenir. Nous y déjeunons avec nos provisions apportées : jambon cru du Tarn, asperges à la vinaigrette. Nous allumons une cigarette à l’aide d’une loupe et du soleil.

bidon v

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3 commentaires

  1. Daniel Beveraggi dit :

    Merci de m’indiquer si vous avez observé, au pied même du phare de Bidon V, une petite stèle en ciment portant quelques noms de militaires de la 3e Compagnie Saharienne de Transport qui sont passés là vers octobre 1958.
    Il est probable que la stèle a été détruite ou, sinon, qu’elle a échappé à votre attention.
    Bien à vous
    Daniel Beveraggi (76 ans…)

    —> Bonjour Daniel, hélas je ne puis vous répondre car mon passage date de si longtemps que je ne me souviens plus et je n’avais rien remarqué ??
    Amitiés sahariennes.

  2. Chris-Tian Vidal dit :

    Bonjour Danae, j’avais écrit un article sur mon blog, il y a quelques semaines où je disais que silence ne signifiait pas absence de vous, de toi. J’ai publié un récent article, entre autres, pour faire connaître une oeuvre de mon Ric et pour faire découvrir Laura qui écrit et qui est à la recherche de travail ! Peut-être la connais-tu déjà. Le travail d’édition de « Marrakech… » avance. Je viens de recevoir un mail de ma maison d’édition nouvelle. Le désert, dans « Marrakech… » j’en parle justement ! Je pense au désert, parfois terrible, du grand Gobi ! Dans ton article, il y a une chose que me plaît beaucoup, c’est que tu te laves à la rosée du petit matin. Tu fais du Prévert sans le savoir ! C’est beau et délicat de se laver à la rosée du petit matin ! Je t’embrasse. Chris.

    —> Bonjour Chris
    J’ai retrouvé ton article sur ton blog et y ai répondu. Absence ne veut pas dire oubli ! Tu vas revenir riche de souvenirs et tu vas nous en faire profiter. Chic alors !
    Marrakech, c’est pour bientôt et je comprends quelle sera ta joie à sa sortie. Je l’imagine très bien. Tu m’amuses, car tu tournes en poésie ce qui est une évidence, dans le désert il n’y a pas d’eau et en recueillir la moindre goutte est une nécessité. Mais c’est vrai que c’est beau comme image, se laver à la rosée du petit matin ! Je t’embrasse. danae

  3. Down under dit :

    La coutume de briser les pates des gazelles me fait penser aux aborigènes qui cassaient les pates des animaux importés par les imigrants… .(ils n’ont pas été suffisament efficaces avec les lapins mais c’est une autre histoire)
    Pour le reste -tout du moins concernant les vivres – je vois que vous avez su ajouter un charme de plus au désert ;-)

    —> Le désert, rien qu’avec des dattes n’aurait peut-être pas autant de charme pour nous ! et pourtant un targui peut vivre 3 jours avec une seule datte, le premier jour, il la suce, le deuxième, il mange la chair et le troisième il suce le noyau !

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