Aventures en Afghanistan (4/6) rien à manger, que des melons
Nous ne trouvions rien à manger. Dans un grand hôtel, nous avions demandé une omelette pour quinze. Ils n’avaient que dix œufs et les cinq autres ont dû se contenter de tomates et piments. Au petit déjeuner, nous avons réclamé de la confiture et nous avons dû attendre le retour du gamin parti à bicyclette chez le marchand. Une autre fois nous avons eu droit à une soucoupe emplie de trois rondelles de carottes avec un bout de viande grand comme mon ongle !
Dans les camions, nous ne parlions que de nourriture et de bons bains. Pas d’eau nulle part, nous étions couverts de poussière, il faisait si chaud qu’un jour j’ai bu jusqu’à 32 tasses de thé, boire chaud rafraîchissant davantage bien que l’on pense souvent le contraire. On ne trouvait dans le pays que du raisin, des pastèques et des melons. Une fois j’étais dans le camion qui possédait une boîte de corned beef, une boîte de vache qui rit et une petite boîte de crème de marrons. C’était pour huit et on a fait un festin royal ! On ne pouvait quand même pas partager en quinze. Alors les autres, voyant ça, sont venus nous offrir les pastilles Vichy pour digérer.
A cause de la chaleur, dans une petite pension , nous avions dormi la première nuit à même la pelouse sur nos sacs de couchage. Le deuxième soir, les employés nous avaient installé des lits ou charpoy, faits de cordes tendues, dans le jardin et nous avions apprécié cette délicatesse. Quand nous avons ouvert les yeux au petit matin, nous surnagions sur un lac et nous avions beau nous frotter les yeux, on voyait les lits et nos personnes se refléter dans l’eau. Ils avaient arrosé la pelouse et la terre était quelque peu imperméable ! D’autres fois, nous dormions à quinze dans une même pièce sur d’épais tapis à même le sol.

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