Les voyages de Danae au Sahara, en Asie et ailleurs

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Au Tibesti (15) Aozou la palmeraie du bout du monde

Classé dans : TCHAD TIBESTI — 6 juin, 2008 @ 7:54

danse des femmes   reflets dans une mare

 

Après cette journée passée dans un monde minéral, nous sommes stupéfaits de découvrir une palmeraie encastrée au milieu des montagnes. Nous avons mis huit heures pour parcourir quatre-vingt-seize kilomètres, ce qui donne une moyenne triomphale de douze kilomètres à l’heure. 

Nous arrivons juste assez tôt avant la nuit pour apprécier les bienfaits de la source chaude en nous ébattant dans une piscine abritée par les palmiers, où transparaissent des fonds de mousse verte. C’est un bassin qui a été creusé par les fameux légionnaires pour se délasser des durs travaux de construction de la piste. Le poste d’Aozou est gardé par des jeunes noirs sympathiques et accueillants. Il est entouré de jardins à blé et d’une cressonnière. Une petite mare limpide renvoie l’image du cadre enchanteur et exotique. 

Tant nous sommes fatigués, nous pouvons à peine ouvrir les yeux le temps du dîner préparé par Edeye à l’intérieur de la case de passage où il a allumé un feu. Les petits enfants du pays nous entourent attendant les restes. Ils aimeraient habiter à Bardaï parce qu’ »il y a des boutiques »". Ils voudraient savoir, eux qui n’ont qu’une seule bicyclette pour tout le village, combien il y en a en France ? Est-ce deux mille cinq cents ou cinq mille ? Chacun choisit son emplacement pour dormir. 

A sept heures du matin, nous allons à pied vers des villages retirés, celui déshérité de Tidémi qui s’étale au pied d’une sévère montagne d’éboulis et celui de  Moya niché dans un décor fantastique de pans de roches dressées vers le ciel. Des palmiers se découpent sur la blancheur du sol natronné. Des arbustes ont un feuillage léger qui a le goût de sel. 

De retour à Aozou, nous déjeunons avec appétit. Le chef du village nous offre une cuvette en émail remplie de dattes broyées avec les noyaux. C’est un cadeau royal. La part que nous prenons pour notre dessert équivaut à la part que les Toubous prennent pour toute une journée. Nous succombons à une petite sieste tant il fait chaud. Nous allons ensuite vers le village proche de Kara aux cases disséminées au milieu des rochers, village qui a la particularité d’être vidé de ses habitants et spécialement des hommes qui sont, soit aux pâturages, soit dans le maquis. 

Nous assistons à un coucher de soleil sensationnel derrière les palmiers et retrouvons le camp égayé en notre honneur par les danses des femmes aux vêtements chamarrés d’or. Nous distribuons des cadeaux et dormons étendus sur des coussins autour du feu pendant la lente cuisson du méchoui, jusqu’à ce qu’un coup de feu tiré nous éveille. Ce qui arrêta net les danses. L’instituteur et le chef du village sont cette fois nos invités. La chèvre est immangeable tant elle est dure, l’eau pleine de sable a la couleur du thé. J’ai un tel coup de pompe avec une angine qui se déclare que j’en abandonne le dessert pour aller me coucher à tâtons car la pile de ma lampe de poche est usée. Sortant de la cahute, un gosse m’agrippe par le bras : « dis, Madame, il en reste de la viande ? ». 

La journée suivante est consacrée au retour à Bardaï. Tôt le matin nous quittons Aozou sans oublier de remplir nos bidons d’eau au puits. David revient avec nous et sa mitraillette dont prudents nous ôtons le chargeur. Nous déjeunons à mi-chemin, au puits de Tirenno. Les voitures dans ces chemins impossibles sont plutôt malmenées, les passagers également. L’un des Dodge chauffe, l’eau bout dans le moteur, l’autre fonce trop vite, casse une lame de ressorts. A chaque instant nous manquons verser dans le fossé. Nous soupirons d’aise en arrivant à Bardaï. 

Les horizons ont tendance à être brumeux. Le vent de sable n’est pas loin. Dans deux jours l’avion pourra t-il atterrir ? Souffririons-nous de claustrophobie ? 

 

4 commentaires

  1. et cette palmeraie, quel mystère et quelle beauté!

  2. 12 kms/h, je trouve que c’est pas mal du tout!
    et quelle aventure! c’était quoi ce coup de feu?

    Réponse : Certains devaient être armés et le coup de feu est parti malencontreusement, mais ça a provoqué un froid dans l’assemblée !

  3. peurnoire dit :

    Ouais ! Alors mon frère te recommande mon blog, et tu lui laisse un comm’ dans le SIEN ? Il est chouchouté ! Oh ! On voit très bien que tu aimes le dépaysement, l’aventure, la beauté naturelle ! Lui aussi Katmandou c’est il y a 30 ans (vous auriez pu vous côtoyer ? sans le savoir encore…) Pas bête ton idée de mettre ton adresse dans ton comm’, comme ça :
    http://peurnoire.unblog.fr/ ou

    http://jeansol.unblog.fr/ A+

    Dernière publication sur Lectures noires : De retour, enfin ! Tout ça parce qu'aucun ne valait la peine d'être cité...

  4. nicole coste dit :

    Le vent de sable est une expérience dure à vivre! nicole

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