Au Tibesti (14) où les cols riment avec alcools

Pour se rendre à Aozou, dernier village avant la frontière libyenne, nous devons escalader successivement quatre cols entre onze et dix- sept cents mètres d’altitude, surnommés ironiquement cols framboise, pastis, whisky, cognac par les légionnaires qui ont ouvert la voie dans un désert de pierres sans seulement une goutte d’eau. Jamais je n’ai parcouru de piste aussi escarpée et vertigineuse. A la vue d’un arbre, nous décidons de déjeuner en compagnie insoupçonnée de quelques scorpions découverts pour le dessert. Pendant trois heures d’affilée nous contournons un magnifique piton rocheux faisant fuir quelques légères et gracieuses gazelles.
Arrêt au puits de Tirenno, ne serait-ce que pour goûter à son eau magnésienne.
C’est dans l’inconfort qu’il est amusant d’éprouver le bon caractère du voisin. Il est furieux parce que je bouscule sa caméra, il est inquiet pour sa malle qu’on risque de défoncer en s’asseyant dessus, il devient furibond quand on installe des bois morts ramassés en cours de route pour le feu du soir à l’emplacement qu’il occupait ! Seul Edeye reste digne.
Quelquefois on doit suivre la voiture à pied. Des nomades nous regardent avec curiosité. C’est pas souvent que des voyageurs passent par là ! Avec la fin de la journée, le paysage prend des teintes violettes.
Un camion militaire sort de la piste étroite pour nous laisser le passage. C’est la petite guerre à Aozou entre les habitants Toubous musulmans et les Saras, représentants du gouvernement tchadien de l’époque, de race noire et chrétiens. Outre la race et la religion qui les opposent, la question de la frontière de Libye et du Tchad située à cet endroit complique la situation. Je comprends maintenant pourquoi nous amenons avec nous David, l’officier de police de Bardaï. Les antagonistes observeront une trêve pour notre venue.
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