Au Tibesti (12) d’hallucinantes solfatares

Lever cinq heures. Petit déjeuner sommaire. On remplace la peau des pieds par du sparadrap. On brûle les buissons pour se réchauffer en attendant d’y voir clair pour partir.
Le soleil se lève quand nos sportifs, étirés en une longue caravane, atteignent, après une agréable montée à la fraîche, un col à deux mille quatre cents mètres d’altitude. C’est pour aujourd’hui la récompense de tant d’efforts.
Au sud-est de Bardaï , le volcanisme du Tibesti prouve encore son activité aux sources chaudes ou solfatares de Soborum. Nous descendons sur un doux tapis de cendres jusqu’à un cirque grandiose et sauvage aux parois de couleur jaune soufre et lilas pourpre. Nous marchons derrière le guide Toubou, chacun dans les pas de celui qui nous précède car le sol sonne le creux et peut s’effondrer. Dans une marmite du diable impressionnante bouillonne une boue grise et plombée. Partout s’ouvrent des orifices béants tapissés de cristaux.
Pénétrant plus avant, nous nous enfonçons au cœur d’un site dantesque, lunaire, hallucinant, fantastique par ses couleurs et sa sauvagerie, d’où fusent des jets de vapeur au milieu des sifflements et des senteurs sulfureuses. De l’eau bout partout à nos pieds et forme des bulles qui viennent crever la surface d’une riche palette d’artiste comportant toute la gamme des verts, des jaunes, des bleus, des mauves et des bruns. La sécheresse a favorisé l’efflorescence des plaques sulfureuses qui prennent alors toutes leurs couleurs. On y voit de minuscules jets d’eau, des lacs laiteux ou émeraudes parsemés de fleurs minérales.
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