Les voyages de Danae au Sahara, en Asie et ailleurs

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Au Tchad, un marabout opère comme au temps d’Hérodote 1/2

Classé dans : TCHAD DIVERS — 11 avril, 2008 @ 9:36

Je dédie cette histoire à un ami qui se reconnaîtra pour le faire un peu frissonner rétrospectivement !  

Le texte qui suit est tiré du livre « la ville de sel » de Carl et Petit, publié par Julliard en 1954.  Il s’agit d’une trépanation qui se passe au Borkou, au nord du Tchad. Tous les détails techniques y sont authentiques affirment les auteurs. Au Sahara plus qu’ailleurs peut-être « le vrai peut quelquefois n’être pas vraisemblable ». 

Ce serait un secret transmis de génération en génération ayant ses origines en pleine préhistoire.

test sur une coloquinte  Reconstitution de l’opération sur une coloquinte ! 

  

« Le vieil Ounia, nommé Eguédé, qui souffrait de violents maux de tête depuis quelques mois, alla trouver Bahad. Il avait reçu dans sa jeunesse un coup de sabre qui lui avait entamé la boîte crânienne. Après avoir longuement examiné et palpé la tête du malade, Bahad déclara :

- L’os n’est pas bon, il faut l’arracher … C’était la trépanation. 

Le vieux hésita, puis accepta enfin de se soumettre à la redoutable opération.

Pour le célèbre guérisseur, cette intervention devait être la dernière d’une longue carrière. Il fit demande à Guiane, de venir l’assister.A l’aube du jour convenu, Guiane arriva à la case d’Eguedé. Deux forgerons étaient déjà là et ils commençaient d’installer leurs soufflets en peau de chèvre près d’un petit brasier.Eguédé était couché sur une natte, à l’intérieur de la case. Le faki Brahammi se tenait accroupi près de lui et murmurait des prières.

Bahad arriva à son tour. Il alla s’installer près du patient et lui parla quelque temps à voix basse. Eguédé lui demanda comme une faveur de ne pas être maintenu durant l’opération.Alors Bahad commença son office.Sur son ordre, Eguédé s’était allongé sur le ventre, la tête appuyée sur le coude droit. 

Bahad sortit de son sac quelques nervures de palmier-doum, une douzaine d’épines de thala et quatre burins qu’il aligna près de lui sur la natte. Dehors les gens se turent soudainement. Guiane écrasait dans un mortier un mélange de garat (plante qui combat l’infection et cicatrise les plaies) et d’écorce d’édri (qui arrête les hémorragies).

Bahad saisit un burin dans sa longue main desséchée et, après avoir palpé pendant quelques secondes le crâne du patient, il prononça le Bismillah et trancha hardiment le cuir chevelu, en croix, sur l’emplacement à opérer. Le sang jaillit aussitôt, en flot épais. Sans s’en inquiéter, le guérisseur posa la pointe de son instrument au centre de la croix et se mit à décoller les quatre volets de peau, comme on écorce un fruit. L’hémorragie se fit plus abondante. Alors, Bahad fit un signe à Guiane ; celui-ci lui présenta le mélange de graines et d’écorces qu’il venait de broyer. Le vieux l’étendit aussitôt sur la plaie à vif et rapidement l’hémorragie diminua d’intensité. »

  

 

6 commentaires

  1. mikaoli dit :

    Bonjour Danae,
    Brrrrrrrrrrrr!!!! cette histoire me donne froid dans le dos.
    Amicalement en vous souhaitant une très bonne journée.
    Marilou

  2. victoriah dit :

    hé bé ! c’est une histoire vraie ? a-t-il bu une boisson auparavant ? J’ai lu des histoires de ce genre, quand je dis histoires ce serait péjoratif car une histoire est en principe fictive, je dirais donc des faits … Nous autres occidentaux sommes perplexes mais n’oublions pas tout de même les égyptions ainsi que les peuples d’Amazonie qui utilisaient essentiellement les plantes dont ne nous connaissons finalement pas grand chose pour une bonne partie quant à leurs vertues. J’attends avec impatience la suite ! bisesssss Danae tu es vraiment passionnante !

  3. Didd dit :

    Heureusement, heureusement que la médecine a fait du progrès.
    Didd

  4. alicee dit :

    Je viendrais lire la suite, c’est impressionnant….
    bonne semaine Danaé
    bises
    Alice

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  5. ~Bonsai~ dit :

    …sans anesthésie ça doit être souffrant pour le patient. Faut dire que les gens n’avaient le choix à cette époque…
    Je me souviens dans ma jeunesse lorsque j’étais pensionnaire, l’extraction d’une dent se faisait à froid sans anesthésie locale car trop coûteux pour les « bonnes soeurs »…et il valait mieux ne pas pleurer.

    Oui je me souviens…

    @+ Danaé et bon week-end

    ~Bonsai~ prêt pour la partie 2 :-)

  6. NICOLE COSTE dit :

    Elle fait froid dans le dos (et ailleurs!) ton histoire, j’espère qu’elle se termine bien pour le patient! nicole

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