Les voyages de Danae au Sahara, en Asie et ailleurs

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Tassili n’Ajjer (7) un col où les chameaux trépassent

Classé dans : ALGERIE TASSILI — 11 mars, 2008 @ 9:37

Djébrine  au pied de l'akba

                 Le vieux Djébrine                                                            Au pied de l’akba

Nous changeons de décor et partons à l’aube pour une randonnée de plusieurs jours à travers le désert de pierres du Tassili. Une piste difficile nous mène jusqu’au pied de la première akba. Nous manquons nous ensabler de nombreuses fois et devons pousser le véhicule lourdement chargé lorsque la côte est trop dure. A partir de cet endroit, il faut monter à pied car se dresse devant nous une barrière de sept cents mètres de hauteur qu’il va nous falloir franchir. 

Le col de Tafelalet est réputé comme le plus dur raidillon du Tassili à tel point que les chameaux crèvent en route et la preuve en est que nous y avons rencontré quelques ossements  Deux jeunes touareg arriment solidement les bagages sur le dos de petits ânes qui attendent entravés le départ. Nous les précédons sur le sentier rocailleux qui grimpe allègrement vers les rochers dolomitiques. N’est-ce point là-haut le domaine des djénouns, ces esprits malins qui hantent les lieux désolés ? Entre la deuxième et la troisième akba, nous marchons vers un mur impressionnant dans une ombre violette, alors que les cimes teintes en rouge au pinceau du soleil éclatent de luminosité.

   Le passage devient plus escarpé, plus resserré, plus vertigineux et le groupe insolite que nous formons offre un spectacle pittoresque car si certains sont décontractés, d’autres le sont beaucoup moins fermant les yeux pour ne pas voir le vide. 

Nous atteignons enfin le haut du plateau et parcourons une interminable étendue plate recouverte de cailloux noirs, le reg, avant de découvrir au loin une forêt de colonnes et de petites tentes blanches auprès, oh surprise, d’un cyprès millénaire.

 

Au camp de Tamrit, à mille sept cents mètres d’altitude, le vieux Djébrine âgé de près de quatre-vingts ans nous salue amicalement en inclinant son corps de deux mètres de haut et touchant le bout de nos doigts en disant « labès ». Il a la peau blanche, le poil roux, l’œil d’un vieux renard, la réputation d’avoir été dans son jeune temps le plus grand coureur de jupons du Tassili. C’est un marcheur infatigable connaissant par cœur tous les recoins de son pays ayant servi de guide à toutes les expéditions. 

Sur des centaines de kilomètres carrés le plateau de Tamrit n’est qu’un vaste chaos d’aiguilles qui plantent leurs pointes au vif de la chair du ciel. Un monde minéral est là, sculpté par on ne sait quelle main délirante. Tapie dans l’ombre des grands rochers fauves, une guelta reflète le ciel bleu et l’ocre des pierres. La roche patinée par des siècles de soleil prend la couleur de l’or à cette heure crépusculaire. 

Une pauvre chèvre broutait un matin derrière notre zériba, elle fut décapitée un soir, liée par les pattes sur le dos de l’âne, boucanée trois jours durant par le soleil et enfin dégustée dans une chorba bien relevée. 

Nous terminons les soirées serrés frileusement autour d’un feu de camp sous la voûte céleste. Le bois de cyprès pétille en s’enflammant. L’heure embaume. C’est l’heure des poésies dans l’envoûtement mystique du désert. 

6 commentaires

  1. emililoriel dit :

    Bonjour, je viens te visiter à mon tour. Merci pour ton commentaire sur mon blog. Je vois que toi aussi tu nous fait voyager, toi à travers les récits et les photos, et moi, à travers ma peinture. Sympa ton blog. Continue ainsi à nous faire partager d’autres cultures…
    Merci
    Amitiés

  2. alicee dit :

    C’est dépaysant de venir chez toi et bien agréable de te lire
    bonne soirée
    amitiés
    Alice

    Dernière publication sur Alice : Stand By Me - Playing For Change - Song Around The World

  3. vink dit :

    La chorba, quel délice !

  4. kathy85 dit :

    J’ai décidé ce soir de venir faire un tour au sahara a bientot bonne fin de soirée

    Dernière publication sur le quotidien de la vie et des gifs : DEJA UN AN

  5. graine de sable dit :

    Bonsoir Danané et bon retour,
    Pour aller sur les pistes, nous avions eu un guide vieux de 87 ans, il devait faire pas loin de 2 mètres et se tenait droit comme un as de pic. il était albinos car atteint de vitiligo et majestueux dans sa gandoura et chech bleu. Sur la route, nous nous étions arrêtés pour observer un grand lézard. Du haut de ses 2 m et 87 ans, le guide s’est mis à courrir derreière ce lézard et l’a attrappé. Nous étions scothés de le voir courrir et à peine essouflé ! Je t’envoie une photo du guide avec le lézard dans la main.

  6. nade dit :

    malgré la chaleur,les problèmes de ravitaillement(car je présume qu’il faut tout monter à dos d’âne)ces gens arrive à vivre jusqu’à un âge avancé: tu dis qu’à quatre-vingts ans il fait encore le guide! Celà me fait penser à Théodore Monnot qui à arpenté le désert jusqu’à…pas d’âge. Fantastique.

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