Les voyages de Danae au Sahara, en Asie et ailleurs

Bienvenue sur mon blog

Dassine poétesse de l’Ahaggar

Classé dans : ALGERIE HOGGAR — 16 février, 2008 @ 8:50

écriture tamacheqDassine        

    

     DASSINE OULT YEMMA

 était une musicienne et  poétesse targuie considérée comme  « Grande  Sultane du désert » et « Grande Sultane d’Amour » car elle était messagère de paix entre les touareg dissidents .Elle était contemporaine de Charles de Foucauld qui parle d’elle comme d’une très belle femme.

 Dans le poème qui suit, elle décrit notre écriture, celle des arabes et particulièrement  l’écriture tamacheq des touareg, les tifinaghs. Ce poème  fait rêver et touche profondément par sa simplicité et sa profonde humanité

« Tu écris ce que tu vois et ce que tu écoutes avec de toutes petites lettres serrées, serrées, serrées comme des fourmis, et qui vont de ton cœur à ta droite d’honneur.

 Les arabes, eux ont des lettres qui se couchent, se mettent à genoux et se dressent toutes droites, pareilles à des lances : c’est une écriture qui s’enroule et se déplie comme le mirage, qui est savante comme le temps et fière comme le combat. Et leur écriture part de leur droite d’honneur pour arriver à leur gauche, parce que tout finit là : au cœur.

 Notre écriture à nous, au Hoggar, est une écriture de nomades parce qu’elle est toute en bâtons qui sont les jambes de tous les troupeaux : jambes d’hommes, jambes de méhara, de zébus, de gazelles : tout ce qui parcourt le désert. Et puis les croix disent que tu vas à droite ou à gauche, et les points – tu vois, il y a beaucoup de points – ce sont les étoiles pour nous conduire la nuit, parce que nous les Sahariens, on ne connaît que la route qui a pour guides, tour à tour, le soleil et puis les étoiles. Et nous partons de notre cœur et nous tournons autour de lui en cercles de plus en plus grands, pour enlacer les autres cœurs dans un cercle de vie, comme l’horizon autour de ton troupeau et de toi-même. »

                     Ce poème de Dassine est tiré de “La Femme Bleue” de Maguy Vautier.

 

A LIRE ABSOLUMENT DANS LES COMMENTAIRES DE CET ARTICLE :

 le complément d’information d’Arnold qui cite d’autres textes poétiques de Dassine ainsi que le récit de sa vie par Charles de Foucauld

le récit complet de la vie de Dassine par Tellit avec tous les mots empruntés aux textes authentiques, une extraordinaire histoire d’amour entre Dassine et Moussa !

20 commentaires

  1. Aloysia dit :

    Un texte magnifique ! Comme nous sommes minables nous français dans notre bulle de supériorité intellectuelle ! J’aime beaucoup Charles de Foucauld : d’abord parce qu’il a un thème astral en « croix cosmique » comme moi… Ensuite parce que nous sommes passés près de son tombeau en Algérie, à El Goléa (hélas nous n’avions pas de véhicule pour aller le voir – ni le temps).

  2. fateh dit :

    j ai en ma possesion le (chants du hoggar) de a marval-berthoin il a été tiré de cet ouvrage 500 exemplaires numéroté sur papier japon.. et imprimer le 25 novembre 1924 par jacoub et aulaed de paris… l edition d art h piazza 19 rue bonaparte paris.

    —> Cette édition doit avoir de la valeur en argent mais aussi et surtout sentimentale

  3. Monina dit :

    Bonjour,
    Je cherche des poèmes de Dassine.
    Quelqu’un pourra t-il me donner des références de sites web ou d’ouvrages oùily aurait des poèmes de Dassine.
    Merci de me répondreCordialement
    Mounina

    J’ai répondu directement à Monina pour lui signaler le livre  » la femme bleue » de Maguy Vautier ».

  4. danae dit :

    Tinhinan est une reine berbère en général, donc elle n’est pas seulement une reine touarègue comme Dassine.
    Parmi les berbères descendants de Tinhinan, il y a :
    - les touaregs qu’on peut trouver au Niger, en Algérie, au Mali, au Burkina Fasso
    - les kabyles qui sont majoritaires en Algérie, au Maroc et un peu en Mauritanie
    - les chaouis qui sont uniquement enAlgérie.

    Tinhinan a été la première reine à acceder au trône à cause de sa beauté, première femme au pouvoir en Afrique (les historiens l’ont démontré).

    Dassine n’est pas la reine d’un peuple mais une reine de beauté, d’amour et surtout grande poétesse chez les touaregs mais elle n’est pas berbère. Les jeunes touaregs utilisent encore ses poèmes pour faire leur déclaration d’amour. La beauté de Dassine est restée telle dans les mémoires que toutes les jeunes filles veulent lui ressembler.

    Le mariage chez la femme Targuie
    Le mariage est une étape déterminante dans la vie de l’homme comme point de départ de toute progéniture. Dés que le jeune garçon rencontre la jeune fille de son rêve cela marque le point de départ d’une future coexistence. Comme dans toutes les sociétés, les fréquentations se multiplient jusqu’à aboutir aux propositions de mariage. Si les deux futurs conjoints arrivent à s’entendre , l’information peut être portée aux deux familles qui auront le dernier mot. Si les parents ne trouvent pas d’inconvénients à cette union, c’est alors que commencent les préparatifs du mariage.

    Les parents du garçon doivent apporter une dot pour la jeune mariée, un chameau par exemple ou autres biens devant témoin, le marabout pour l’occasion..
    . Cela marque l’essentiel de l’union du mariage du point de vue religieux sans tenir compte des différentes festivités entrant dans le cadre de l’organisation du dit mariage
    .
    Ce qui compte chez les touaregs c’est l’entente entre l’homme et la fille d’abord qu’elle soit sa cousine ou une autre peu importe l’essentiel étant qu’ils n’aient pas « tété le même sein ou eu le même père ».

  5. danae dit :

    En attendant que Tellit vous réponde, je peux vous signaler le livre « la femme bleue » de Maguy Vautier aux éditions alternatives (qu’on trouve par ex sur amazone) qui est très intéressant sur la vie de Dassine.
    Amicalement

  6. Aminata dit :

    Merci beaucoup Tellit et Dané pour vos explications interessantes pouvez vous me dire s’il y’a un livre qui parle de Dassine et Tinhinan ?et on fait la differnece entre les deux femmes et dites moi Tellit le role de mariage parental dans la communauté touaregue comme vs avez dit en haut que Moussa est le cousin de Dassine .
    J’ai fait une recherche de fin d’etude sur la femme touaregue toute autre information m’interesse beaucoup.Tellit felicitation une trés belle histoire de Moussa et Dassine gardez bien votre Histoire Tellit jusque là c’est dans vore recit seullement que j’ai eu ce que je cherche sur Dassine merci beaucoup.
    Aminata

  7. danae dit :

    Tin Hinan serait la mère fondatrice du peuple touareg. Il s’agit d’une femme de légende que l’on connait aujourd’hui à travers la tradition orale touarègue qui la décrit comme « une femme irrésistiblement belle, grande, au visage sans défaut, au teint clair, aux yeux immenses et ardents, au nez fin, l’ensemble évoquant à la fois la beauté et l’autorité ». Son nom veut dire en tamachek, « la maîtresse des tentes ».
    Originaire de la tribu des berabers du Maroc, elle serait venue dans le Hoggar en compagnie de sa servante Takamat. Tandis que les descendants de Tin Hinan seraient aujourd’hui les tribus touarègues nobles, ceux de Takamat formeraient les tribus vassales.

    En 1918, Pierre Benoît, dans son roman L’Atlantide, raconte l’histoire d’Antinéa. Il s’agit en fait de Tin Hinan dont il a modifié le nom.

    En 1925, à Abalessa, dans le Hoggar, des archéologues découvrent la tombe d’une femme. Ils y trouvent outre un squelette bien conservé, des pièces de monnaie à l’effigie de l’empereur romain Constantin, des bijoux en or et en argent, ainsi qu’un mobilier funéraire. La tombe, qui date du IVe, est attribuée à Tin-Hinan et est aujourd’hui une attraction touristique. Le corps, quant à lui, est conservé au musée du Bardo à Alger.

    Merci de ta visite Aminata

  8. Aminata dit :

    J’ai bien adoré l’histoire Tellit .mais dites moi quelle est la difference entre Dassine et Tinhinan elle aussi elle est une reine touaregue n’est pas?
    Merci

  9. Tellit dit :

    Merci Arnold de tes mots vibrants …mais mille bravos à Danaé et à sa perspicacité …elle nous invite au voyage ….elle est gaie…motivée…pleine de joie de vivre …elle nous fait partager ses expériences extraordinaires ….
    Alors merci à elle pour les rêves qu’elle nous fait partager …
    Un grand merci à tous nos amis touareg qui sont venus nous rendre visite …et pour le beau texte que « lion du désert » à bien voulu nous faire connaître …la connexion est chère …on le remercie vivement !
    je terminerai par une phrase Touareg que je dédie à Danaé :
    TAMAT TAKOUNT !! (la Femme c’est l’étonnement)
    Amitiés à tous …et on attend vos commentaires !!

  10. Arnold dit :

    C’est un texte sublime !

    Bravo Danaé et Tellit vous faites une paire formidable !

  11. Lion du desert dit :

    Quelle belle Histoire Tellit … l’histoire de Dassine et Moussa m’a toujours beaucoup plu … que du bien deux etres qui s’aiment dans le desert merci de partager cette histoire avec nous Tellit voilà aussi un autre poeme de Moussa à Dassine peut etre important à lire ausi:
    Son baiser a l’odeur gourmande du khefir
    qui marie avec du beure chaud
    le pain de blé à la datte.
    Il a l’odeur caressante du couscous
    qui recouvre de sa semoule
    les raisins gonflés dans du lait.
    il a l’odeur enivrante du mimosa
    qui sourit au gommier bleu
    sous la main d »or du jour levant.
    Sa peau a la douceur du pain,
    ss levres ont le gout du sucre
    qu’aiment tous les jeunes gens.

  12. Tellit dit :

    Imzad : violon à une corde
    Tamzak : selle de dromadaire
    Ahal : soirée poétique rythmée par une joueuse de l’imzad où les célibataires …femmes et hommes rivalisent de poésie et d’élégance
    Tifinagh : alphabet touareg
    Cram-Cram : graminées sauvages du Sahara. La graine est enfermée dans un étui d’épines qui s »accrochent aux vêtements et déchire la peau

    Ce texte a été recopié (pour notre plus grand plaisir) par Djamal BENMERAD, adressé à Berbères, Touareg ..le 1/01.06

  13. Tellit dit :

    Alors, un soir, son méhari commande à Moussa de revenir au campement, de revenir vers la fille bleue. Moussa lui a obéi.
    A l’entrée de la tente, elle le regarde, aussi languissante qu’un dernier souffle d’air, aussi ployée que le genêt du désert tourné vers le vent.
    Moussa a dit: « Je me suis abîmé dans ton amour comme dans une tombe. La vie s’est refermée sur moi. Quelle ivresse peuvent me donner désormais les conquêtes les plus difficiles ? Les autres femmes n’ont été pour moi rien de plus que les brumes de la rosée pour le soleil. Maintenant je viens de goûter sur ta bouche la volupté d’absorber ton cœur et de te livrer ma vie dans le mien. Ton baiser a l’odeur enivrante du mimosa qui sourit au gommier bleu sous la main d’or du jour levant. Le désert lui-même n’est plus assez vaste pour séparer nos cœurs. »
    L’enfant, Sidi-Moussa-le-lionceau, a maintenant seize ans . Il a désormais le droit de se battre avec les hommes. Dassine se rendit chez Moussa : « Moussa, toi qui par amour pour moi es devenu le pèlerin du soleil et le lion des combats, enseigne à mon fils ce que t’ont enseigné le silence et le temps. »
    Moussa dit alors à l’adolescent: « Apprends d’abord, et parle ensuite … Au sédentaire la charrue, au guerrier le combat. Que le chamelier garde ton troupeau, que l’épée garde ton honneur ! Crois en ta force si tu veux être fort et que la fatigue ne terrasse que celui qui mesure ses pas. L’opulence assèche le cœur et le combat l’ennoblit. Il faut que ton courage monte comme un palmier dans le ciel et que la peur s’enfonce comme une taupe dans la terre, si tu veux avoir l’orgueil d’être toi. »
    L’adolescent partit au combat.Il est tué deux ans plus tard. Sa mère, Dassine,s’enferme dans la solitude de son malheur. Elle dédie sa passion au sable qui coule entre ses doigts en gerbes de poussières brisées par le soleil.
    Moussa, lui, est torturé par l’amour amer, plus amer que le fiel des fleurs vénéneuses. Ni les beaumes , ni les talismans, ni les feuilles à mâcher ne le guérissent de sa fièvre.
    Pour Moussa , lentement, la main noire de la mort avance.
    Il faut connaître le désert pour savoir le silence. On dirait qu’il tombe de la lampe de chaque étoile et du tombeau blanc de la lune . Moussa dit aux étoiles : « Qu’on m’ensevelisse dans l’infini du désert…A qui meurt d’amour immense, il faut un immense oubli. »

  14. Tellit dit :

    Tu n’as pour bijou que ce collier berbère sur ta peau blanche. Tes cheveux , lissés en nattes, sont ta seule parure sous le voile. Et par ton seul sourire tu rayonnes, plus douce devant la tente que le pain de sucre et le rayon de miel. »

    On dit : « L’homme qui déplait à une femme doit se tenir à l’écart , comme le méhari que l’on n’a pas choisi pour la caravane ».

    Bientôt, elle sera mère, la fille bleue, mère d’un fils né d’elle et d’Aflan, qu’elle nommerai Sidi-Moussa-le -lionceau . elle se dit : « la gloire de mon front est moins grande que celle de mon sein gonflé de lait  » Et elle entend: Femme ne te plains jamais, toi qui connais la joie blanche d’allaiter. »

    Moussa le guerrier , Moussa le poète, s’est éloigné depuis longtemps …Il va là ou elle n’est pas , pour s’engloutir dans l’espace du désert, pour la perdre dans le sable de la mémoire : « L’oasis est loin, mais moins loin que l’amour de Dassine » . Il vit parmi les épines et cram-cram terrassé par la soif intarissable de l’aimée. Il demeure de longues heures les pieds posés nus sur le sable, dans le silence brulant de sa douleur.
    « Homme, il faut savoir se taire pour écouter le chant de l’espace. Qui affirme que la lumière et l’ombre ne parlent pas ? »
    Moussa a choisi la fièvre , les bêtes sauvages, les blessures, la lance glorieuse, la soif, la faim, le vent et les mirages, l’aridité du désert.
    Il veut mourir en combattant. Toujours prêt à tuer pour se tuer lui-même. Il lève haut son bracelet qui porte la vaillance de son bras nu. Il hurle dans le vent la rage de son amour englouti : « Trop lourd est le burnous de la vie. »
    Mais de lune en lune, sa soif de la femme bleue grandit. Sur le sable il trace le serment de ne jamais prononcer son nom. Et déjà, le vent en tourbillonnant, a tout effacé. Passent les années…Aflan délaisse Dassine pour « acheter » une autre femme. Dassine, indifférente à son absence..La tendresse de son enfant, Sidi-Moussa-le-lionceau, la comble ..Mais la pensée de Moussa, son premier amour, l’habite.
    Passent les années, huit années de désordre , de violence, de désespoir …

  15. Tellit dit :

    Moussa aime Dassine …il l’appelle
    la Rose du Hoggar
    La lune blanche
    la fille de l’étoile
    l’incomparable
    l’unique
    l’or et l’argent mêlés
    l’étoile dans les étoiles
    la sœur jumelle du soleil
    ma montagne bleue
    mon amphore brune
    Et au plus haut de son désespoir , elle est :
    la colombe et la hyène
    le lit et la tombe
    le ciel et l’enfer
    Il l’appelle « la fille bleue » ..

    C’est Dassine , sa cousine par la sœur de sa mère .
    Une voyante lui a annoncé , marchant sur un chemin de pierre, aussi belle qu’un rêve saturé de lumière. Ce lent chemin, il le sait, c’est le sien, car déjà, dans le ventre de sa mère, il l’aimait.
    « Son cou est plus beau que celui d’un poulain attaché dans un champ d’orge et de blé en avril. Dieu l’a créée et lui a accordé de jouir du respect de tous. …Je donnerais en aumône les troupeaux qui marchent vers la montagne et je donnerais tout ce qu’il y a de pâturages engraissant chamelles et chèvres d’ici jusqu’au Bornou pour qu’elle reste dans l’estime des hommes entre le soleil et les étoiles.

    Dassine aime Moussa. Elle l’appelle
    le lion
    le juste
    le croyant
    l’aigle qui va au loin
    l’époux de ma pensée

    « Depuis ma naissance que je te connais, tu es plus beau qu’un dattier chargé de fruits sucrés. Lorsque tu prends ton chameau brun, celui marqué de vert sous la mâchoire, vert comme l’épi non mûri, tu es plus émouvant qu’une promesse de pluie , celle qui s’annonce avec l’éclair de l’Est. Toutes les femmes t’admirent. Tu es plus beau qu’un Tamzak richement décoré. Tu es plus rayonnant que les cristaux de glace au plus froid de l’hiver.

    Moussa veut que son front enturbanné surpasse tous les fronts de l’Ahal.
    Dassine veut que le sien le dépasse encore.
    L’orgueil les empêche de céder l’un à l’autre, ils ont trop peur de se perdre en se perdant l’un dans l’autre.
    Et pourtant ils s’aiment. On dit : « Si tu veux être aimé d’une femme, reste assis auprès d’elle, ainsi tu l’honores. Laisse-lui sa liberté, ainsi elle t’aimera sans contrainte. »

    Elle danse la fille bleue, de ses seules mains tendues vers les amoureux.
    Elle chante, la fille bleue, des milles chants nés de la corde de son imzad.

    Le voile noir de Moussa tait les secrets de sa bouche.
    Le voile noir de Dassine cache le regard de ses yeux.
    Et le son de l’archet sur le crin de l’imzad les harcèle.

    Dassine dit : « Préfère à toutes voix, préfère avec moi, la voix de l’imzad, le violon qui sait chanter. Et ne sois pas étonné qu’il nait qu’une corde: as-tu plus d’un cœur pour aimer ? Mon imzad à moi est à lui tout seul tout l’espace qui vous appelle ».

    Elle rit, la fille bleue, égrenant le pas dansant des chèvres sur des roches de souffre.
    Elle rit, la fille bleue, de l’amour de Moussa et elle le possède par des mots, par les lettres de Tifinagh.
    Elle brûle de liberté, la fille bleue. Elle agrandit ses yeux de k’hol et se farde cœur d’indigo, d’ocre et du jaune des fleurs d’acacia. Elle brûle plus encore de l’amour qu’elle refuse. Et d’Insalah à Tombouctou, se chante le nom de Dassine : « la rose peut-elle empêcher son parfum de se donner à tous ? »

    « On dit que nous sommes trois à te plaire, sans que tu saches encore celui que tu préfères : si c’est Saori pour sa constance, Aflan pour sa richesse, ou moi pour ma poésie. Lequel triomphera de ton coeur, ô Dassine, des troupeaux , de l’orgueil ou du feu? »

    Aujourd’hui elle part, la fille bleue, au destin de ses noces. Elle a choisi Aflan Ag Doua pour époux.
    « Et voici que s’est levé dans le ciel le soleil du jour de ton mariage, et à ce soleil du ciel répond le soleil de nos armes. Dassine, toi la fille de l’étoile qui mets sa chamelle d’or dans le pâturage du ciel, comment dire ton éclat?

  16. nade dit :

    encore une découverte émouvante d’une population du désert dont je ne savais que peu de choses si ce n’est leur grande hospitalité.les analyses d’écritures m’ont épatée!

  17. Arnold dit :

    Un dernier commentaire !

    Dassine était une très talentueuse musicienne. Elle jouait de l’imzad, un instrument à corde traditionnel Touareg menacé de disparition.

    L’Association Sauver l’Imzad tente aujourd’hui de faire revivre l’usage de cet instrument. Son site web est ici :

    http://www.imzadanzad.com/

  18. Arnold dit :

    Magnifique votre article sur Dassine !

    Puis-je ajouter 2 courts extraits; le premier, rapporte les paroles de Dassine, et le second celles de Charles de Foucault !

    Dassine :

    « L’eau elle-même sait nous dire « je t’aime » en posant sur nos lèvres le meilleur des baisers.
    Qu’importe tous les voiles sous lesquels tu te caches, j’en ris comme le soleil rit des nuages ; ta vraie pensée sort toujours de ton coeur dans ton souffle. »

    Charles de Foucault :

    « … Dâssin ult Ihemma est la sœur aînée d’Axamûk (1). Elle s’est mariée avec un homme nommé Afélan. Dans tout l’Ahaggar, il n’y a pas de femme qui surpasse Dâssin. C’est une grande femme, elle a le teint clair, légèrement brun. Son visage est beau. Ses yeux sont magnifiques : ils sont expressifs et rieurs. Elle a les dents blanches et brillantes. Sa démarche est élégante. Elle sait bien jouer du violon. Elle a une conversation agréable. Elle est d’une grande intelligence. Rares, ou même inexistants, sont les hommes qui ont autant d’esprit que Dâssin dans l’Ahaggar.

    C’est une vraie reine. Avant qu’elle ne soit mariée, les hommes n’allaient que chez elle. Et, même maintenant qu’elle est mariée, nombreux sont ceux qui l’aiment dans le secret de leur âme.
    Pourtant, personne n’a jamais entendu dire qu’elle ait fait quoi que cc soit de mal : elle craint le déshonneur.

    Avant son mariage, Mûsa ag Amâstân (2) l’aimait. Il comptait l’épouser. Il était dans l’Adghagh des ifôghâs lorsqu’il apprit qu’elle s’était mariée. Mûsa aima aussi une femme des ifôghâss, très belle, Lalla ult illi. Son père était amenukal des ifôghâs. Quand il s’éprit d’elle, elle était déjà mariée : Etteyub l’avait épousée. »

    Axamûk ag lhemma est l’un des chefs des Kel-Ghela, principale tribu noble de l’Ahaggar (C.F.). Il a été amenukal de 1921 à 1941 ; son fils Bey ag Axamûk a été le dernier amenukal de l’Ahaggar de 1950 à 1975, date de sa mort. »

    Les 2 extraits sont tirés de ce site web : http://lepaystouareg.blogspot.com/2007/04/dassine-potesse-targuie.html

  19. ag dit :

    Bonjour !

    Danae, j’adore bien votre blog et A mon avis il repond bien A son but : celui de distraire le visiteur et en plus il est tres instructif A mes yeux !!

    Du courage !!!

  20. Helen dit :

    blog intéressant bravo
    Merci de votre visite sur mes pages

    Helen

    Dernière publication sur Méméring Blog : Retour de franck77

Flux RSS des commentaires de cet article.

 

Switzerland to Ouagadougou |
Je me souviens |
Balade nordique |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | luluaucostarica
| Marina Baie des Anges
| Mbour - Tuabbou, quatre moi...