Les voyages de Danae au Sahara, en Asie et ailleurs

Bienvenue sur mon blog

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Enregistré dans : aa PRESENTATION — danae @ 14:15

   en crête              Avion privé pour le Tibesti

L'amitié même virtuelle
apporte à chacun de nous une grande joie
et comble parfois la  solitude de nos coeurs.
Merci de vos visites et de votre fidélité.
Je réponds à vos commentaires qui me font très plaisir.

 

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Entre vous et moi

Enregistré dans : aa PRESENTATION — danae @ 13:38

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J'offre ce banc à tous les amoureux
qui en cette période de la St Valentin
viendront s'y asseoir en contemplant la mer !
 

-.-.-.-.-.-.-.-.-

Si vous aimez les voyages et les aventures authentiques
je vous invite à lire le livre que j'ai écrit :
“Mon tour d'Asie, seule du pied de l'Everest au Mont Aso”
dont vous trouverez toutes les références 
ICI

Pour vous changer un peu des rigueurs de l'hiver
je vous emmènerai prochainement
sur l'île d'Embudu aux Maldives !

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7 février, 2010

Belgique - Oostduinkerke les pêcheurs de crevettes à cheval

Enregistré dans : Belgique — danae @ 8:52

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C'est sur la plage d'Oostduinkerke en Belgique, non loin de la plage d'Ostende, que se pratique encore la pêche à la crevette à cheval.
Une véritable curiosité séculaire  qui ne se pratique nulle part ailleurs et qui attire beaucoup de touristes à l'heure de la marée basse. 

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Les pêcheurs disposent d’environ 2 heures à marée basse pour tirer 2 ou 4 traits avec leur cheval. Les meilleures pêches se font au printemps et en automne, les jours de pleine lune. Les races de chevaux pêcheurs sont le plus souvent des Boulonnais, des Brabançons et des Percherons qu’on habitue pendant quelques semaines à l’eau avant la première pêche.

Le principe de cette pêche est qu’il faut étendre un bahut muni d’un grand filet sur une largeur d’environ 10 à 15 mètres sur la plage. Le pêcheur monte ensuite sur son cheval qui porte sur son dos 2 gros paniers d’osier qui serviront à recueillir les crevettes. Chaque pêcheur connaît parfaitement le tracé de son parcours. Le pas du cheval et les vibrations du bahut vont lever les crevettes enfouies dans le sable !

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4 février, 2010

Un fabuleux tableau chinois

Enregistré dans : CHINE — danae @ 8:53

 En cliquant sur ce lien    http://www.npm.gov.tw/exh96/orientation/flash_4/index.html
vous pourrez admirer ce fabuleux tableau chinois sans avoir besoin de faire la queue pendant des heures au Musée de Shangai ! 
 
> Il a été peint vers 1085-1145, pendant la Dynastie des Song du nord.
>  Il a été restauré pendant la Dynastie Qing.
>  Il a été exposé dans le Musée d'Art de Hong-Kong l'année derniére.
>  Prenez votre temps et promenez-vous “along the river” dans ce tableau qui mesure 5,28 mètres de long et seulement … 25 centimères de hauteur !  

> Positionnez  le curseur un peu à gauche du centre de l'écran :  le tableau défile lentement pour vous donner le temps de découvrir tous les détails jusqu'à l'extrémité gauche du tableau.

> Lorsque vous verrez apparaître un cadre blanc, double-cliquez dessus et, patience, vous verrez quelque chose de fabuleux
(une merveilleuse  prouesse technique qui allie l'art du XIe siècle chinois à celui du XXIe siècle, pour notre très grand plaisir). 

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peinture de Shi Bo



1 février, 2010

Haïti “mon pays” de Marie-Thérèse Colimon

Enregistré dans : ANTILLES — danae @ 8:52

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Oeuvre de Michelet Edouard
peintre naïf haïtien

C'est sur le blog de Lily  Ici   que j'ai découvert ce magnifique poème .

Marie-Thérèse Colimon est haïtienne, sa poésie nous vient d'un des pays les plus pauvres, des plus déshérités du monde et qui sort à peine du drame qu'il a connu avec cet énorme tremblement de terre. Ce fut une femme exceptionnelle qui servit la jeunesse de son pays avec les plus belles qualités qu'une éducatrice puisse espérer avoir : dévouement, probité intellectuelle et surtout amour.

“Mon pays” fut publié en 1953 dans La voix des femmes.  

Mon pays

S'il fallait, au monde, présenter mon pays,
Je dirais la beauté, la douceur et la grâce
De ses matins chantants, de ses soirs glorieux ;
Je dirais son ciel pur, je dirais son air doux.
L'étagement harmonieux des mornes bleuissants ;
Les molles ondulations de ses collines proches
La changeante émeraude des cannes au soleil
Les cascatelles glissant entre les grosses pierres :
Diaphanes chevelures entre les doigts noueux
Et les soleils plongeant dans des mers de turquoise…

Je dirais, torches rouges tendues au firmament,
La beauté fulgurante des flamboyants ardents
Et ce bleu, et ce vert, si doré, si limpide
Qu'on voudrait dans ses bras serrer le paysage.

Je dirais le madras de la femme en bleu
Qui descend le sentier son panier sur la tête,
L'onduleux balancement de ses hanches robustes
Et la mélopée grave des hommes dans le champ,
Et le moulin grinçant sous la lune la nuit,
Les feux sur la montagne à mi-chemin du ciel ;
Le café qu'on recueille sur les sommets altiers
L'entêtante senteur des goyaves trop mûres …

Je dirais dans les villes, les torses nus et bronzés
De ceux qui, dans la rue sous la dure chaleur,
Ne se laissent pas effrayer par la plus lourde peine ;
Et les rameurs menant, à l'abri de nos ports,
Lorsque revient le soir, les corallins dansants
Cependant que les îles au large, paresseuses,
Laissent monter en fumée, au fond du crépuscule
La lente imploration de leurs boucans lointains …
Mais j'affermis ma voix d'une ardeur plus guerrière
Pour dire la vaillance de ceux qui l'ont forgé ;
Je dirais la leçon qu'au monde plus qu'étonné,
Donnèrent ceux qu'on croyait des esclaves soumis.

Je dirais la fierté, je dirais l‘âpre orgueil,
Présents qu'à nos berceaux nous trouvons déposés,
Et le farouche amour que nous portons en nous
Pour une liberté au prix trois fois sanglant …
Et le bouillonnement vif montant dans nos artères
Lorsqu'au fond de nos bois nous entendons, la nuit,
Le conique tambour que nos lointains ancêtres
Ont porté jusqu'à nous des rives de l'Afrique,
Mère vers qui sans cesse sont tournés nos regards …
S'il fallait au monde présenter mon pays,
Je dirais plus encor, je dirais moins encor.
Je dirais ton cœur bon, ô peuple de chez nous.

Marie-Thérèse Colimon

29 janvier, 2010

Voyage dans le Hoggar (9/9) fin du voyage

Enregistré dans : SAHARA, ALGERIE — danae @ 8:55

Revenons à notre voyage.

C'est le retour sur Tam, en passant au pied de l'imposant et légendaire pic Iharen et devant la guelta d'Imalaoulaouène formée de cinq bassins communiquant en cascades.

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A Tam, c'est la foire annuelle de l'Assihar qui attire tout ce que le sahara compte de commerçants.

La musique y est tonitruante et fait constraste après le silence du désert. On peut acheter du tissu au mètre pour se confectionner un chèche et pour que celui-ci soit valable, il faut compter entre six et quatorze mètres ! Le chèche est indispensable à qui voyage sous le soleil. Ceux des fêtes laissent la peau imprégnée d'indigo, on les croirait faits de papier carbone, ils coûtent très chers. C'est la pièce vestimentaire la plus importante. On raconte cettte histoire qui serait véridique un homme se lavait à un point d'eau, nu comme un ver quand une bergère le surprit. Aussitôt il empoigna son pantalon et s'en couvrit le visage sans se soucier de cacher son sexe !

Les étals montrent nombreux bijoux, colliers et croix du sud, qui sont différentes selon la région du sahara d'où elles proviennent. Au dos en caractères tifinars est gravée la signature du forgeron. Il y a aussi des cadenas que les femmes portent autour du cou et qui servent à fermer leurs coffres contenant leurs trésors.

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Tout poussiéreux de huit jours de piste nous avons hâte de retrouver l'hôtel pour quelques ablutions et sommes très déçus d'arriver au moment de la coupure d'eau !!!

En conclusion voici ce que dit Simon, un auteur peintre et photographe, qui a décrit ce pays :

« Face à la beauté de tant de rien accumulé, s'étonner ; retrouver l'étonnement premier d'être, laisser notre innocence si décousue par la modernité, refaire un pas, puis un autre, attendre, pas après pas, que les bavardages et le superflu enfin se taisent ».

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photo www.geo.fr

 

26 janvier, 2010

Voyage dans le Hoggar (8/9) les amours de Dassine

Enregistré dans : SAHARA, ALGERIE — danae @ 9:01

 

Les amours de Dassine Oult Yemma et de l'aménokal Moussa Ag Amastane sont émouvantes et connues dans tout le Hoggar. En voici l'histoire.

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« Moussa aime Dassine sa cousine, il l'appelle «  la rose du Hoggar » « son baiser a l'odeur enivrante du mimosa qui sourit au gommier bleu sous la main d'or du jour levant  et par ton seul sourire tu rayonnes, plus douce devant la tente que le pain de sucre et le rayon de miel.”» écrit-il,

« Dassine aime Moussa, elle l'appelle « le lion », elle dit «  tu es plus beau qu'un dattier chargé de fruits sucrés » mais elle est très courtisée et finalement elle épouse Aflan dont elle aura un fils nommé Sidi Moussa, le lionceau.

Pendant ce temps le pauvre Moussa s'est éloigné,  « pour s'engloutir dans l'espace du désert » et demeure « dans le silence de sa douleur ». Il veut se perdre dans l'aridité du désert mourir en combattant. Il écrit le nom de sa bien aimée sur le sable et le vent en tourbillonnant l'efface.

Passent les années ! Aflan est parti combattre les rebelles. Moussa revient et retrouve Dassine «  la femme bleue » comme il l'appelle. A l’entrée de la tente, elle le regarde, aussi languissante qu’un dernier souffle d’air.
Moussa dit: “Je me suis abîmé dans ton amour comme dans une tombe. La vie s’est refermée sur moi , le désert lui-même n’est plus assez vaste pour séparer nos cœurs. »

Sidi Moussa a seize ans, il porte déjà l'épée et a le devoir de se battre avec les hommes. Dassine confie son fils à Moussa « Moussa, par amour pour moi, enseigne à mon fils ce que t'ont enseigné le silence et le temps ».
Hélas, Sidi Moussa deux ans plus tard meurt au combat à l'âge de 18 ans et Dassine s'enferme alors dans la solitude de son malheur. Moussa et Dassine se disent « adieu » car l'ombre du fils mort les sépare désormais.

On peut voir leurs tombeaux, côte à côte à Tamanrasset. La mort leur a donné l'union qu'ils avaient tant cherchée durant leur vie.

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J'avais déjà écrit un autre article sur Dassine que vous retrouverez en cliquant sur ce lien : http://danae.unblog.fr/tag/sahara/page/8/ et je vous conseille de lire les commentaires qui complètent beaucoup l'article !



23 janvier, 2010

Voyage dans le Hoggar (7/9) Dassine

Enregistré dans : SAHARA, ALGERIE — danae @ 8:52

Dassine 

Voici ce que Charles de Foucauld disait de Dassine :

« Dans tout l'Ahaggar, il n'y a pas de femme qui surpasse Dassine. C'est une grande femme, elle a le teint clair, légèrement brun. Son visage est beau. Ses yeux sont magnifiques : ils sont expressifs et rieurs. Elle a les dents blanches et brillantes. Sa démarche est élégante. Elle sait bien jouer du violon. Elle a une conversation agréable. Elle est d'une grande intelligence. Rares, ou même inexistants, sont les hommes qui ont autant d'esprit que Dassine dans l'Ahaggar. C'est une vraie reine. Avant qu'elle ne soit mariée, les hommes n'allaient que chez elle. Et, même maintenant qu'elle est mariée, nombreux sont ceux qui l'aiment dans le secret de leur âme. »

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Dans un poème, Dassine décrit l’écriture des Touaregs : 

« Notre écriture à nous, au Hoggar, est une écriture de nomades parce qu'elle est toute en bâtons qui sont les jambes de tous les troupeaux : jambes d'hommes, jambes de méhara, de zébus, de gazelles : tout ce qui parcourt le désert. Et puis les croix disent que tu vas à droite ou à gauche, et les points – tu vois, il y a beaucoup de points – ce sont les étoiles pour nous conduire la nuit, parce que, nous les Sahariens, on ne connaît que la route qui a pour guides, tour à tour, le soleil et puis les étoiles. Et nous partons de notre cœur et nous tournons autour de lui en cercles de plus en plus grands, pour enlacer les autres cœurs dans un cercle de vie, comme l'horizon autour de ton troupeau et de toi-même. »

Ce poème de Dassine est tiré de “La Femme Bleue” de Maguy Vautier.

20 janvier, 2010

Voyage dans le Hoggar (6/9) Charles de Foucauld suite

Enregistré dans : SAHARA, ALGERIE — danae @ 9:11

Des amis de Timimoun qui organisent des voyages dans le sahara viennent de m'envoyer des photos de l'ermitage du père de Foucauld à Béni- Abbès où ils ont passé ce dernier Noël. Ces images sont si intéressantes que j'avais envie de vous en faire profiter. Je remercie donc Leila et Kamel , l'équipe Dromad'Air, l'aventure au coeur du sahara, dont voici le lien : http://www.dromad-air.info .

                   ermitage père de Foucauld      l'autel

Dès 1901, Charles de Foucauld s'est installé à Béni-Abbès après avoir été ordonné prêtre. Dressée sur la rive gauche de la Saoura, c'est l'une des plus attrayantes oasis de ce que l'on appelle alors « la rue des palmiers ». Dans un creux du terrain se trouve l'ermitage que le père érigea lui-même.

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 Il y fonda la Communauté des Petits Frères du Sacré-Coeur de Jésus. Il y vécut pendant quatre ans, avant d'aller, en 1905, s'établir définitivement dans le Hoggar.

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la valise du Père

En 1916, les rezzous depuis le Maroc espagnol se faisant de plus en plus nombreux, Charles de Foucauld fait construire un fortin pour donner à la population de Tamanrasset un refuge en cas d'attaque. En Juin 1916, les touaregs lui conseillent de s'y installer. Cependant le danger ne devait pas venir du Maroc. Une grande partie de la population du Sahara s'est soulevée contre l'occupant français, à l'instigation de la confrérie senoussiste. Le 1er décembre 1916, le fortin est investi par un rezzou senoussiste. Le père est ligoté par les assaillants qui se disposent à l'emmener comme otage quand, dans la panique provoquée par l'apparition de deux tirailleurs algériens, l'adolescent auquel on avait confié sa garde l'abat d'une balle dans la tempe.

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Il repose désormais dans un tombeau près de l'église d'El-Goléa malgré son testament qui disait : « je désire être enterré au lieu même où je mourrai et y reposer jusqu'à la résurrection. J'interdis qu'on transporte mon corps, qu'on l'enlève du lieu où le bon Dieu m'aura fait achever mon pélerinage. Il a été béatifié par le Pape Benoït XVI, à Rome, en 2005.

el goléa

18 janvier, 2010

Marrakech par Chris-Tian Vidal

Enregistré dans : MAROC, coups de coeur, livres de voyages — danae @ 7:09

 

Je vous rappelle le dernier livre de mon ami - voyageur
Chris-Tian Vidal :
“Marrakech où le mâle m'a dit la mort !”

une seconde publication après le succès de ses premiers écrits
“Carnet d'Asies” parus en 2008.

Marrakech

un petit clic pour lire le texte sur  la photo

Les deux publications de Chris-Tian Vidal dont vous trouverez le blog  Ici 
sont  disponibles
 
 pour la commande de Marrakech à : http://www.edilivre.com/doc/10372
  et pour Carnet d'Asies à : http://www.publibook.com/boutique2006/detail-3691-0-0-1-PB.html
ainsi que chez Amazon  ici 
Chris-Tian dispose encore de quelques exemplaires de Marrakech 
qu'il pourrait vous adresser dédicacés si vous le souhaitez. 
Il suffit de vous adresser à moi dans les commentaires
ou bien à Chris-Tian directement sur son blog par son formulaire de contact. Merci.

Quelques extraits de Marrakech 

« Ceci n'est pas un récit de voyage, c'est l'histoire d'un garçon voyageur, un garçon des vignes rouges et jaunes qui, de toute façon, retournera un jour se mêler à cette terre aux raisins pour qu'enfin, il soit en paix avec elle, sûrement à sa mort. Il espère un peu avant.

Là, j'ai en tête cette couleur jaune du désert de la route qui nous ramenait d'Essaouira dans ce bus minable, son coucher de soleil rougeoyant et son vide à l'horizon, l'étendue infinie, comme dans le film « Exils ». Et les lumières de pacotille des stations essence, quand le bus fait son plein d'or jaune. Ces couleurs, comme celles du tapis jaune acheté au pied du mont Atlas, un jaune des Icare, un jaune soleil. Ce soleil jaune de leurs misères, car ils sont empêchés dans le vivre…

Le Maroc ou Taurize, c'est un peu la même chose. De partout où il va, il s'emplit des mêmes respirations du vivre, de la solitude, de lui dans la solitude, des paysages, de la contemplation oisive du vent qui lui fouette son beau visage. C'est un oisif. C'est ainsi qu'il n'a pas pu continuer le travail des raisins de la misère, entamé par son père et pour lequel il était jadis programmé. Tout cela, c'est du passé, enfin peut-être digéré. Il n'est plus qu'un paysan des mots. Mais dans ces mots, la sentez-vous l'odeur des raisins dans leur benne en partance pour la coopérative vinicole, quand il était enfant et qu'il actionnait la machine à presser le raisin pour en faire du nectar rouge ? Il tournait, tournait, et il pressait fort. Du raisin, il en a fait du vin, aussi. Aujourd'hui, il a ce besoin absolu, impérieux d'en faire un livre. Les solitudes des trois continents parcourus sont les mêmes que celles de son île de Taurize. Ils n'en finiront jamais les hommes de mourir de cette maladie de se savoir seuls. Comme dans un cri d'agonie, ils n'en peuvent plus de le crier et d'en crever à s'en couper le souffle. Et je pense à un tableau qui s'intitulerait : « Le Cri », avec une bouche d'homme ouverte à s'exploser la mâchoire, projetée vers le Ciel, dans la quête de son Salut. »

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